lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206856 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2022, la société Prestige Kronos demande au tribunal d'annuler le titre de perception n° ADCE 22 2600017573 émis le 29 mars 2023 par le directeur régional des finances publiques Île-de-France et Paris en vue d'obtenir le remboursement des aides issues du fonds de solidarité COVID-19 indûment perçues au titre du mois d'octobre 2020 pour un montant total de 9 500 euros.
La requête a été communiquée au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et Paris qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Lutz, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ". Selon l'article R. 431-2 du même code : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat () ". L'article R. 612-1 du même code dispose que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
2. Le présent litige tendant à la décharge du titre de perception, émis le 29 mars 2022 sous le numéro ADCE-22-2600017573 aux fins de restitution des aides versées au titre du fonds de solidarité " Covid-19 " au titre du mois d'octobre 2020 pour la somme de 9 500 euros, la demande présentée au tribunal administratif par la société Prestige Kronos tend à la décharge d'une somme d'argent dont le paiement lui était réclamé. Elle devait donc, à peine d'irrecevabilité, être présentée par l'intermédiaire d'un avocat. A cet égard, les dispositions du 4° de l'article R. 431-3 du code de justice administrative, qui prévoient une exception au principe mentionné pour les litiges en matière de prestations ou d'aide ou d'action sociale, ne sauraient s'appliquer au présent litige, qui porte sur une aide à caractère économique.
3. La requête de la société Prestige Kronos n'a été ni présentée ni signée par l'un des mandataires énumérés par les dispositions précitées de l'article R. 431-2 du code de justice administrative précité. Le tribunal a donc invité la requérante à régulariser cette requête dans un délai de quinze jours, par un courrier du 23 août 2024. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant ce courrier, présenté le 27 août 2024 à l'adresse de la société et de son gérant, 12, avenue des Prés à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), a été revêtu d'une étiquette sur laquelle a été cochée la mention " pli avisé et non réclamé ", correspondant au motif de non-distribution du pli à la société ou à son gérant. Le courrier du 23 août 2024 est donc réputé lui avoir été notifié le 27 août 2024. Or le délai de quinze jours qui a couru à compter de cette date est venu à expiration sans que la régularisation de la requête de la société Prestige Kronos soit intervenue. Par suite, cette requête est manifestement irrecevable. Il y a donc lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Prestige Kronos est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Prestige Kronos et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Lutz
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2206856
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