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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2106550

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2106550

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2106550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL D'AVOCATS LEXIO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2021 et 7 mars 2024 sous le n° 2106550, la société Variopool Bv, représentée par Me Bleykasten, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 6 émis le 23 février 2021 par le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine (SICGP) pour un montant de 39 426,36 euros dans le cadre de l'exécution du lot n° 13 " aileron mobile " du marché de réhabilitation et d'extension de la piscine olympique intercommunale de Saint-Germain-en-Laye ;

2°) d'annuler la décision du 14 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge du SICGP la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire attaqué est dépourvu de signature et le SICGP, en l'absence de communication du bordereau de titres de recettes signé, ne démontre pas que le titre de recette comporte bien la signature de l'ordonnateur, en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- il est insuffisamment motivé, dès lors qu'il ne comporte pas d'indication sur le fondement et les bases de liquidation de la créance ;

- la créance alléguée par le SICGP n'est pas liquide et exigible, en ce que le titre exécutoire a été émis alors même que le décompte général du lot n° 13 du marché de travaux n'était pas devenu définitif ;

- cette créance est infondée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 février 2024 et 21 mars 2024, le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine, représenté par Me Aaron, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Variopool Bv la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 avril 2022 et 7 mars 2024 sous le n° 2202684, la société Variopool Bv, représentée par Me Bleykasten, demande au tribunal :

1°) de condamner le SICGP à lui verser les sommes de 39 426,38 euros au titre des pénalités de retard indument appliquées, 45 424 euros au titre des coûts supplémentaires exposés, non compris dans le marché, 31 541,10 euros au titre de l'incidence de l'allongement de la durée du marché et 1 634,09 euros au titre des intérêts moratoires, majorées des intérêts au taux contractuel prévu par l'article 3.3.4. du cahier des clauses administratives particulières à compter du 6 septembre 2021 et de la capitalisation des intérêts dans les conditions de l'article 1154 du code civil ;

2°) de mettre à la charge du SICGP la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable, dès lors que le mémoire en réclamation a été adressé au maître d'ouvrage et au maître d'œuvre dans le délai de trente jours prévu par le CCAG ;

- le bienfondé des pénalités mises à sa charge n'est pas établi de manière probante et leur montant présente, en outre, un caractère excessif ;

- l'exécution du marché a entraîné des coûts supplémentaires, notamment des frais de constats d'huissier, une intervention supplémentaire liée à la fermeture plafond, des frais d'hôtel, la démobilisation et la remobilisation de l'équipe d'intervention, une visite supplémentaire pour finaliser le lot " couverture thermique ", et a également subi un allongement important de sa durée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 février 2024 et 20 mars 2024, le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine, représenté par Me Aaron, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la société Variopool Bv la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que le mémoire en réclamation présenté par la société requérante était tardif ;

- les pénalités appliquées sont justifiées tant dans leur principe que dans leur montant ;

- la demande de paiement de prétendus coûts supplémentaires non prévus n'est pas fondée, dès lors que, outre qu'elle n'est étayée par aucune pièce probante, l'ensemble des surcoûts allégués correspond à des prestations prévues au marché et résultent des retards de la société requérante dans leur exécution ;

- la demande de paiement de prétendus coûts supplémentaires causés par l'allongement de la durée d'exécution du marché n'est pas davantage fondée, dès lors que, outre qu'elle n'est étayée par aucune pièce probante, la société requérante ne démontre pas que la maîtrise d'ouvrage aurait commis une quelconque faute dans la mise en œuvre de ses pouvoirs de contrôle et de direction.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bélot,

- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,

- et les observations de Me Aaron, pour le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine

Considérant ce qui suit :

1. Le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine (SICGP), chargé de la construction et de la gestion de la piscine intercommunale située à Saint-Germain-en-Laye, a décidé, en 2009, de lancer une opération de réhabilitation. A cette fin, un marché de maîtrise d'œuvre a été conclu avec un groupement composé des sociétés TNA, mandataire solidaire du groupement conjoint, HDM Ingénierie, Soreib, Impact et Tecs Eurexo au mois d'août 2013 et un marché d'assistance à maîtrise d'ouvrage a été conclu avec la société Missions H20 au mois de septembre 2014. Un avant-projet définitif a été validé par le SICGP le 2 juillet 2015 pour un montant de 8 346 116 euros HT. Parallèlement, dans le cadre de l'opération de réhabilitation de la piscine intérieure existante, le SICGP a lancé un projet de création d'un bassin extérieur. A cette fin, ont été conclus un marché complémentaire de maîtrise d'œuvre, le 29 mai 2015, avec le groupement de maîtrise d'œuvre TNA et un marché complémentaire d'assistance à maîtrise d'ouvrage avec la société Missions H20. L'avant-projet définitif a été modifié afin de regrouper les deux projets en un seul marché de travaux prévoyant une phase A relative à l'extension de la piscine existante avec construction du bassin extérieur et une phase B relative à la réhabilitation des espaces intérieurs de la piscine. La mission d'ordonnancement, pilotage et coordination des travaux a été confiée à la société Deltexplan au mois de septembre 2016.

2. Le marché de travaux a été alloti en vingt-et-un lots. Le lot n° 13 " aileron mobile " a été attribué à la société Variopool Bv et le marché signé le 9 août 2016 pour un montant initial de 260 537,50 euros HT, soit 312 645 euros TTC, deux avenants ayant porté le montant du marché à 262 842,50 euros HT, soit 315 411 euros TTC. Le cahier des clauses techniques particulières applicable à ce marché prévoyait deux phases de travaux, une phase A, ayant pour objet la " fourniture et pose d'un volet de couverture thermique pour bassin nordique extérieur installé dans fosse immergée ", et une phase B, ayant pour objet la " fourniture et mise en place d'un aileron mobile pilotable assurant la séparation du bassin olympique de 50 x 20m en deux bassins inégaux (25,02 x 20m et 24,70 x 20m) ".

3. Par un courrier du 31 juillet 2017, la société Deltexplan a constaté la défaillance de la société requérante dans l'exécution de la phase A de l'opération, l'a mise en demeure d'y remédier dans les meilleurs délais et l'a alertée sur l'application éventuelle de pénalités. Le 11 septembre 2017, le maître d'œuvre a établi un procès-verbal de levée des réserves portant sur la phase A, à l'exception des épreuves indiquées dans l'annexe n°1 du procès-verbal, dont certaines à la charge de la société Variopool Bv. Le 4 juin 2009, le maître d'ouvrage a décidé de ne pas prononcer la réception des travaux exécutés par la société requérante. Ces travaux ont été réceptionnés avec réserves le 30 novembre 2020 avec un délai pour y remédier jusqu'au 11 décembre 2020. Un procès-verbal de levée des réserves des travaux de la phase B a été établi par le maître d'œuvre le 4 janvier 2022.

4. Le 18 décembre 2020, le maître d'œuvre a établi une situation 03a appliquant à la société requérante un montant de 39 426,38 euros au titre des pénalités prévues à son marché. Le 23 février 2021, le SICGP a émis un titre de recette afin de recouvrer cette somme. La société requérante a contesté ce titre par un courrier du 21 avril 2021. Ce recours a été rejeté par un courrier du 14 juin 2021. Dans la requête n° 2106550, la société Variopool Bv demande l'annulation du titre de recette émis le 23 février 2021 et de la décision du 14 juin 2021.

5. Par un bordereau du 29 juillet 2021, réceptionné le 5 août 2021, le SICGP a transmis à la société requérante le décompte général de son lot. La société Variopool Bv a présenté un mémoire en réclamation daté du 3 septembre 2021. Dans la requête n° 2202684, la société requérante demande la condamnation du SICGP à lui verser les sommes de 39 426,38 euros au titre des pénalités de retard indument appliquées, 45 424 euros au titre des coûts supplémentaires exposés, non compris dans le marché, 31 541,10 euros au titre de l'incidence de l'allongement de la durée du marché et 1 634,09 euros au titre des intérêts moratoires.

6. Les requêtes n° 2106550 et 2202684 concernent la situation de la même société, appellent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur la fin de non-recevoir opposée dans le dossier 2202684 :

7. D'une part, aux termes de l'article 13.4.1. du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux : " Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général (). / Le maître d'œuvre transmet le projet de décompte général au représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai compatible avec les délais de l'article 13.4.2. ". Aux termes de l'article 13.4.2. du même cahier : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / -trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / -trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ". Aux termes de l'article 13.4.3. de ce cahier : " Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. / () En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le représentant du pouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à compter de la date de réception de la notification du décompte général assorti des réserves émises par le titulaire ou de la date de réception des motifs pour lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décompte final. Après résolution du désaccord, il procède, le cas échéant, au paiement d'un complément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à compter de la date de la demande présentée par le titulaire. / Ce désaccord est réglé dans les conditions mentionnées à l'article 50 du présent CCAG ". Aux termes de l'article 13.4.4. dudit cahier : " Dans le cas où le titulaire n'a pas renvoyé le décompte général signé au représentant du pouvoir adjudicateur dans le délai de trente jours fixé à l'article 13.4.3, ou encore dans le cas où, l'ayant renvoyé dans ce délai, il n'a pas motivé son refus ou n'a pas exposé en détail les motifs de ses réserves, en précisant le montant de ses réclamations comme indiqué à l'article 50.1.1, le décompte général notifié par le représentant du pouvoir adjudicateur est réputé être accepté par lui ; il devient alors le décompte général et définitif du marché ". Aux termes de l'article 50.1.1. de ce cahier : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif ".

8. D'autre part, aux termes de l'article 3.2.1. du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux : " Tout délai mentionné au marché commence à courir à 0 heure, le lendemain du jour où s'est produit le fait qui sert de point de départ à ce délai ". Aux termes de l'article 3.2.2. du même cahier : " Lorsque le délai est fixé en jours, il s'entend en jours calendaires et il expire à minuit le dernier jour du délai ". Aux termes de l'article 3.2.4. de ce cahier : " Lorsque le dernier jour du délai est un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prolongé jusqu'à la fin du premier jour ouvrable qui suit, à minuit ".

9. Il résulte des stipulations citées aux points 7 et 8 que, dans le cas d'un différend sur le décompte général du marché, le titulaire doit transmettre un mémoire en réclamation au représentant du pouvoir adjudicateur dans un délai de trente jours à compter de la date à laquelle ce dernier lui a notifié le décompte général et en adresser une copie au maître d'œuvre dans le même délai. Le respect de ce délai, qui débute le lendemain de cette notification et s'achève le dernier jour du délai ou, en cas de samedi, dimanche ou jour férié, du premier jour ouvrable suivant, s'apprécie à la date de réception du mémoire tant par le pouvoir adjudicateur que par le maître d'œuvre.

10. En l'espèce, le décompte général ayant été notifié à la société Variopool Bv le 5 août 2021, le délai de trente jours prévu à l'article 50.1.1. du cahier des clauses administratives générales expirait le 6 septembre 2021, les 4 et 5 septembre étant un samedi et un dimanche. Or, il ressort des accusés de réception du mémoire en réclamation, produits par la société requérante, que la date de réception par le SICGP est illisible et que la date de réception par la société TNA, maître d'œuvre, est le 7 septembre 2021. Par conséquent, le mémoire en réclamation de la société Variopool Bv, qui devait être reçu au plus tard le 6 septembre 2021 par le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, était tardif. Il en résulte que les conclusions présentées dans la requête n° 2202684 sont irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire n° 6 émis le 23 février 2021 et de la décision du 14 juin 2021 :

11. D'une part, aux termes de l'article 13.3.1. du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. / Le projet de décompte final est établi à partir des prix initiaux du marché, comme les projets de décomptes mensuels, et comporte les mêmes parties que ceux-ci, à l'exception des approvisionnements et des avances. Ce projet est accompagné des éléments et pièces mentionnés à l'article 13.1.7 s'ils n'ont pas été précédemment fournis. / Le titulaire est lié par les indications figurant au projet de décompte final ". Aux termes de l'article 13.3.2. du même cahier : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus ". Aux termes de l'article 41.6 de ce cahier : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44. 1 ".

12. D'autre part, il résulte de la combinaison de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et des articles 23 et suivants du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique que l'émission d'un titre de recettes ayant force exécutoire est réservée au recouvrement des créances publiques liquides et exigibles. Or, l'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché de travaux publics est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde, arrêté lors du décompte définitif, détermine les droits et obligations définitifs des parties. Il s'ensuit qu'en matière de marchés publics, seul le solde débiteur dégagé du décompte, général ou de liquidation, devenu définitif permet de liquider la créance et d'en exiger le paiement par l'entreprise.

13. Aux termes de l'article 50 du cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés publics de travaux : " 50.1.1 Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / () / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / () / 50.1.2. Après avis du maître d'œuvre, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire sa décision motivée dans un délai de trente jours à compter de la date de réception du mémoire en réclamation. / 50.1.3. L'absence de notification d'une décision dans ce délai équivaut à un rejet de la demande du titulaire. / 50.2. Lorsque le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas donné suite ou n'a pas donné une suite favorable à une demande du titulaire, le règlement définitif du différend relève des procédures fixées aux articles 50.3 à 50.6. / () / 50.3.2. Pour les réclamations auxquelles a donné lieu le décompte général du marché, le titulaire dispose d'un délai de six mois, à compter de la notification de la décision prise par le représentant du pouvoir adjudicateur en application de l'article 50.1.2, ou de la décision implicite de rejet conformément à l'article 50.1.3, pour porter ses réclamations devant le tribunal administratif compétent. / () ".

14. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 5, que le président du SICGP a adressé à la société Variopool Bv le décompte général du marché par bordereau de transmission du 29 juillet 2021. Par conséquent, aucun décompte général et définitif n'avait été valablement établi à la date à laquelle le titre exécutoire en litige a été émis, de sorte qu'à cette date, la créance dont ce titre tend au recouvrement n'était pas exigible.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2106550, que le titre exécutoire n° 6 émis le 23 février 2021 par le SICGP, d'un montant de 39 426,36 euros, à l'encontre de la société Variopool Bv et la décision du 14 juin 2021 rejetant le recours gracieux de la société requérante à l'encontre de ce titre doivent être annulés.

Sur les frais d'instance :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions, présentées par les parties dans les deux instances, tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre exécutoire n° 6 émis le 23 février 2021 par le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine pour un montant de 39 426,36 euros et la décision du 14 juin 2021 rejetant le recours gracieux de la société Variopool Bv à l'encontre de ce titre sont annulés.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2106550 et la requête n° 2202684 sont rejetés.

Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine dans les instances n° 2106550 et n° 2202684 au titres de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Variopool Bv et au syndicat intercommunal pour la construction et la gestion d'une piscine.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Bélot, premier conseiller,

M. Perez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

S. BélotLe président,

signé

O. Mauny

La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2202684

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