Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 octobre et 30 novembre 2022 et le 22 mai 2025, Mme E... C..., représentée par Me Ramdenie, demande au tribunal :
d’annuler l’arrêté du 5 août 2022 par lequel le maire de Triel-sur-Seine a délivré à la société Cellnex un permis de construire en vue de l’installation d’un pylône relais de radiotéléphonie mobile ;
de mettre à la charge de la commune de Triel-sur-Seine une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir ;
- l’arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnaît l’article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques ;
- il méconnaît l’article L. 34-9-1 du code des postes et des communications électroniques ;
- il est entaché d’insuffisances au regard des dispositions du c) de l’article R. 431-10 du code de l'urbanisme s’agissant de l’insertion du projet dans son environnement lointain, du e) et du f) de l’article R. 431-8 du code de l'urbanisme et du premier alinéa de l’article R. 431-9 de ce code s’agissant du traitement des espaces libres et de pleine terre et de l’aménagement du chemin d’accès interne au terrain d’assiette du projet, ainsi que des dispositions de l’article R. 431-9 de ce code s’agissant du raccordement du projet aux réseaux d’électricité ;
- il méconnaît l’article 3.1.2 de la partie 1 du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de Grand Paris Seine & Oise applicable à la zone NV ;
- il méconnaît l’article 5.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable à la zone NV ;
- il méconnaît l’article 4.4 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable à la zone NV ;
- il méconnaît l’article 6.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable à la zone NV ;
- il méconnaît l’article R. 111-27 du code de l'urbanisme et l’article 4.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable à la zone NV ;
- il méconnaît l’article R. 431-13 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions du f) de l’article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l’alinéa 4 de l’article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît le règlement du plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) de la vallée de la Seine et de l’Oise ;
- il méconnaît l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 novembre 2022 et 2 mai 2025, la société Cellnex, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 16 novembre 2022, la société Bouygues Telecom, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que son intervention est recevable et s’associe aux moyens et conclusions de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2025, la commune de Triel-sur-Seine, représentée par Me Léron, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par des courriers en date du 13 et du 14 novembre 2025, les parties ont été invitées à présenter leurs observations dans l’hypothèse où le tribunal, en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, et après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, retiendrait comme fondés les moyens tirés de la méconnaissance par l’arrêté attaqué des dispositions du f) de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme en ce que le dossier de permis de construire ne comprend pas le document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu’une étude a été menée conformément aux exigences du règlement du plan de prévention des risques d’inondation de la vallée de la Seine et de l’Oise et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet, des dispositions de l’article RC 2.5 du PPRI en tant qu’il n’est pas établi qu’à la date de l’arrêté contesté, la présence du projet en zone inondable était rendue indispensable pour des raisons techniques ou fonctionnelles ainsi que des dispositions du 1° de l'article 1-7 du chapitre 1 du titre 3 du PPRI et, après avoir estimé ces vices régularisables, pourrait décider de surseoir à statuer dans l’attente de la régularisation du permis de construire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des postes et communications électroniques ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Silvani,
- les conclusions de M. Maljevic, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gagnet, substituant Me Léron, représentant de la commune de Triel-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 août 2022, le maire de Triel-sur-Seine a délivré à la société Cellnex un permis de construire en vue de l’installation d’un pylône relais de radiotéléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section BS n° 8. Mme C... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.
Sur la recevabilité de l’intervention :
2. Est recevable à former une intervention devant le juge du fond toute personne qui justifie d’un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l’objet du litige. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que la société Bouygues Telecom a donné mandat à la SAS Cellnex France pour le dépôt et le suivi d’autorisations permettant l’implantation d’antennes de téléphonie mobile, dont celle en litige. Par suite, la société Bouygues Télécom a intérêt au maintien de l’arrêté en litige et justifie dès lors d’un intérêt suffisant à intervenir en défense.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l’arrêté attaqué :
3. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 422-1 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire (…) est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme (…) ». Le premier alinéa de l’article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales prévoit que : « Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. ». Aux termes de l’article L. 2131-1 du même code dans sa version en vigueur à la date de l’arrêté portant délégation de fonctions : « Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. (...) Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. (...) ».
4. Par un arrêté du 10 juillet 2020, le maire de Triel-sur-Seine a donné à son quatrième adjoint, M. D... B..., signataire de l’arrêté attaqué du 5 août 2022, délégation de fonctions en matière notamment de délivrance des permis de construire. Les mentions portées sur cet arrêté, qui font foi jusqu’à preuve du contraire et ne sont en l’espèce pas contestées, font état de ce que l’arrêté de délégation du 10 juillet 2020 a fait l’objet d’une publicité régulière et a été transmis au préfet des Yvelines le 10 juillet 2020, de sorte qu’il était exécutoire à la date de l’arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’acte doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l’ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l’urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 431-13 du code de l'urbanisme :
6. Aux termes de l’article R. 431-13 du code de l'urbanisme : « Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ».
7. Si la requérante soutient que la construction projetée sera implantée sur le domaine public communal, nécessitant par suite l’accord du gestionnaire du domaine prévu par les dispositions citées au point 6, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet porterait sur une dépendance du domaine public de la commune qui soutient au contraire que le projet est situé sur une dépendance de son domaine privé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 431-13 du code de l’urbanisme doit par suite, être écarté comme inopérant.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 431-16 du code de l'urbanisme :
8. D’une part, aux termes de l’article R. 431-16 du code de l'urbanisme : « Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : (...) / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; (...) ».
9. Il appartient au juge, saisi d’un moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition, de s’assurer de la production, par le pétitionnaire, d’un document établi par l’architecte du projet ou par un expert attestant qu’une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet.
10. D’autre part, le plan de prévention des risques d’inondation de la vallée de la Seine et de l’Oise approuvé par un arrêté du 30 juin 2007 et annexé au PLUi, comprend un titre 3 relatif aux mesures de prévention, de protection et de sauvegarde, qui énumère les prescriptions et recommandations techniques applicables en zones marron, verte, rouge sombre, rouge clair et bleu strict, dont l’article 4 intitulé « Demandes d’occupation ou d’utilisation du sol » dispose que : « Toute demande d’occuper ou d’utiliser le sol devra, en application de l’article R. 413-16 du code de l'urbanisme, être accompagnée d’une attestation certifiant que les dispositions prévues au présent titre et celles relatives au règlement de la zone concernée ont bien été respectées ».
11. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette de la construction projetée est situé en zones rouge clair et bleue stricte du PPRI. Le dossier devait donc comprendre l’attestation prévue par les dispositions du f) de l’article R. 431-16 du code de l'urbanisme précité. Or, cette pièce ne figure pas au dossier de demande de permis de construire produit à l’instance, ce que reconnaît au demeurant la société pétitionnaire. Cette irrégularité a été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet au PPRI. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du f) de l’article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
S’agissant des autres moyens se rapportant aux insuffisances entachant le dossier de permis de construire :
12. En premier lieu, aux termes de l’article R. 431-9 du code de l'urbanisme : « (...) Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ».
13. Les plans de masse joints à la demande de permis de construire comportent des cotes altimétriques de norme A..., de sorte que le moyen selon lequel ils ne sont pas rattachés au système altimétrique de référence du plan de prévention des risques, qui est exprimé en mètres A..., ne peut qu’être écarté. S’il est également reproché au dossier de demande de permis de ne pas comporter de plan représentant la limite de la zone inondable, ni les dispositions de l’article R. 431-9 du code de l’urbanisme ni aucune autre disposition fixant la liste limitative des pièces devant être communiquées à l’autorité compétente à l’appui d’une demande de permis de construire n’imposent de reporter cette information sur les plans joints à cette demande. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté en ses deux branches.
14. En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-10 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend également : (...) c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ».
15. En l’espèce, le dossier de demande de permis de construire comprend plusieurs documents photographiques permettant de situer le terrain dans son environnement proche et lointain. En outre, si la requérante soutient que les documents graphiques ne permettent pas d’apprécier l’insertion du projet par rapport aux monuments historiques aux abords desquels il est situé, elle n’établit toutefois pas que ces monuments seraient visibles depuis la parcelle cadastrée BS 8 et qu’une telle représentation était par suite possible.
16. En troisième lieu, aux termes de l’article R. 431-8 du code de l'urbanisme : « Le projet architectural comprend une notice précisant : (...) e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ». Aux termes de l’article R. 431-9 du code de l'urbanisme : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. (...) ».
17. D’une part, les plans PC 2.2 et PC 2.3, qui représentent les plantations existantes sur la parcelle cadastrée BS 8 ainsi que l’emprise du projet, permettent de constater qu’aucune plantation ne sera supprimée. En outre, la notice et les plans PC2.3, PC3.2, PC3.4 précisent les plantations qui seront créées.
18. D’autre part, les plans PC 2.3 ainsi que les photographies jointes au dossier de demande de permis de construire représentent l’accès au terrain, l’espace de desserte interne d’une largeur de 6,14 mètres donnant sur la route de Verneuil ainsi que le cheminement pour se rendre à la construction projetée et le portail d’accès à celle-ci. Il en résulte que l’organisation et l’aménagement des accès à la construction autorisée sont précisés par le dossier de demande de permis conformément aux dispositions précitées.
19. En quatrième lieu, aux termes de l’article R. 431-9 du code de l'urbanisme : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse (...) indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. (...) ».
20. Les pièces du dossier de demande du permis de construire, notamment les plans PC 2.3, représentent les « coffrets énergie » à poser ainsi que les « fourreaux énergie enterrés vers coffret » à créer. Dans ces conditions, la requérante n’est pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis de construire ne précise pas les modalités de raccordement au réseau public d’électricité.
Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés des insuffisances entachant le dossier de demande de permis de construire doivent être écartés.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance du règlement du PLUi :
En premier lieu, aux termes de l’article 3.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV : « Les principes généraux du traitement des espaces libres figurent au chapitre 3 de la partie 1 du règlement ». Aux termes de l’article 3.1.1 de la partie 1 du règlement du PLUi relatif aux espaces libres : « Les espaces libres correspondent à la superficie du terrain non occupée par l’emprise au sol* des constructions telle qu’elle est définie par le présent règlement. (...) Selon leur nature ou leur vocation (espaces de circulation, jardins, terrasses, (…), les espaces libres reçoivent un traitement paysager approprié à leur fonction en tenant compte (...) de la gestion des eaux pluviales, telle qu’elle est prévue au chapitre 6 de la présente partie 1 du règlement. Il s'agit particulièrement de limiter au strict nécessaire les surfaces imperméables par l'emploi de matériaux favorisant l'infiltration de l'eau (sable, gravier, dalles alvéolées, pavés non joints, pavés poreux...) et de concevoir un aménagement qui intègre la rétention de l'eau pluviale (modelés de terrain, bassins, noues, stockage enterré...). ». Aux termes de l’article 3.1.2 relatif aux espaces de pleine terre : « Les espaces de pleine terre correspondent aux surfaces des espaces libres* ne comportant aucune construction, installation, ni aucun ouvrage, en surélévation comme en sous-sol, permettant la libre et entière infiltration des eaux pluviales. (...) / L'intégralité de la surface des espaces de pleine terre*, issue de l’application du chapitre 3 du règlement de chaque zone, est obligatoirement végétalisée et plantée, à l'exclusion de tout autre traitement même perméable ».
Si l’espace de desserte interne au terrain d’assiette du projet, qui constitue un espace de circulation, peut être qualifiée d’espace libre pour l’application des dispositions de l’article 3.1.1 cité au point 22, elle ne répond pas, en revanche, aux caractéristiques de l’espace de pleine terre, défini par l’article 3.1.2 de la partie 1 du règlement du PLUi comme un espace libre permettant la libre et entière infiltration des eaux pluviales. Par suite, la requérante n’est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît ces dispositions au motif que le chemin interne à la parcelle n’est pas végétalisé et planté. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article 3.1.2 de la partie 1 du règlement du PLUi doit être écarté.
En deuxième lieu, aux termes de l’article 5.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV: « Les dispositions réglementaires relatives aux voies et aux accès se situent au chapitre 5 de la partie 1 du règlement, auquel il convient de se référer ». Aux termes de l’article 5.1.2.1 de la partie 1 de ce règlement : « Les espaces de desserte interne, alors même qu’ils ne constituent pas des voies de desserte au sens des dispositions ci-dessus, sont toutefois conçus afin de répondre aux besoins des projets qu’ils desservent, notamment en cas de pluralité de constructions ; ils répondent à ce titre à des caractéristiques de tracé, de largeur et de sécurité adaptés ».
Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment des plans PC 2.3, que l’espace de desserte interne est suffisant pour répondre aux besoins du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 5.1 de la partie 2 du règlement du PLUi et de l’article 5.1.2.1 de la partie 1 de ce règlement doit être écarté.
En troisième lieu, aux termes de l’article 4.4 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV : « 4.4 – Le traitement des clôtures / 4.4.1 – Dans la zone NV, à l’exception du secteur NVc / Les clôtures formant une limite entre un espace construit et un espace naturel concourent au traitement de la transition vers les paysages naturels. À ce titre, les clôtures sont végétales, c'est-à-dire la plantation d'une haie composée d'essences locales, éventuellement doublée de lisses ou d'un grillage. (...) ».
D’une part, il ressort des pièces du dossier que la construction projetée sera entourée d’une haie de Prunus Lusitanica Angustifolia. A supposer que cette haie puisse être qualifiée de clôture, il ne ressort pas des pièces du dossier que le Prunus Lusitanica Angustifolia ne constituerait pas une essence locale pour l’application des dispositions citées au point 26. D’autre part, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas des dispositions du règlement du PLUi applicables à la zone NV que l’intégration d’une fausse haie végétale sur la clôture grillagée serait interdite. La requérante ne peut davantage utilement se prévaloir des mentions figurant dans le guide pratique pour l’intégration paysagère et la prise en compte des enjeux de biodiversité des antennes relais établi par l’agence nationale de la cohésion des territoires, lequel est dépourvu de valeur règlementaire et, au demeurant n’interdit pas les pastiches d’éléments naturels mais recommande seulement de les éviter.
Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 4.4 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV doit être écarté en ses deux branches.
En quatrième lieu, en se bornant à indiquer que le projet méconnaît les dispositions de l’article 6.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV selon lesquelles « Les dispositions réglementaires relatives à la desserte par les réseaux se situent au chapitre 6 de la partie 1 du règlement, auquel il convient de se référer », la requérante n’assortit pas son moyen des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance du règlement plan de prévention des risques d’inondation :
En vertu de l’article L. 562-1 du code de l’environnement, l’Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, en particulier pour les inondations, qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d’y interdire les constructions ou la réalisation d’aménagements ou d’ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités. L’article L. 562-4 du même code précise que « le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan d'occupation des sols, conformément à l'article L. 126-1 du code de l'urbanisme. (…) ».
Les prescriptions d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d’utilité publique, s’imposent directement aux autorisations de construire, sans que l’autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l’autorité compétente pour délivrer une autorisation d’urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par ce plan et, le cas échéant, de préciser dans l’autorisation les conditions de leur application.
En premier lieu, aux termes du chapitre IV - Dispositions applicables en zone rouge clair : « La zone rouge clair est constituée de l’ensemble des zones urbanisées hors centres urbains, exposées à des aléas forts (entre 1 et 2 m). Elle concerne également certaines îles et isolats* dont l’accès par les services de secours en cas de crue peut être difficile. L’objectif en zone rouge clair est d’arrêter les nouvelles urbanisations tout en permettant un renouvellement urbain de zones exposées au risque d’inondation. / (...) ». Aux termes de l’article RC 2 « Sont autorisés ou autorisés sous conditions (exceptions à l’interdiction) / (...) Article RC 2.5 – Equipements publics et équipements d’intérêt général / 1° la construction, l’extension ou la rénovation des équipements publics et des équipements d’intérêt général, tels que les stations d’épuration, les forages d’eau potable, etc., dont la présence en zone inondable est rendue indispensable pour des raisons techniques ou fonctionnelles, à condition que : / - 1-1 le matériel d’accompagnement situé sous la cote des PHEC* majorée de 0,20 m, soit démontable ou ancré au sol*, - 1-2 le premier plancher* des bâtiments liés et nécessaires à ces équipements soit réalisé au-dessus de la cote des PHEC* majorée de 0,20 m, sauf impossibilité technique. ».
La création d’un site de radiotéléphonie mobile et en particulier d’une antenne relais qui répond à une mission de service public en matière d’acheminement des communications électroniques peut être regardée comme un équipement public et d’intérêt général au sens des dispositions précitées du plan de prévention des risques naturels d'inondation.
Si la société Cellnex soutient que la carence constatée dans la couverture de la commune de Triel-sur-Seine rend l’implantation du projet en zone inondable indispensable pour des raisons fonctionnelles en vue d’apporter la couverture nécessaire et de résorber la carence du réseau existant sur une partie ciblée de la commune, elle ne l’établit toutefois pas par la seule production d’une carte, datée du 29 avril 2025, représentant une estimation de couverture avant et après l’installation du nouveau relai, alors au demeurant que ce document est contredit par des données se rapportant à la même période, communiquées par la requérante, extraites du site internet de Bouygues Telecom dont il ressort que le secteur d’implantation du projet serait couvert par la 5G. Dans ces conditions, en l’absence d’éléments sérieux propres à établir que l’implantation du projet en zone inondable était, à la date de la décision contestée, indispensable pour des raisons techniques ou fonctionnelles, l’arrêté en litige est entaché d’illégalité.
En deuxième lieu, aux termes de l’article 1.7 « réseaux et installations techniques » du chapitre 1 du titre 3 du PPRI relatif aux mesures de prévention, de protection et de sauvegarde applicables notamment en zones rouge clair et bleu strict : « 1° Les postes d’arrivée et de distribution vitaux (eau, gaz, électricité...), ainsi que les locaux techniques liés au fonctionnement des installations autorisées, sont situés au-dessus de la cote des PHEC majorée de 0,20 m ou placés à l’intérieur d’un cuvelage accessible en tout temps, et leur alimentation électrique doit être assurée par des dispositifs autonomes ou garantis par les concessionnaires. Ils doivent être dotés d’un dispositif de coupure des réseaux si ceux-ci sont situés sous la cote des PHEC majorée de 0,20 m ».
Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire et notamment du plan PC 3.4 que les installations techniques, notamment les armoires techniques et les coffrets énergie, seront implantées à la cote de 20,82 m A..., soit au-dessous de la cote de 23,25 m A..., telle qu’elle résulte du document graphique du PPRI, majorée de 20 cm, de la zone où se trouve le terrain d’assiette du projet. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l’article 1.7 du chapitre 1 du titre III du PPRI.
Il résulte de ce qui précède que la requérante est fondée à soutenir que l’arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l’article RC 2.5 du PPRI en tant qu’il n’est pas établi qu’à la date de l’arrêté contesté, la présence du projet en zone inondable était rendue indispensable pour des raisons techniques ou fonctionnelles et celles de l’article 1.7 du chapitre 1 du titre III du PPRI.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de l’observation de prescriptions spéciales s’il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d’autres installations ».
Il incombe à l’autorité compétente pour délivrer une autorisation d’urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par ce plan et, le cas échéant, de préciser dans l’autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l’exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d’une nouvelle demande, elle peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s’ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone et aux engagements souscrits par le pétitionnaire qui peuvent, le cas échéant, aller au-delà des strictes exigences du plan de prévention, si ces prescriptions spéciales lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme. Ce n’est que dans le cas où l’autorité compétente estime, au vu d’une appréciation concrète de l’ensemble des caractéristiques de la situation d’espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l’autorisation de construire est sollicitée, y compris d’éléments déjà connus lors de l’élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu’il n’est pas légalement possible d’accorder le permis en l’assortissant de prescriptions permettant d’assurer la conformité de la construction aux dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme, qu’elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.
En se bornant à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme au seul motif qu’il n’est pas conforme aux dispositions précitées du règlement du PPRI , la requérante, qui ne caractérise pas la nature du risque dont elle fait état, n’établit ni la réalité ni la gravité du risque allégué pour l’application de ces dernières dispositions. Le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l’article 4.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV :
Aux termes de l’article R. 111-27 du code de l'urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ». Aux termes de l’article 4.1 du chapitre 4 relatif à la qualité urbaine, architecturale et environnementale de la partie 2 du règlement du PLUi applicable en zone NV : « Cette zone regroupe les espaces à dominante naturelle ou situés dans un environnement naturel. / L’objectif est de préserver la dominante naturelle de ces espaces et les caractéristiques propres à chacun d’eux. / Tous les travaux, ouvrages, installations, constructions ou aménagements de constructions existantes, par leur situation, leurs dimensions, leur conception, leur mode de réalisation, leur aspect extérieur, prennent en compte l'intérêt et la qualité des lieux, des sites, des paysages naturels ainsi que la conservation des perspectives paysagères. Les principes généraux de l'insertion du projet dans son environnement figurent au chapitre 4 de la partie 1 du règlement ». Aux termes de l’article 4.2.4 de ce chapitre 4 : « Pour les constructions d'équipements d'intérêt collectif : « Les constructions nouvelles sont conçues, tant au regard de leur implantation que des matériaux utilisés ou du choix des couleurs, de façon à s'inscrire dans le site au regard de ses caractéristiques ». Aux termes de l’article 4.1 du chapitre 4 relatif à la qualité urbaine, architecturale et environnementale de la partie 1 du règlement du PLUi : « 4.1.1 – Inscription du projet dans son contexte : (...) / L’intégration des équipements d’intérêt collectif et services publics prend en compte, notamment au regard de l'environnement dans lequel ils s'insèrent, les contraintes fonctionnelles et techniques qui leur sont propres, tout en affirmant leur rôle dans l'espace urbain et leur identité par une architecture particulière. / Tout projet relatif à l’implantation d’installations liées à la télécommunication, les antennes et pylônes, sont conçus tant dans leur localisation que leur morphologie pour limiter leur impact visuel dans le paysage et en évitant toute forme de dissimulation mal adaptée (imitation de cheminée aux dimensions excessives, arbre artificiel…) ». Ces dispositions ont le même objet que celles, également invoquées par la requérante, de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c’est par rapport aux dispositions du règlement du PLUi que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme ou de celles du règlement d’un plan local d’urbanisme ayant le même objet et dont les exigences ne sont pas moindres, au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l’autorité administrative d’apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d’évaluer, dans un second temps, l’impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
Le terrain d’assiette du projet est situé en zone NV du PLUi, correspondant aux espaces naturels et forestiers peu ou pas bâtis, à forte dominante naturelle. Ce terrain s’inscrit dans un secteur composé, d’une part, d’espaces boisés et de terrains naturels et agricoles qui ne présentent aucun intérêt paysager notable, d’autre part, de constructions ne présentant ni homogénéité ni spécificité particulière. En outre, ainsi qu’il a été précédemment indiqué, si la requérante soutient que la parcelle « est située dans le périmètre délimité aux abords ou dans le champ de visibilité du ou des monuments historiques des Rives de la Seine et de l’Eglise Saint Martin », il ressort des vues issues du site Géoportail, accessible tant au juge qu’aux parties, que l’église Saint-Martin, située sur l’autre rive de la Seine, est éloignée du terrain d’assiette du projet, tandis que les pièces du dossier ne permettent pas de localiser les autres monuments dont fait état la requérante. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que si le pylône projeté présente une hauteur de 24 mètres qui le rend visible depuis l’environnement proche et lointain, son impact visuel sera néanmoins limité compte tenu de sa structure à treillis métallique de couleur vert jonc, alors en outre que, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’utilisation de la teinte « gris clair RAL 7035 » sera de nature à accentuer la visibilité de la construction projetée. De même, la circonstance que le projet prévoit la plantation de lauriers de la variété « Prunus lusitanica Angustifolia », alors que l’architecte des bâtiments de France avait préconisé, par son avis rendu le 13 août 2021 sur la déclaration préalable qui avait été déposée antérieurement au permis de construire en litige, des « arbres de haute tige d’essence locale type peuplier » ne suffit pas à remettre en cause l’insertion du projet dans le paysage, et ce d’autant que l’architecture des bâtiments de France a rendu le 11 mai 2022 un avis favorable sans réserve sur le projet de permis de construire en litige. Dans ces circonstances, en dépit de la hauteur du pylône projeté, la requérante n’est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l’article 4.1 de la partie 2 du règlement du PLUi applicables à la zone NV.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code des postes et communications électroniques :
En premier lieu, aux termes du II de l’article D. 98-6-1 du code des postes et communications électroniques : « L’opérateur fait en sorte, dans la mesure du possible, de partager les sites radioélectriques avec les autres utilisateurs de ces sites. / Lorsque l’opérateur envisage d’établir un site ou un pylône et sous réserve de faisabilité technique, il doit à la fois : / - privilégier toute solution de partage avec un site ou un pylône existant ; ».
Le principe d’indépendance des législations fait obstacle à ce que la requérante puisse utilement invoquer, à l’encontre d’une autorisation d’urbanisme, la méconnaissance de ces dispositions dont il ne découle, au demeurant, aucune obligation. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 34‑9‑1 du code des postes et des communications électroniques : « (…) / II. – B. – Toute personne souhaitant exploiter, sur le territoire d'une commune, une ou plusieurs installations radioélectriques soumises à accord ou à avis de l'Agence nationale des fréquences en informe par écrit le maire ou le président de l'intercommunalité dès la phase de recherche et lui transmet un dossier d'information deux mois avant le dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable. (…) ».
Il ne ressort ni des dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l’urbanisme, qui fixent la liste limitative des pièces pouvant être demandées à l’appui d’une demande de permis de construire, ni de celles des articles R. 425‑16 à R. 425‑22‑1 de ce même code portant sur les opérations pour lesquelles la délivrance d’une autorisation d’urbanisme est subordonnée à un accord prévu par une autre législation, que la décision prise sur cette demande serait subordonnée au dépôt du dossier d’information prévu par l’article L. 34‑9‑1 du code des postes et des communications électroniques. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 34‑9‑1 du code des postes et des communications électroniques doit, par suite, être écarté comme inopérant.
Sur l’application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l’urbanisme :
Aux termes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme : « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l’autorisation pourra en demander la régularisation, même après l’achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d’annulation partielle est motivé ». Aux termes de l’article L. 600-5-1 du même code : « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis (…) d’aménager, (…) estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation, même après l’achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations ».
Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l’autorisation d’urbanisme dont l’annulation est demandée, sont susceptibles d’être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l’autorisation d’urbanisme. Le juge n’est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d’une part, si les conditions de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme sont réunies et qu’il fait le choix d’y recourir, d’autre part, si le bénéficiaire de l’autorisation lui a indiqué qu’il ne souhaitait pas bénéficier d’une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l’autorisation d’urbanisme est susceptible d’être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l’économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d’urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n’implique pas d’apporter à ce projet un bouleversement tel qu’il en changerait la nature même.
Il résulte de ce qui précède que Mme C... est fondée à soutenir que le permis de construire méconnaît, d’abord, les dispositions du f) de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme en ce que le dossier de permis de construire ne comprend pas le document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu’une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation du PPRI et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet, ensuite, les dispositions de l’article RC 2.5 du PPRI en tant qu’il n’est pas établi que la présence du projet en zone inondable était, à la date de l’arrêté contesté, rendue indispensable pour des raisons techniques ou fonctionnelles, enfin, les dispositions de l’article 1.7 du chapitre 1 du titre III du PPRI.
Ces illégalités peuvent faire l’objet d’une régularisation, en application des dispositions de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, sans que leur régularisation n’implique d’apporter au projet un bouleversement tel qu’il en changerait la nature même. Par suite, il y a lieu de surseoir à statuer afin de permettre une telle mesure de régularisation, qui devra être communiquée au tribunal dans un délai de cinq mois à compter de la notification du présent jugement, tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n’est pas expressément statué par le présent jugement étant réservés jusqu’en fin d’instance.
D É C I D E :
Article 1er : L’intervention de la société Bouygues Télécom est admise.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la légalité du permis de construire délivré le 5 août 2022 par le maire de Triel-sur-Seine à la société Cellnex jusqu’à l’expiration du délai fixé à l’article 3.
Article 3 : Le délai dans lequel la mesure de régularisation du permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à cinq mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n’est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu’en fin d’instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E... C..., à la société Cellnex, à la société Bouygues Télécom et à la commune de Triel-sur-Seine.
Délibéré après l’audience publique du 21 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rollet-Perraud, présidente,
Mme Silvani, première conseillère,
M. Marmier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2025.
La rapporteure,
Signé
C. Silvani
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
S. Traore
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.