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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2601368

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2601368

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2601368
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantZADOURIAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... qui demandait son transfèrement en raison de conditions de détention indignes (présence de nuisibles). Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas établie, faute pour le requérant de démontrer la réalité de la situation alléguée et de justifier de démarches auprès de l'administration pénitentiaire. La solution retenue est le rejet de la requête pour défaut d'urgence, sans qu'il soit besoin d'examiner le fond.

Texte intégral

Le juge des référésVu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Zadourian, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au garde des Sceaux, ministre de la justice, de procéder à son transfèrement vers un établissement pénitentiaire garantissant des conditions de détention conformes au respect de la dignité humaine, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai imparti ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, le 21 janvier 2026, il a été transféré du centre pénitentiaire de Beauvais à celui de Frenes afin d’être détenu en région parisienne pendant la période de comparution devant une cour d’assises en février 2026, que la cellule qui lui a été attribuée est infestée de rats, de punaises de lit et de cafard, qu’il s’agit de conditions indignes d’incarcération qui ne lui permettent pas de préparer sereinement sa défense.
Il soutient que la condition d’urgence est satisfaite car il doit pouvoir présenter sa défense dans de bonnes conditions devant la cour d’assises, et que cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa dignité et aux droits de la défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-
le code pénitentiaire ;
-
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
M. B... A..., auparavant incarcéré au centre pénitentiaire de Beauvais (Oise) a été transféré le 21 janvier 2026 au centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) en vue de sa comparution, avec trois autres personnes, devant la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis. Eu égard à ses conditions de détention, qu’il estime inacceptables en raison de la présence de nuisibles dans sa cellule, il a demandé à la présidente de la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis son transfèrement dans un autre établissement. Celle-ci lui a répondu qu’une telle demande dépendait de l’administration pénitentiaire qui devaient prendre en compte le nombre de places disponibles, la présence de proches des victimes dans les affaires en cause, et la nécessité, dans le cas d’espèce, d’accueillir les quatre personnes déférées devant la cour d’assises dans des établissements différents. Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, M. A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au garde des Sceaux, ministre de la justice, de procéder à son transfèrement vers un établissement pénitentiaire garantissant des conditions de détention conformes au respect de la dignité humaine.
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Il appartient au juge des référés d’apprécier, au vu des éléments concrets et personnalisés que lui soumet le requérant comme de l’ensemble des circonstances de l’espèce, si la condition d’urgence particulière requise par l’article L. 521-2 du code de justice administrative est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu’il entend défendre ainsi que l’intérêt public qui s’attache à l’exécution des mesures prises par l’administration.
Pour justifier de la condition d’urgence, M. A... soutient qu’il est confronté de manière constante à une présence massive de nuisibles (puces, punaises de lit et rongeurs), entraînant des conséquences immédiates sur ses conditions d’existence : piqûres répétées, altération du sommeil, épuisement et majoration de l’anxiété, et que cette situation remet en cause sa capacité à se présenter le 2 février 2026 devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis et la défense de ses droits.
Toutefois, et d’une part, cette situation n’est pas démontrée par les pièces du dossier, et d’autre part, le requérant ne fait état d’aucune demande particulière auprès de la direction du centre pénitentiaire de Fresnes en particulier dans le cadre d’un protocole complet établi le 11 août 2025 par l’administration pénitentiaire permettant un traitement rapide dès l’apparition de traces de piqures sur les détenus par un nettoyage de la cellule, une douche obligatoire de la personne infestée, son transfert dans une cellule « tampon » le temps du traitement et une intervention technique par une société spécialisée, l’intéressé n’établissant pas, et ne soutenant d’ailleurs même pas, que l’application de ce protocole lui ait été refusé lorsqu’il a fait part de la présence de ces nuisibles dans sa cellule.
Par suite, la requête de M. A... ne pourra qu’être rejetée selon la procédure de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :




Article 1erer : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au garde des sceaux, ministre de la justice.

.
Le juge des référés,


Signé : M. AYMARD



La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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