mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2109969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET PORTELLI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 novembre 2021, 19 décembre 2022, 27 juin et 25 septembre 2024, ces deux derniers mémoires n'ayant pas été communiqués, M. et Mme B demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Vaugrigneuse ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Arkane Foncier pour la division d'un terrain en deux lots dont un à bâtir sur les parcelles cadastrées ZE 228 et ZE 229 situées 18 rue des Bruyères sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vaugrigneuse la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué ainsi que le panneau d'affichage sont illégaux en ce qu'ils ne précisent pas la superficie constructible du lot à bâtir ;
- la division du terrain va nécessiter la création d'une servitude de passage dangereuse sur le lot à bâtir pour les câbles d'électricité et les conduites de gaz de la propriété déjà bâtie ;
- elle va entraîner une augmentation de l'imperméabilité des sols argileux et par conséquent des risques d'inondations et de glissements de terrain, et ce d'autant que la station d'épuration est déjà engorgée ;
- le projet de construction va réduire leur ensoleillement ;
- le terrain est situé à plus de 200 mètres d'une borne à incendie, ce qui porte atteinte à la sécurité de leur bâtiment en cas d'incendie ;
- le transformateur électrique alimentant les riverains n'est pas assez puissant pour accepter de nouveaux foyers, ce qui va engendrer des coupures de courant supplémentaires ;
- le lot à bâtir n'est pas desservi par le tout-à-l'égout et par le réseau d'eau courante ;
- l'accès au lot déjà bâti, prévu par le chemin rural n° 9, n'est pas suffisant, en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article AUH 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- les propriétaires du terrain faisant l'objet de la division se stationnent illégalement en zone agricole, la division ne leur permettant plus de stationner dans les zones prévues à cet effet ;
- le mur mitoyen entre le terrain d'un voisin et le terrain divisé comporte des irrégularités ;
- les propriétaires du terrain objet de la division ont édifié un abri de jardin sans déclaration, en zone agricole, qu'ils ont en outre agrandi en modifiant également sa toiture ; ces infractions établissent leur connivence avec la commune de Vaugrigneuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 mars et 31 décembre 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Vaugrigneuse, représentée par Me Portelli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société Arkane Foncier, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron, première conseillère,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- les observations de Mme B,
- et les éclaircissements apportés par M. C B, fils des requérants, et de Mme Colette Lecuyer, présidente de l'association Qualité de vie du pays de Limours et de l'Hurepoix, à qui la parole a été donnée en application de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n° DP 091 634 21 10034 du 17 juin 2021, le maire de la commune de Vaugrigneuse ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Arkane Foncier pour la division d'un terrain situé au 18 rue des Bruyères, en vue d'en détacher un lot 1 à construire, ce lot délimitant l'assiette du lotissement. M. et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de mentionner, dans l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable, la superficie constructible du terrain d'assiette du projet. Par ailleurs, le caractère incomplet de l'affichage de l'arrêté attaqué, au demeurant non établi en l'espèce, est sans incidence sur sa légalité. Enfin, la circonstance que l'arrêté de permis de construire délivré par la suite aux acquéreurs du lot issu de la division litigieuse mentionne un " lot A ", alors que l'arrêté contesté qualifie le lot issu de la division de " lot 1 ", est également sans incidence sur l'arrêté en litige. Par suite, ces trois moyens doivent être écartés comme inopérants.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " () Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'autorisation d'urbanisme, délivrée sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elle autorise avec la réglementation d'urbanisme. Il s'ensuit que les circonstances invoquées par les requérants tirées, d'une part, de ce que la construction prévue réduirait l'ensoleillement dont ils bénéficient, et d'autre part, de ce que le mur édifié par le propriétaire du terrain voisin empièterait sur le lot à bâtir, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
5. En troisième lieu, la seule circonstance que le terrain d'assiette du projet soit situé à plus de 200 mètres d'une borne à incendie ne saurait par elle-même justifier qu'il soit fait opposition à la déclaration préalable, alors au demeurant qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cette circonstance serait de nature à caractériser l'existence d'un risque pour la sécurité publique.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière () ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-1-2 du même code : " Le périmètre du lotissement comprend le ou les lots destinés à l'implantation de bâtiments () ".
7. En l'espèce, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, au soutien de leurs conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, que la voie de desserte prévue pour le lot déjà bâti est insuffisante et méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ainsi que l'article UH 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU), dès lors que ce lot n'est pas inclus dans le périmètre du lotissement litigieux. Pour le même motif, ils ne peuvent utilement se prévaloir ni de l'impact du projet sur les modalités de stationnement sur le lot déjà bâti, ni de la construction ou de l'agrandissement illégal d'un abri de jardin sur ce même lot déjà bâti, cette dernière circonstance étant, au surplus, sans lien avec la décision attaquée.
8. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet de division en litige engendrerait la création, sur le lot à bâtir, d'une servitude pour le raccordement à l'électricité et au gaz du lot déjà bâti, présentant un danger pour la sécurité publique. Le moyen doit par conséquent être écarté.
9. En sixième lieu, une opération d'aménagement ayant pour effet la division d'une propriété foncière en plusieurs lots constitue un lotissement, au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, s'il est prévu d'implanter des bâtiments sur l'un au moins de ces lots. Une telle opération doit respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme et les documents locaux d'urbanisme. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de s'opposer à la déclaration préalable sollicitée lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, le projet de lotissement prévoit l'implantation de constructions dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
10. D'une part, il ressort de l'avis émis le 16 juin 2021 par le Syndicat de l'Orge que le lot 1, à bâtir, n'est pas desservi par le réseau d'eaux usées public, le pétitionnaire étant invité à se rapprocher du syndicat afin d'étudier les modalités de collecte des eaux usées de la future construction. Par ailleurs, aux termes de l'avis du Syndicat des eaux Ouest Essonne, une extension du réseau d'eau potable pour la création du branchement devra être réalisée pour un raccordement côté rue des Bruyères. Ainsi, si le lot à bâtir n'est actuellement pas desservi par ces réseaux, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces raccordements ne pourraient pas être réalisés lors de la construction de la future maison d'habitation. Le moyen doit par conséquent être écarté.
11. D'autre part, s'il ressort effectivement des pièces du dossier que le transformateur électrique desservant les riverains présente une puissance insuffisante à l'origine de coupures de courant et qu'il est prévu de le changer, cette circonstance n'est pas de nature établir qu'aucune construction sur le terrain ne pourra à l'avenir être alimentée en électricité, dans le respect des dispositions applicables.
12. Enfin, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis émis le 16 juin 2021 par le Syndicat de l'Orge, annexé à l'arrêté en litige, que le terrain d'assiette du projet a une forte probabilité d'être une zone humide. Cet avis rappelle au pétitionnaire de consulter la direction départementale du territoire, et indique qu'il devra modifier le projet en conséquence si une zone humide est avérée. Par ailleurs, l'article 2 de l'arrêté attaqué précise que la commune est située dans un secteur où ont été recensées des formations argileuses et marneuses, et que les constructeurs et maîtres d'ouvrages devront s'informer du niveau d'aléa du risque retrait-gonflement et veiller à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en conformité la construction avec le risque encouru. Toutefois, alors même que le terrain pourrait être situé en zone humide, que le sol est argileux, et que les requérants font valoir que ce quartier fait régulièrement l'objet d'inondations, ces circonstances ne sauraient suffire à interdire toute construction sur le lot à bâtir, ni à établir que le projet de lotissement prévoit l'implantation d'une construction dont la conformité ne pourra pas être ultérieurement assurée lors de la délivrance du permis de construire. Par ailleurs, l'existence d'un risque accru d'inondations ou de glissement de terrain résultant de la division litigieuse n'est pas établie. Le moyen doit par conséquent être écarté en toutes ses branches.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 juin 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vaugrigneuse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme B, en application de ces mêmes dispositions, le versement à la commune de Vaugrigneuse de la somme de 1 800 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront la somme de 1 800 euros à la commune de Vaugrigneuse au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme D B, à la commune de Vaugrigneuse et à la société Arkane Foncier.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026