LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2203150

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2203150

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2203150
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, portant classement dans le grade de lieutenant et capitaine du corps de commandement du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire au 1er janvier 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, portant élévation d'échelon au 9e échelon du grade de lieutenant et capitaine du corps de commandement du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire au 1er janvier 2021 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, portant nomination dans le corps des chefs de services pénitentiaires au 1er mars 2021 ;

4°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur son recours gracieux du 17 janvier 2022 ;

5°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le nommer dans le corps des chefs de services pénitentiaires au grade de chef de services pénitentiaires de classe normale, 8e échelon, au 1er janvier 2020 avec une ancienneté conservée de 3 ans, 10 mois et 18 jours, de l'élever au 9e échelon de ce grade, à la même date, avec une ancienneté conservée de 10 mois et 18 jours et de lui verser la somme de 5 398,64 euros correspondant à la rémunération qu'il aurait dû percevoir ;

6°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice résultant des troubles dans ses conditions d'existence ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées méconnaissent le principe d'égalité de traitement des fonctionnaires appartenant à un même corps ;

- elles méconnaissent les conditions de retrait d'une décision individuelle créatrice de droits, dès lors que deux arrêtés des 8 et 14 décembre 2021 l'ont nommé dans le corps des chefs de services pénitentiaires puis élevé au 9e échelon à la date du 1er janvier 2020, que ces arrêtés n'ont pas été annulés ou rapportés par les arrêtés ultérieurs et que ces derniers sont préjudiciables à sa carrière ;

- l'illégalité de ces décisions constituent une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- cette faute lui a causé un préjudice financier et un préjudice moral.

Par une lettre du 24 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, par application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, a été mis en demeure de produire ses observations.

Par une lettre du 11 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation, la requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen à l'appui de ces conclusions, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires, en l'absence d'intervention d'une décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle, conformément aux dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bélot,

- et les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, appartenant alors au corps des personnels de commandement de l'administration pénitentiaire et titulaire du grade de lieutenant, 8e échelon, a été admis à un examen professionnel spécifique d'accès au corps des chefs de services pénitentiaires organisé au titre de l'année 2020. Par un arrêté du 8 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, M. B a été nommé dans le corps des chefs de services pénitentiaires et classé au 8e échelon du grade de chef de services pénitentiaires de classe normale avec une ancienneté conservée de 3 ans, ces mesures prenant effet au 1er janvier 2020. Par un arrêté du 14 décembre 2021 du garde des sceaux ministre de la justice, M. B a été nommé au 9e échelon de ce grade sans ancienneté, avec effet au 1er janvier 2020. Par un arrêté du 17 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, M. B a été classé dans le grade de lieutenant et capitaine du corps de commandement du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire, au 8e échelon de ce grade avec une ancienneté conservée de 2 ans et 6 mois, ces mesures prenant effet au 1er janvier 2021, conformément aux dispositions de l'article 45 du décret n° 2019-1038 du 19 octobre 2019 modifiant le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire. Par un arrêté du 22 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, M. B a été nommé au 9e échelon de ce grade sans ancienneté, avec effet au 1er janvier 2021. Par un arrêté du 24 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, M. B a été nommé dans le corps des chefs de services pénitentiaires et classé au 9e échelon du grade de chef de services pénitentiaires de classe normale avec une ancienneté conservée de 2 mois et 12 jours, ces mesures prenant effet au 1er mars 2021. Par un courrier du 17 janvier 2022, M. B a formé à l'encontre des arrêtés des 17, 22 et 24 décembre 2021 un recours gracieux, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet.

2. M. B demande, d'une part, l'annulation des arrêtés des 17, 22 et 24 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de le nommer dans le corps des chefs de services pénitentiaires au grade de chef de services pénitentiaires de classe normale, 8e échelon, au 1er janvier 2020 avec une ancienneté conservée de 3 ans, 10 mois et 18 jours, de l'élever au 9e échelon de ce grade, à la même date, avec une ancienneté conservée de 10 mois et 18 jours et de lui verser la somme de 5 398,64 euros correspondant à la rémunération qu'il aurait dû percevoir, enfin, la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice résultant des troubles dans ses conditions d'existence.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire ou en cas de fraude, l'administration ne peut retirer ou abroger une décision expresse individuelle créatrice de droits que dans le délai de quatre mois suivant l'intervention de cette décision et si elle est illégale. La décision par laquelle l'administration procède à la nomination dans un corps et au classement dans un échelon d'un fonctionnaire, notamment dans le cadre d'une promotion à la suite de la réussite à un examen professionnel, a le caractère d'une décision individuelle créatrice de droits.

4. En l'espèce, M. B doit être regardé comme faisant valoir que les arrêtés du 8 décembre 2021, le nommant dans le corps des chefs de services pénitentiaires et le classant au 8e échelon du grade de chef de services pénitentiaires de classe normale avec une ancienneté conservée de 3 ans à compter du 1er janvier 2020, et du 14 décembre 2021, le nommant au 9e échelon de ce grade sans ancienneté à compter de la même date, constituent des décisions individuelles ayant créé des droits en sa faveur, qui ne pouvaient pas faire l'objet d'un retrait. Il n'est pas établi, ni même allégué par le garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas produit d'observations malgré la mise en demeure qui lui a été adressée par une lettre du 24 mars 2023, que ces deux arrêtés seraient entachés d'une illégalité, ni qu'ils auraient été obtenus par fraude. Il n'est pas davantage établi, ni allégué, que M. B aurait sollicité le retrait ou l'abrogation de ces arrêtés. Par suite, le garde des sceaux, ministre de la justice, ne pouvait légalement revenir sur les mesures de nomination et de classement résultant de ces deux arrêtés, qui ont créé des droits en faveur de M. B, en procédant, par les trois arrêtés des 17, 22 et 24 décembre 2021, à un reclassement de l'intéressé au sein du corps des personnels de commandement de l'administration pénitentiaire avec effet au 1er janvier 2021, puis à une nouvelle nomination et à un nouveau classement dans le corps des chefs de services pénitentiaires avec effet au 1er mars 2021.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que les arrêtés des 17, 22 et 24 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, et la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. B du 17 janvier 2022 doivent être annulées.

Sur les conclusions indemnitaires :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

7. En l'espèce, M. B n'établit pas avoir préalablement adressé à l'administration une demande tendant à la réparation du préjudice résultant de l'illégalité des décisions en litige. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Eu égard aux motifs d'annulation des arrêtés en litige, le présent jugement implique nécessairement la régularisation de la situation administrative et financière de M. B au regard de ces motifs, tels qu'exposés aux points 3 et 4, notamment un classement conformément aux dispositions des arrêtés des 8 et 14 décembre 2021 et un rappel de rémunération correspondant à ce classement. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder à cette régularisation dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais d'instance :

9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

10. M. B, qui n'a pas eu recours au ministère d'un avocat, ne justifie pas de manière précise des frais qu'il aurait exposés à l'occasion de la présente instance. Par conséquent, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés des 17 décembre 2021, 22 décembre 2021 et 24 décembre 2021 du garde des sceaux, ministre de la justice, et la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. B du 17 janvier 2022 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder à la régularisation de la situation administrative et financière de M. B, au regard des motifs du présent jugement, dans le délai de trois mois à compter de sa notification.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Mauny, président,

M. Bélot, premier conseiller,

M. Perez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

S. BélotLe président,

signé

O. Mauny

La greffière,

signé

A. Esteves

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions