mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | LAYMOND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 23 février 2022, 16 décembre 2022, 20 février 2023, 20 mars 2023, 15 mai 2023 et 19 juin 2023, Mme H E, M. F E, Mme I A, M. B E et Mme G C, représentés par Me Laymond, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Wissous a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme (PLU) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Wissous la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'évaluation environnementale est entachée d'insuffisance à plusieurs égards en méconnaissance des articles L. 104-4 et R. 151-3 du code de l'urbanisme ; elle ne justifie pas de la compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) avec le schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF) ni de la prise en compte du plan de déplacement urbain d'Ile-de-France (PDUIF) et du plan d'exposition au bruit (PEB) ; elle ne procède pas à une analyse des perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en ce qui concerne le bruit lié au trafic, la prise en compte des sols pollués, la présence de lignes à haute tension, les problèmes d'inondation et de coulées de boues et la pollution de l'air ; elle ne présente pas les choix retenus par les auteurs du PLU au regard des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; elle ne définit pas les critères, indicateurs et modalités d'analyse des résultats de l'application du PLU qui doivent permettre de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ;
- le rapport de présentation ne présente pas une analyse des capacités de densification et de mutation des espaces bâtis et ne justifie pas de la cohérence de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) de la Gare avec les orientations du PADD ni de la cohérence entre le nombre de logements prévu et l'objectif de croissance démographique ; il n'identifie pas les enjeux spécifiques des territoires naturels et forestiers susceptibles de constituer la zone N ; il ne comporte pas de justification quant aux règles prévues par le règlement en zone N s'agissant de l'encadrement de l'implantation, de la hauteur et de l'emprise des équipements d'intérêt public et s'agissant des règles d'implantation des terrains situés en bordure d'une zone à urbaniser (AU) ou urbaine (U) ; il est entaché d'insuffisance en ce qui concerne la création du secteur " Ni ", le classement en zone AU de l'OAP du boulevard de l'Europe et de l'OAP de la Gare ; il ne contient aucune justification quant au classement en zone agricole (A) de l'emplacement réservé n°13 destiné à la réalisation d'un lycée ;
- l'enquête publique est entachée d'irrégularité dès lors que le dossier soumis au public ne comportait ni les avis de la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) émis les 11 février 2020 et 16 juillet 2020, ni son avis tacite né le 21 mars 2021 ;
- le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur sont insuffisants en ce qui concerne la réserve n° 1 ;
- le classement de la parcelle cadastrée section OF n° 409 en zone N est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement des terres agricoles situées au nord de la commune de Wissous en zone N procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le secteur de taille et de capacité d'accueil limité (STECAL) " Ni " est entaché d'erreur d'appréciation tant au regard de la vocation du secteur que des règles encadrant les possibilités de constructions prévues par le règlement ;
- le classement de leur parcelle en secteur Ni est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette parcelle ne relève pas de l'emprise de la société REV alors que l'institution du STECAL est précisément justifié par le motif de préserver une telle activité ;
- les dispositions de l'article 3.4.1 du règlement du PLU applicables à la zone N sont illégales dès lors que, d'une part, la règle de retrait de trois mètres n'est justifiée par aucune considération liée à la zone N et que, d'autre part, il est laissé un choix entre une implantation à l'alignement ou en retrait ;
- le règlement des zones A et N ne comporte aucune règlementation des extensions ou annexes des bâtiments d'habitations existants en méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme ;
- le classement en zone AU de l'OAP du boulevard de l'Europe, également grevé d'un emplacement réservé n°12, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la création d'un STECAL Ai en zone A est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'exige pas que les constructions admises soient nécessaires à l'activité agricole ;
- la création d'un espace boisé classé (EBC) est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est incompatible avec une activité agricole ;
- la création de l'emplacement réservé n° 13 en zone A est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 14 novembre 2022, 16 janvier 2023, 21 avril 2023 et 31 mai 2023, la commune de Wissous, représentée par Me Garrigues, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juillet 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- les observations de Me Laymond représentant les requérants,
- et les observations de Me Garrigues, représentant la commune de Wissous.
Considérant ce qui suit :
1. Les consort E, propriétaires indivis de la parcelle cadastrée section OF n° 409, demandent au tribunal d'annuler la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Wissous a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme (PLU).
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la procédure d'élaboration du PLU :
S'agissant de la composition du dossier d'enquête publique :
Quant à l'avis de la mission régionale d'autorité environnementale :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 153-8 du code de l'urbanisme : " Le dossier soumis à l'enquête publique est composé des pièces mentionnées à l'article R. 123-8 du code de l'environnement et comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure ". Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique, et, le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas par l'autorité mentionnée au IV de l'article L. 122-1 ou à l'article L. 122-4, l'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme, ainsi que la réponse écrite du maître d'ouvrage à l'avis de l'autorité environnementale ; () ". Selon l'article R. 104-25 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au présent litige, l'autorité environnementale formule un avis sur l'évaluation environnementale et le projet de document dans les trois mois suivant la date de sa saisine, et, à défaut de s'être prononcée dans ce délai " l'autorité environnementale est réputée n'avoir aucune observation à formuler ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 11 février 2020, la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) a soumis la révision du PLU de Wissous à évaluation environnementale et a émis un avis, le 16 juillet 2020, sur le premier projet de PLU arrêté le 24 février 2020 qui comportait un rapport de présentation dépourvu de volume consacré à l'évaluation environnementale. Ce premier projet de PLU, qui ne comportait pas d'évaluation environnementale, a été retiré et remplacé par un nouveau projet arrêté le 26 novembre 2020 comportant une telle évaluation. A cet égard, les volumes 1.1 et 1.2 du rapport de présentation arrêté en février 2020 ont été enrichis par des développements consacrés à l'impact environnemental du PLU et un volume 1.3 consacré à l'évaluation environnementale a été créé.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'enquête publique, M. D, habitant de la commune de Wissous, a fait explicitement référence aux critiques formulées par l'avis de la MRAe, en particulier l'absence d'élément chiffré et justifié et notamment les lacunes relatives à la zone dite du " Haut de Wissous ". Ces mentions, non contestées par les requérants, attestent que l'avis exprès rendu par la MRAe le 16 juillet 2020 figurait bien au dossier soumis à enquête publique. Si cet avis porte sur le premier projet de PLU arrêté, et donc sur le rapport de présentation arrêté en février 2020, lequel a été par la suite retiré, il fait état, d'une part, de la décision du 11 février 2020 de la MRAe de soumettre la révision du PLU de Wissous à évaluation environnementale, et rappelle, d'autre part, les enjeux environnementaux propres au territoire de la commune de Wissous qui ont conduit la MRAe à prendre cette décision et analyse, enfin, les insuffisances du premier projet au regard de ces enjeux. Par suite, le moyen tiré de ce que le dossier soumis à enquête publique ne comportait pas l'avis rendu par la MRAe le 16 juillet 2020 manque en fait et ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, ainsi qu'il est dit au point précédent, le contenu de la décision du 11 février 2020 de la MRAe de soumettre la révision du PLU de Wissous à évaluation environnementale a été repris dans l'avis du 16 juillet 2020, lequel figurait bien au dossier d'enquête publique. Il suit de là, compte tenu des mentions de l'avis de la MRAe du 16 juillet 2020 décrites au point précédent, qui ont permis d'informer le public sur les problématiques environnementales qu'il incombait au PLU de prendre en compte, l'absence au dossier de la décision de la MRAe du 11 février 2020 n'a pas été de nature à nuire à l'information complète de la population ou à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative. Au demeurant, cette décision du 11 février 2020 était librement accessible sur le site internet de la MRAe Ile-de-France, tout comme son avis du 16 juillet 2020.
6. En troisième lieu, en l'absence d'avis exprès émis par la MRAe sur le projet de PLU arrêté le 26 novembre 2020, ladite mission est réputée n'avoir eu aucune observation à formuler sur l'évaluation environnementale du projet de plan ainsi que le prévoit l'article R. 104-25 du code de l'urbanisme, de sorte qu'aucun avis ne pouvait figurer dans le dossier mis à la disposition du public. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose, par ailleurs, que la preuve de la saisine de l'autorité environnement figure au dossier d'enquête publique. Cette absence de preuve, n'étant, en tout état de cause, pas de nature à nuire à l'information complète de la population ou exercer une influence sur la décision finalement adoptée.
Quant à l'évaluation environnementale :
7. Aux termes de l'article L. 104-2 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au présent litige, anciennement codifié à l'article L. 121-10 : " Font () l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : / 1° Les plans locaux d'urbanisme : / a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; () ". Aux termes de l'article L. 104-4 du même code, anciennement codifié à l'article L. 212-11 : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : / 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; / 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives ; / 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu ". Aux termes de l'article L. 104-5 du même code, anciennement codifié à l'article L. 212-11 : " Le rapport de présentation contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existant à la date à laquelle est élaboré ou révisé le document, de son contenu et de son degré de précision et, le cas échéant, de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou partie de la même zone géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur ". Aux termes de l'article R. 104-19 du même code, anciennement codifié à l'article R. 121-18 : " Le rapport est proportionné à l'importance du document d'urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée. () ".
8. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
9. En fondant pour partie leur moyen relatif à l'insuffisance du rapport de présentation sur les dispositions de l'article L. 104.4 du code de l'urbanisme citées au point 2, les requérants doivent être regardés comme entendant soutenir que la procédure de révision du PLU de Wissous a été viciée par l'insuffisance de l'étude d'impact soumise à enquête publique.
10. Toutefois, et d'une part, les requérants ne peuvent, sur ce fondement, se prévaloir d'insuffisances quant à l'articulation du PLU avec les autres documents d'urbanisme et quant aux critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan. En tout état de cause, compte tenu de ce qui figure aux pages 54 et suivantes, et 69 et suivantes du volume 1.1., ainsi qu'aux pages 7 et suivantes et 69 et suivantes du volume 1.3. du rapport de présentation soumis à l'enquête publique qui a précédé la délibération attaquée, les moyens tirés de son insuffisance quant à la description de l'articulation du PLU avec le schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF), avec le plan de déplacement urbain d'Ile-de-France (PDUIF) et avec le plan d'exposition au bruit (PEB), et quant aux indicateurs de suivi, ne sont pas fondés.
11. D'autre part, si les requérants allèguent plusieurs insuffisances, s'agissant de l'analyse des perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement, au regard du bruit et du trafic aérien et routier, de la pollution des sols, de la présence de lignes à haute tension, des risques d'inondation et de coulées de boues et de pollution de l'air, il est constant que toutes ces thématiques sont respectivement traitées dans les parties 1.2 " diagnostic et état initial de l'environnement " et 1.3 " évaluation environnementale " du rapport de présentation soumis à enquête publique. En outre, compte tenu de ces éléments figurant dans le dossier d'enquête publique, les requérants ne justifient ni de ce que les insuffisances dont ils se prévalent étaient substantielles ni, en tout état de cause, de ce qu'elles auraient eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou d'exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
12. Enfin, si les auteurs du PLU n'ont pas consacré une partie spécifique aux choix retenus au regard des objectifs de protection de l'environnement dans le rapport de présentation soumis à enquête publique, ces choix sont expliqués au fil du rapport de présentation soumis à enquête publique, en particulier dans son volume 1.1. sous les parties consacrées aux " principales conclusions du diagnostic " et aux " réponses apportées par le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) au diagnostic et explications du PADD ", où figurent la justification des choix opérés pour établir le PLU, au regard notamment de la prise en compte de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement, mais également dans ses volumes 1.2. et 1.3. consacrés au " diagnostic et à l'état initial de l'environnement " et à l'" évaluation environnementale ". A cet égard, il ressort de ce rapport de présentation que la commune de Wissous connait de nombreuses contraintes et que ce faisant elle n'a pas été en mesure de développer des solutions de substitution raisonnables. En outre, ainsi qu'il est dit au point 6 du présent jugement, l'autorité environnementale n'a pas émis d'avis sur l'évaluation environnementale soumise à enquête publique, de sorte qu'elle doit être regardée comme n'ayant eu aucune observation à formuler à son sujet. Par suite, et alors que les requérants ne justifient pas de ce que la seule circonstance que ces éléments n'aient pas été regroupés sous une partie identifiée comme telle aurait été de nature à nuire à l'information complète de la population ou à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative, le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'irrégularité de la composition du dossier soumis à l'enquête publique doivent être écartés.
S'agissant du rapport et des conclusions du commissaire enquêteur :
14. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. Si ce délai ne peut être respecté, un délai supplémentaire peut être accordé à la demande du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête par l'autorité compétente pour organiser l'enquête, après avis du responsable du projet. () / Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. () ". Aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. / Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête transmet à l'autorité compétente pour organiser l'enquête l'exemplaire du dossier de l'enquête déposé au siège de l'enquête, accompagné du ou des registres et pièces annexées, avec le rapport et les conclusions motivées. Il transmet simultanément une copie du rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif () ".
15. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement que, si elles n'imposent pas au commissaire-enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.
16. Il ressort du rapport du commissaire enquêteur que celui-ci a assorti son avis favorable d'une réserve visant à ce que la commune purge toutes les incohérences, contradictions et erreurs matérielles relevées par les différentes personnes publiques associées, par le public et par lui-même et à ce qu'elle corrige et mette à jour les plans, avant soumission du projet pour adoption au conseil municipal. Si les requérants font valoir que cette réserve est insuffisante en ce qu'elle n'identifie pas précisément les corrections à opérer, il ressort des pièces du dossier que chacune d'elle est facilement identifiables dans le corps du rapport d'enquête. A cet égard, le commissaire enquêteur a notamment invité la commune à modifier le plan de zonage en supprimant le secteur " Ngv ", et à indiquer la superficie des emplacements réservés. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la réserve n° 1 dont est assorti l'avis favorable du commissaire enquêteur n'est pas suffisamment précise.
En ce qui concerne la légalité interne du PLU approuvé :
S'agissant de l'insuffisance du rapport de présentation :
17. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés () ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; () ". Aux termes de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au présent litige : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation : / 1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ; / 2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; () / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ; / 6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan mentionnée à l'article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l'application des dispositions relatives à l'habitat prévu à l'article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées () Le rapport de présentation au titre de l'évaluation environnementale est proportionné à l'importance du plan local d'urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée () ".
18. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme que le rapport de présentation du plan local d'urbanisme est un document d'ordre général qui, à partir de l'exposé de la situation existante, analyse les perspectives d'évolution de l'urbanisation et justifie de la compatibilité du plan avec les dispositions législatives et réglementaires qui lui sont applicables. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité compétente de fournir, parcelle par parcelle, les motifs des classements qu'elle opère.
Quant à l'articulation du PLU avec les autres documents d'urbanisme :
19. Ainsi qu'il est dit au point 10, il ressort des pièces du dossier que l'évaluation environnementale procède à une description de l'articulation du PLU avec le SDRIF en évoquant notamment les objectifs de densification des espaces d'habitat imposés par ce document, lesquels sont mis en perspectives avec le nombre de logements projetés par la commune dans le cadre de la révision de son PLU. Par ailleurs, la prise en compte par le PLU du PDUIF fait l'objet de développements à la page 11 du volume 1.3 du rapport de présentation consacré à l'" évaluation environnementale ", lesquels précisent notamment la traduction dans le PLU des objectifs et défis prévus par le PDUIF. Enfin, s'agissant du PEB, l'évaluation environnementale précise que ce document constitue une servitude d'utilité publique qui est annexée au PLU.
20. Dans ces conditions, et alors que les dispositions de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme citées au point 17 ne sauraient être regardées comme imposant aux auteurs d'un PLU de justifier précisément du rapport de compatibilité ou de la prise en compte du PLU avec ces documents, plans ou programmes, les requérants ne sont, en tout état de cause, pas fondés à soutenir que le rapport de présentation, au titre de l'évaluation environnementale, ne procède pas à une description de l'articulation du PLU avec le SDRIF, le PDU d'Ile-de-France, et le PEB.
Quant à l'analyse des perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement :
21. Il ressort des pièces du dossier que les volumes consacrés au diagnostic et à l'évaluation environnementale dressent un panorama assez précis des caractéristiques des zones susceptibles d'être concernées par le bruit lié au trafic, notamment aérien et des infrastructures de transport routier, par la pollution des sols, par la présence de lignes à haute tension, par les risques d'inondation et de coulées de boues et par la pollution de l'air. On retrouve, au fil de ces documents, de brèves présentations des perspectives d'évolution sur ces différents points. Ainsi, au titre des nuisances sonores liées au trafic et aux problématiques de pollution de l'air, l'évaluation environnementale conclut à l'augmentation de ces nuisances compte tenu de l'augmentation de la population francilienne et de l'augmentation du trafic tant sur le réseau routier que ferroviaire. En outre, si les requérants, s'appuyant sur l'avis de la MRAe, reprochent notamment l'insuffisante prise en compte des nuisances générées par la ligne 18 du " Grand Paris Express ", l'existence de nuisances sonores sur une partie du tracé de cette ligne ou de risque de pollution de l'air n'est pas démontrée en l'état des pièces du dossier, s'agissant de surcroit d'une ligne de transport souterraine. Par ailleurs, l'allégation selon laquelle il serait nécessaire de réaliser de nouvelles études acoustiques sur la commune n'est pas justifiée. En ce qui concerne les risques d'inondation et de coulées de boues, l'évaluation environnementale conclut à ce que l'imperméabilisation croissante rend le territoire communal plus vulnérable à ce type d'évènement. Enfin, l'évaluation environnementale évoque les dangers pour la santé humaine liés à la présence des lignes à hautes tension et la nécessité d'adapter l'urbanisation afin de protéger la population. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le rapport de présentation, au titre de l'évaluation environnementale, ne procède pas à une analyse des perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement.
Quant aux choix retenus au regard des objectifs de protection de l'environnement :
22. Ainsi qu'il est dit au point 12, il ressort des pièces du dossier que si l'évaluation environnementale ne comporte, en elle-même, aucune partie consacrée expressément à la motivation du projet de PLU, ces choix sont expliqués au fil du rapport de présentation soumis à enquête publique, en particulier dans son volume 1.1. sous les parties consacrées aux " principales conclusions du diagnostic " et aux " réponses apportées par le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) au diagnostic et explications du PADD ", où figurent la justification des choix opérés pour établir le PLU, au regard notamment de la prise en compte de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement, mais également dans ses volumes 1.2. et 1.3. consacrés au " diagnostic et à l'état initial de l'environnement " et à l'" évaluation environnementale ". Par ailleurs, si les requérants soutiennent que l'évaluation environnementale ne mentionne pas les solutions de substitution raisonnables, ces derniers ne précisent pas quelles solutions de substitution étaient envisageables alors qu'il ressort du rapport de présentation que la commune de Wissous connait de nombreuses contraintes et que ce faisant elle n'a pas été en mesure de développer des solutions de substitution raisonnables. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de l'évaluation environnementale au regard de dispositions du 4° de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
Quant aux critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan :
23. Ainsi qu'il est dit au point 10, il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation prévoit deux types d'indicateurs de suivi tenant, d'une part, aux orientations du PADD et, d'autre part, à l'évaluation environnementale. Ces indicateurs de suivi, réalisés sous forme de tableau, comportent les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan. En outre, il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme que l'intégralité des données doivent nécessairement être chiffrées. A cet égard, il ressort notamment du volume consacré au diagnostic du rapport de présentation que le nombre de logements actuel est précisé et permet ainsi de déterminer si les objectifs de production de logements pourront être atteints.
Quant aux capacités de densification des espaces bâtis, et à la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers :
24. En premier lieu, et d'une part, il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation identifie, aux pages 17 et 18 du volume 1.1., les potentiels de densification et de mutation de la commune de Wissous pour un total de 6,6 hectares délimité sur la carte. Les dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ne prévoient pas l'obligation de prévoir une " sous identification " en ce qui concerne les activités économiques. D'autre part, si les requérants soutiennent que les mesures d'évitement de la consommation de terres agricoles ou naturelles sont formulées de manière très succincte et peu détaillée, compte tenu notamment de l'objectif du PADD de réduire de 60% l'artificialisation des espaces agricoles, naturels et forestiers, il résulte toutefois des pages 19 à 21 du rapport de présentation que ses auteurs exposent de façon suffisamment claire les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers.
25. En second lieu, le rapport de présentation indique que la population actuelle de la commune de Wissous s'élève à 7 674 habitants et fait état d'une croissance démographique progressive et raisonnée permettant de tendre vers 9 000 à 10 000 habitants à l'horizon 2030. Il analyse également la composition des cellules familiales avec une moyenne de taille de ménage de 2,43. Compte tenu de ces éléments chiffrés et précis, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le rapport de présentation serait entaché d'insuffisance sur ce point et qu'il ne serait pas permis de se prononcer sur le caractère suffisant et adéquate de la réalisation de 590 logements pour faire face à la croissance démographique sur le territoire de la commune de Wissous.
Quant aux orientations d'aménagement et de programmation (OAP) :
26. En premier lieu, les dispositions du 1° de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme, citées au point 17, se bornent à exiger de justifier la cohérence entre la réalisation des OAP et les orientations du PADD. Dès lors, elles ne sauraient être regardées comme imposant d'envisager des solutions de substitution pour chacune des OAP édictées. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement soutenir, qu'en s'abstenant d'envisager une alternative à la réalisation de l'OAP Gare dans le cas où le projet de gare de l'Orly Val serait abandonné, le rapport de présentation serait insuffisant.
27. En second lieu, dès lors qu'il résulte des dispositions mêmes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme que, dans les zones à urbaniser dites " 1AU ", les constructions ne peuvent être autorisées que si des OAP et, le cas échéant, le règlement en " ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement ", les requérants ne peuvent utilement soutenir que le rapport de présentation serait insuffisant en ne justifiant pas le classement en zone AU de l'OAP du boulevard de l'Europe et de l'OAP de la Gare.
Quant à la nécessité des dispositions édictées par le règlement :
28. En premier lieu, si les requérants soutiennent que le rapport de présentation n'identifierait pas les enjeux spécifiques des territoire naturels et forestiers susceptibles de constituer la zone naturelle (N), ils n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, que la partie 1.2 du rapport de présentation consacre ses pages 82 à 97 au socle naturel du territoire communal, et notamment à l'identification des trames vertes et bleues, et ses pages 98 à 114 aux ressources naturelles et à l'environnement.
29. En deuxième lieu, et d'une part, en énonçant qu'" En dehors de la zone spécifique aux équipements (UL), le règlement prévoit des règles dérogatoires pour les équipements, notamment concernant leur implantation ", le rapport de présentation justifie suffisamment en quoi le règlement sur ce point est nécessaire pour la mise en œuvre de l'objectif 2 de l'axe 2 du PADD, qui vise à optimiser et renforcer l'offre en équipements existants, notamment sportifs. D'autre part, c'est à tort que les requérants soutiennent que le rapport de présentation ne justifie pas l'encadrement de l'implantation des constructions en zone N sur les terrains situés en bordure des zone urbaines (U) et à urbaniser (AU), dès lors qu'il ressort des termes de ce rapport que les auteurs du PLU ont souhaité contribuer à un urbanisme plus cohérent en améliorant les liens entre les quartiers.
30. En troisième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la création du secteur " Ni " fait l'objet d'une justification suffisante à la page 51 du volume 1.1 du rapport de présentation qui précise que ce secteur correspond aux parcelles appartenant à la société REV le long du boulevard de l'Europe et que ce secteur correspond à des activités économiques, non liées à l'exploitation forestière existante en zone N.
31. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme, citées au point 46, que dans les zones 1AU, c'est-à-dire celles où les voies et réseaux ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter, les constructions ne peuvent être autorisées que si des OAP et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement. Dès lors, le classement en zone AU des OAP du boulevard de l'Europe et de l'OAP de la Gare ne sont pas dépourvues de justifications.
32. En cinquième lieu, et d'une part, le rapport de présentation, dans sa partie consacrée à la justification des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du PADD, justifie le choix du site de l'emplacement réservé n°13 en indiquant qu'il " a été retenu car il bénéficie de la proximité du collège et d'une superficie adéquate, en réponses aux besoins d'un tel équipement " et que " L'analyse du potentiel foncier dans les espaces déjà urbanisés a conduit à la conclusion qu'aucun terrain ne répondant à de telles caractéristiques n'existait dans le tissu urbain ". D'autre part, ainsi qu'il et dit au point 18, le rapport de présentation n'a pas à justifier, parcelle par parcelle, les motifs des classements retenus. Par suite, il ne peut être reproché à ce rapport de ne pas expliquer le maintien du terrain d'assiette de l'emplacement réservé n°13 en zone agricole (A). Enfin, les requérants ne peuvent utilement contester, au stade de la critique du caractère suffisant du rapport de présentation, le bien fondé des classements opérés par le PLU. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation quant à la justification du classement de la parcelle concernée par l'emplacement réservé n°13 doit être écarté en toutes ses branches.
33. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 17 à 32 que les moyens tirés de l'insuffisance du rapport de présentation doivent être écartés.
S'agissant des classements en zone N :
34. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; () / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
35. Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
36. Si les requérants soutiennent que le classement en zone N de terres agricoles situées au nord du territoire de la commune procède d'une erreur manifeste d'appréciation, ils n'identifient pas même les parcelles concernées de sorte qu'ils n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Au surplus, la circonstance qu'un classement en zone A aurait été plus adapté est inopérante pour contester un classement en zone N. En tout état de cause, le classement en zone N de terres agricoles n'est pas, par lui-même, constitutif d'une erreur manifeste d'appréciation si ce classement répond à la vocation de la zone N telle que définie par l'article R.151-24 du code de l'urbanisme cité au point 34. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le classement en zone N des terres situées au nord du territoire de la commune tient à sa volonté des auteurs du PLU de valoriser un site naturel et de préserver un paysage.
37. En second lieu, une délibération approuvant la modification d'un PLU en tant qu'elle laisse inchangé le classement d'une parcelle se borne à confirmer les dispositions précédemment en vigueur du PLU et ne peut, en l'absence de circonstances particulières, rouvrir au profit des propriétaires de cette parcelle, dont le classement est inchangé, le délai de recours contentieux à l'encontre de ces dispositions. Par ailleurs, seuls les changements résultant de cette modification peuvent être utilement contestés dans le cadre d'une requête tendant à l'annulation d'une délibération approuvant cette modification. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation du maintien du classement en zone N du terrain cadastré section OF n° 409 et des autres parcelles constituant le secteur " Ni ", doivent être écartés comme inopérants.
S'agissant des classements en secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) :
38. Aux termes de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut, à titre exceptionnel, délimiter dans les zones naturelles, agricoles ou forestières des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées dans lesquels peuvent être autorisés : / 1° Des constructions ; () Il précise les conditions de hauteur, d'implantation et de densité des constructions, permettant d'assurer leur insertion dans l'environnement et leur compatibilité avec le maintien du caractère naturel, agricole ou forestier de la zone. () Leur caractère exceptionnel s'apprécie, entre autres critères, en fonction des caractéristiques du territoire, du type d'urbanisation du secteur, de la distance entre les constructions ou de la desserte par les réseaux ou par les équipements collectifs ".
Quant au STECAL " Ni " :
39. Aux termes de l'article 1.2.2 du règlement du PLU relatif au secteur " Ni " : " Sont autorisés sous conditions : / - Les constructions destinées à l'industrie à condition qu'elles ne soient pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole environnante au terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elle fasse l'objet d'un traitement visant à assurer leur bonne intégration dans l'environnement. / - Les constructions à destination d'entrepôt à condition qu'elles ne soient pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole environnante au terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elle fasse l'objet d'un traitement visant à assurer leur bonne intégration dans l'environnement. / - Les constructions à destination de bureau à condition qu'elles ne soient pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole environnante au terrain sur lequel elles sont implantées et qu'elle fasse l'objet d'un traitement visant à assurer leur bonne intégration dans l'environnement. () ".
40. En dépit de ce que le PLU ne qualifie pas expressément le secteur " Ni " de STECAL, il résulte des écritures de la commune que les auteurs du PLU ont entendu créer un STECAL " Ni " d'une superficie de 1,3 hectare correspondant à des activités économiques exploitées par la société REV le long du boulevard de l'Europe.
41. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section OF n° 409, appartenant aux requérants, a été intégrée au STECAL Ni. Or, cette parcelle, vierge de toute construction, est dépourvue de lien avec l'activité exploitée par la société REV et ayant justifié la création de ce STECAL. Ainsi, les requérants sont fondés à soutenir que l'intégration de leur parcelle dans le STECAL " Ni " est entachée d'erreur d'appréciation.
42. D'autre part, si les dispositions précitées de l'article N.1.2.2 imposent que les constructions autorisées fassent l'objet d'un traitement architectural visant à assurer leur bonne intégration dans l'environnement, elles fixent toutefois un coefficient d'emprise au sol de 30% et un coefficient d'espaces verts de pleine terre limité à 10% de la surface des terrains qui est inférieur à celui applicable dans les zones U1 à U4. Dans ces conditions, et ainsi que le soutiennent les requérants, de telles règles ne sont pas de nature à assurer la compatibilité des constructions avec le maintien du caractère naturel de la zone en méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme. Dès, en s'abstenant de prévoir des règles suffisantes pour assurer la compatibilité des constructions avec le maintien du caractère naturel de la zone, le STECAL " Ni " est entaché d'erreur d'appréciation.
Quant au STECAL " Ai " :
43. Il ressort des pièces du dossier que les auteurs du PLU ont entendu créer, en zone A, un STECAL " Ai " d'une superficie de 2 hectares correspondant à un secteur occupé par des bâtiments et des espaces de stockage associés à une activité économique déjà implantée. A cet égard, il résulte de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme que la possibilité de délimiter, à titre exceptionnel, des STECAL pour permettre, au sein d'une zone A, la création de secteurs circonscrits en y définissant des règles de constructibilité dérogatoires à celles permises dans de telles zones, a précisément pour objet de permettre la réalisation de construction qui ne sont pas dédiés à l'activité agricole. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, la création d'un secteur " Ai " au sein de la zone A de Wissous dédié aux activités économiques, y compris celles non nécessaires à l'activité agricole, n'est pas, de ce fait, entaché d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme lesquelles subordonnent uniquement la réalisation de constructions à leur insertion dans leur environnement et à leur compatibilité avec le maintien du caractère naturel, agricole ou forestier de la zone. Pour les mêmes motifs, la seule circonstance que l'article A.1.2.3 du règlement du PLU de Wissous autorise au sein du STECAL " Ai " des constructions à destination de bureau, d'entrepôt et d'industrie non nécessaires à l'activité agricole n'est pas entaché d'erreur de droit.
S'agissant de l'extension ou des annexes des bâtiments d'habitation existants :
44. Aux termes de l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme : " Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières et en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments d'habitation existants peuvent faire l'objet d'extensions ou d'annexes, dès lors que ces extensions ou annexes ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site. / Le règlement précise la zone d'implantation et les conditions de hauteur, d'emprise et de densité de ces extensions ou annexes permettant d'assurer leur insertion dans l'environnement et leur compatibilité avec le maintien du caractère naturel, agricole ou forestier de la zone. / Les dispositions du règlement prévues au présent article sont soumises à l'avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime ".
45. Si les dispositions précitées de l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme permettent d'autoriser en zone A ou N, en les encadrant, l'extension ou les annexes des bâtiments d'habitation existants dès lors que ces extensions ou annexes ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site, il s'agit d'une possibilité offerte aux auteurs du PLU et non d'une obligation. Ainsi, la seule circonstance que les auteurs du PLU de Wissous n'aient pas mis en œuvre cette possibilité dans la zone agricole de la commune n'est pas de nature à caractériser, par elle-même, une erreur de droit. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en s'abstenant de prévoir des règles relatives aux extensions ou annexes des bâtiments d'habitations en zone A et N, la délibération litigieuse serait entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme.
S'agissant des règles d'implantation prévues par le règlement en zone N :
46. Aux termes de l'article R. 151-13 du code de l'urbanisme : " Les règles générales peuvent être assorties de règles alternatives qui en permettent une application circonstanciée à des conditions locales particulières. / Ces règles alternatives ne peuvent avoir pour objet ou pour effet de se substituer aux possibilités reconnues à l'autorité compétente en matière d'autorisation d'urbanisme de procéder à des adaptations mineures par l'article L. 152-3 et d'accorder des dérogations aux règles du plan local d'urbanisme par les articles L. 152-4 à L. 152-6 ". Aux termes de l'article R. 151-41 du même code : " Afin d'assurer l'insertion de la construction dans ses abords, la qualité et la diversité architecturale, urbaine et paysagère des constructions ainsi que la conservation et la mise en valeur du patrimoine, le règlement peut : / 1° Prévoir des règles alternatives, dans les conditions prévues à l'article R. 151-13, afin d'adapter des règles volumétriques définies en application de l'article R. 151-39 pour satisfaire à une insertion dans le contexte, en lien avec les bâtiments contigus ; () ".
47. Aux termes de l'article 3.4 du règlement du PLU applicable à la zone N relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparative : " 3.4.1 Dispositions générales / Pour les terrains qui jouxtent une zone U (urbaine) ou AU (à urbaniser) : / Les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives contiguës en respectant une distance de 3 mètres minimum. / Dans les autres cas : / Les construction peuvent être implantées sur ou en retrait des limites séparatives ".
48. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du rapport de présentation que les auteurs du PLU ont souhaité assurer une transition adaptée entre les différentes zones. Ainsi, le règlement peut légalement prévoir un retrait obligatoire vis-à-vis des terrains voisins situés en zone U ou AU, lequel est également liée à des préoccupations d'hygiène, d'urbanisme et de protection du voisinage. Par ailleurs, pour les terrains qui ne sont pas en limite de telles zones, le règlement ne prévoit, contrairement à ce qui est soutenu, aucune règle alternative au sens de l'article R. 151-13 du code de l'urbanisme mais laisse le choix entre une implantation sur ou en retrait des limites séparatives. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
S'agissant des classements en zone AU :
49. Aux termes de l'article 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone ".
50. Ainsi qu'il est dit au point 31, l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme prévoit précisément que dans les zones 1AU, c'est-à-dire celles où les voies et réseaux ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter, les constructions ne peuvent être autorisées que si des OAP et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le règlement de la zone couverte par l'OAP boulevard de l'Europe serait incohérent avec les orientations de cette OAP ou avec la destination de l'emplacement réservé qui est dédié à l'aménagement d'espaces publics, d'espaces verts ou d'espaces ludiques, lesquels peuvent nécessiter la réalisation d'équipements, d'installations ou de voies de circulation. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le zonage 1AUL, l'OAP boulevard de l'Europe et l'emplacement réservé n° 12 qui concernent le même périmètre sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ou d'incohérence.
S'agissant de l'identification d'espaces boisés classés en zone A :
51. Aux termes de l'article L.113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ".
52. La circonstance que le règlement graphique du PLU identifie des espaces boisés classés en zone A n'est pas de nature, par elle-même, à établir que ce classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de l'emplacement réservé n° 13 :
53. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; / 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; () ". Aux termes de l'article R. 151-34 du même code : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu :() / 4° Les emplacements réservés aux équipements et installations d'intérêt général en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires. ". Aux termes de l'article R. 151-23 du même code : " Peuvent être autorisées, en zone A : / 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ".
54. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge d'apprécier l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
55. Il ressort des pièces du dossier, notamment du PADD et du rapport de présentation, que l'emplacement réservé n° 13 a vocation à permettre la réalisation d'un établissement d'enseignement secondaire au bénéfice de la Région, pour une surface de 26 585 mètres carrés. Or, la réalisation de cet emplacement réservé, qui conduira à terme à la consommation d'une surface agricole de plus de 2 hectares, contrarie le parti d'urbanisme l'axe 3 du PADD qui prévoit que " la vocation et la valorisation des grands ensembles agri-naturels situés à l'Est et au sud de la commune sont affirmés ", tout comme la volonté plus générale de " préserver au maximum les espaces agricoles, naturels et forestiers " et de modérer leur consommation, en la réduisant de plus de moitié par rapport à la période antérieure. Si la commune fait valoir que l'axe 2 du PADD fait également état de la volonté des auteurs du PLU de développer l'offre d'équipements, la construction d'un lycée n'est pas évoquée, contrairement à celle d'un nouveau collège en zone U qui est présenté comme " une ambition portée par la Ville ". Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'institution d'un emplacement réservé pour la construction d'un lycée sur une vaste emprise agricole actuellement vierge de toute construction, et identifiée dans le PLU comme faisant partie de la trame verte et bleue et classée comme espace naturel sensible (ENS) par le département, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard du parti d'aménagement poursuivi.
56. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation de la délibération du 16 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Wissous a approuvé la révision de son PLU en tant seulement qu'elle crée l'emplacement réservé n° 13 et le STECAL " Ni ".
Sur les frais liés au litige :
57. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Wissous au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Wissous la somme globale de 2 000 euros à verser aux requérants sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 16 décembre 2021, par laquelle le conseil municipal de Wissous a approuvé la révision de son PLU, est annulée en tant qu'elle crée l'emplacement réservé n° 13 et le STECAL " Ni ".
Article 2 : La commune de Wissous versera la somme globale de 2 000 euros aux requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Wissous présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et le surplus des conclusions de la requête sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H E, en sa qualité de représentant unique des requérants, et à la commune de Wissous.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026