jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 21 avril et 18 novembre 2022, 18 octobre et 14 novembre 2023, Mme A B, représentée par Me André, demande au tribunal :
1°) de condamner l'hôpital de pédiatrie et de rééducation (HPR) de Bullion à lui verser la somme totale de 50 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle avait contesté le rejet de sa demande d'indemnisation du 29 décembre 2020 par une requête qui a eu pour effet d'interrompre le délai de recours ;
- les éléments relevés par le défenseur des droits et qui ont fait l'objet de recommandations de sa part, non suivies d'effet, caractérisant un défaut de prise en compte de son état de santé par l'HPR et des discriminations en raison de son handicap, constituent des fautes de nature à engager la responsabilité de l'établissement ;
- ces fautes lui ont causé des préjudices qu'elle évalue à la somme totale de 50 000 euros se décomposant comme suit : 25 000 euros au titre du préjudice moral, 15 000 euros au titre du préjudice de carrière, 10 000 euros au titre du préjudice d'angoisse.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 septembre et 25 octobre 2023, l'HPR de Bullion, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, de l'absence de précisions suffisantes dans la demande préalable indemnitaire, et de l'absence de demande préalable s'agissant du fait générateur invoqué dans ses écritures ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public,
- et les observations de Me Depassé, substituant Me Lesné, représentant l'HPR de Bullion.
Une note en délibéré a été enregistrée pour Mme B le 7 février 2025 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, préparatrice en pharmacie titulaire à l'hôpital de pédiatrie et de rééducation (HPR) de Bullion depuis le 1er mai 2002, a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 12 août 2009 et, après trois opérations chirurgicales, a été hospitalisée jusqu'en juillet 2011. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé lui a été accordée, et elle a été placée en congé de longue maladie du 12 août 2009 au 11 mai 2012. Le comité médical, lors de ses séances des 30 juin 2011 et 17 janvier 2012, l'a reconnue inapte à ses fonctions habituelles et s'est prononcé en faveur d'une reprise à temps partiel thérapeutique sur un poste aménagé à définir avec le médecin du travail à l'issue du congé de longue maladie. Après avis d'un médecin expert, du médecin du travail, de la commission de reclassement et du comité médical, l'établissement a affecté Mme B dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique sur un poste administratif au service des admissions, tout en conservant le bénéfice de son statut. Elle a par la suite été affectée en juillet 2013, toujours dans un emploi administratif, à un poste de référente relais du comité de gestion des œuvres sociales (CGOS) au sein du service des ressources humaines. Estimant que les difficultés rencontrées dans l'exécution de ses tâches résultent d'un défaut de prise en compte de son état de santé par l'HPR et être victime de discriminations en raison de son handicap, Mme B a saisi le défenseur des droits, qui a émis des recommandations le 4 décembre 2020. Par un courrier du 29 décembre 2020 reçu le 4 janvier 2021, Mme B a présenté une demande préalable indemnitaire auprès de l'HPR de Bullion, tendant à la réparation des préjudices financiers et moraux qu'elle estimait avoir subis, implicitement rejetée. Le 5 octobre 2021, le comité médical a à nouveau estimé que Mme B était inapte au poste de préparatrice en pharmacie, et a émis un avis favorable à son reclassement dans le corps des administratifs. L'HPR a alors invité l'intéressée à choisir entre une mise en retraire pour invalidité ou un reclassement professionnel. Mme B a choisi le reclassement professionnel. Par un courrier du 30 décembre 2021, elle a présenté une nouvelle demande préalable indemnitaire auprès de l'HPR, implicitement rejetée. Mme B demande au tribunal de condamner l'HPR de Bullion à lui verser la somme totale de 50 000 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
3. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. En revanche, si une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ". Aux termes de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a présenté auprès de l'HPR de Bullion une demande préalable indemnitaire par courrier du 29 décembre 2020, implicitement rejetée, dans laquelle elle se prévalait d'un fait générateur et de dommages identiques à ceux invoqués dans sa seconde réclamation du 30 décembre 2021. Par suite, la décision implicite de rejet de cette seconde réclamation est purement confirmative de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire présentée par courrier du 29 décembre 2020. Si Mme B soutient que les délais de recours ont été interrompus par une première requête à fin d'indemnisation présentée le 20 avril 2021, rejetée par une ordonnance n° 2103249 du tribunal administratif de Versailles du 30 décembre 2021 en raison de son irrecevabilité, confirmée par un arrêt n° 22VE00298 du 12 avril 2022 de la cour administrative d'appel de Versailles, l'introduction d'une requête auprès de la juridiction compétente n'a pas pour effet d'interrompre, de proroger ou de conserver le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, l'HPR de Bullion est fondé à soutenir que la requête, enregistrée le 21 avril 2022 postérieurement à l'échéance du délai de recours contentieux, est tardive et, par suite, irrecevable. La fin de non-recevoir soulevée par l'établissement doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, présentées au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que demande l'établissement au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'HPR de Bullion sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026