vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208416 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 novembre 2022, 18 janvier, 23 mai et 3 septembre 2024, la société Julia, représentée par Me Lalanne, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2022 par lequel le maire de Morsang-sur-Orge a retiré la décision tacite de non-opposition intervenue sur la déclaration préalable présentée par M. A et fait opposition à cette déclaration ;
2°) d'enjoindre au maire de Morsang-sur-Orge de lui délivrer une décision de non opposition à la déclaration préalable déposée par M. A ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Morsang-sur-Orge la somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable tant du point de vue des délais de recours que de son intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est intervenu au terme d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, contrairement aux mentions qui y figurent, le dossier de déclaration préalable devait être regardé comme complet le 30 mai 2022 et une décision de non opposition à déclaration préalable est intervenue le 30 juin 2022, d'autre part, alors que le dossier de déclaration préalable a été déposé le 4 avril 2022, le tampon apposé par la commune comprend une date de réception au 4 mars 2022 ;
- la décision de retrait de la décision de non opposition à déclaration préalable née le 4 mai 2022 est intervenue au-delà du délai de trois mois prévu par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure contradictoire irrégulière ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dans l'application de l'article 7 du règlement de la zone UP2 du plan local d'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur de fait dans l'application de l'article 13 du règlement de la zone UP2 du plan local d'urbanisme ;
- la demande de substitution de motif présentée par la commune de Morsang-sur-Orge doit être écartée.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 18 janvier 2024, M. A, représenté par Me Lalanne, demande au tribunal de faire droit aux conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête.
Il soutient que son intervention est recevable et s'associe aux moyens de la requête.
Par des mémoires enregistrés les 20 juin 2023 et 9 avril 2024, la commune de Morsang-sur-Orge, représentée par Me Marceau, conclut dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de la société Julia et de M. A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable compte tenu du défaut d'intérêt donnant qualité à agir à la société Julia en sa seule qualité de propriétaire du terrain ; l'intervention volontaire de M. A est par voie de conséquence irrecevable ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;
- elle présente, à titre subsidiaire, une demande de substitution de motif tirée de ce que le projet consiste en une construction nouvelle soumise à permis de construire, de sorte que le maire était tenu de s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Silvani,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- les observations de Me Lalanne, représentant la société Julia et M. A,
- et les observations de Me Marceau, représentant la commune de Morsang-sur-Orge.
Une note en délibéré présentée par la commune de Morsang-sur-Orge a été enregistrée le 12 février 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 4 avril 2022, une déclaration préalable portant sur la réfection de la charpente, de la toiture ainsi que la réhausse de pignons d'une construction située sur une parcelle cadastrée AV 252. Par un arrêté du 1er septembre 2022, dont la société Julia, propriétaire du terrain, demande l'annulation, le maire de Morsang-sur-Orge a retiré la décision tacite de non-opposition intervenue sur la déclaration préalable présentée par M. A et a fait opposition à cette déclaration.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Il ressort des pièces du dossier que la société Julia est propriétaire du terrain d'assiette de la construction projetée pour la réalisation de laquelle M. A, associé de la société Julia, a bénéficié d'une décision de non opposition à déclaration préalable qui a été retirée par la décision contestée. Dès lors, la société Julia justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de la décision en litige. La fin de non-recevoir opposée par la commune ne peut, par suite, être accueillie.
Sur l'intervention volontaire de M. A :
3. Eu égard à l'objet du présent litige, M. A justifie, en sa qualité de bénéficiaire de la décision implicite de non opposition à la déclaration préalable retirée par la décision en litige, d'un intérêt suffisant à intervenir au soutien des conclusions de la requête. Par suite, il y a lieu d'admettre son intervention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, le maire est tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire. Il n'est en revanche pas en situation de compétence liée pour retirer de sa propre initiative une décision tacite de non opposition à déclaration préalable entachée d'illégalité pour ce motif.
5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que la décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code précité et doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration constitue une garantie pour le titulaire du permis qu'il est envisagé de retirer. La décision de retrait est ainsi illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le titulaire du permis a été effectivement privé de cette garantie.
7. Par un courrier du 5 août 2022, le maire de Morsang-sur-Orge a informé M. A qu'il envisageait de retirer la décision tacite de non opposition à déclaration préalable dont il était bénéficiaire au motif qu'elle méconnaissait les dispositions du règlement de la zone UR1 du plan local d'urbanisme relatives à l'aspect extérieur des constructions. Il l'a invité à lui faire part de ses observations écrites dans un délai de huit jours à compter de la réception de ce courrier.
8. D'une part, si M. A a présenté, par un courrier du 12 août 2022, des observations écrites en réponse au courrier du 5 août 2022, il ressort toutefois des termes de l'arrêté attaqué portant retrait de la décision tacite de non opposition à déclaration préalable que celui-ci est fondé sur la méconnaissance de plusieurs dispositions du règlement de la zone UP2 qui ne sont pas mentionnées dans le courrier du 5 août 2022.
9. D'autre part, il ressort des termes de ce courrier que M. A n'a pas été informé de la faculté dont il disposait de présenter, sur sa demande, des observations orales.
10. Il résulte de ce qui précède que le pétitionnaire a effectivement été privé de la garantie constituée par cette procédure, dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations écrites et orales sur les motifs sur lesquels le maire s'est fondé pour retirer la décision tacite de non opposition à la déclaration préalable qu'il avait déposée. Le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire préalable doit, par suite, être accueilli.
11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation, en l'état du dossier, de la décision en litige.
12. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 1er septembre 2022 par lequel le maire de Morsang-sur-Orge a retiré la décision tacite de non-opposition intervenue sur la déclaration préalable présentée par M. A et fait opposition à cette déclaration est illégal et doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Lorsqu'une décision créatrice de droits est retirée et que ce retrait est annulé, la décision initiale est rétablie à compter de la date de lecture de la décision juridictionnelle prononçant cette annulation.
14. Il résulte de ce qui précède que le présent jugement a pour effet de rétablir dans l'ordonnancement juridique le permis de construire tacitement obtenu par M. A le 30 juin 2022 à la suite du dépôt de son dossier de déclaration préalable qui doit être regardé comme complet à la date du 30 mai 2022. Par suite, les conclusions de la société requérante tendant à ce que le maire de Morsang-sur-Orge délivre une décision de non opposition à la déclaration préalable déposée, qui sont sans objet, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Julia et de M. A la somme que demande la commune de Morsang-sur-Orge, partie perdante à la présente instance, à ce titre. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Morsang-sur-Orge, sur le fondement de ces mêmes dispositions, le versement à la société Julia et à M. A d'une somme globale de 1 800 euros à répartir à parts égales.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. A est admise.
Article 2 : L'arrêté du 1er septembre 2022 du maire de Morsang-sur-Orge est annulé.
Article 3 : La commune de Morsang-sur-Orge versera une somme globale de 1 800 euros à répartir à parts égales entre la société Julia et M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Morsang-sur-Orge au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Julia, à M. B A et à la commune de Morsang-sur-Orge.
Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- M. Marmier, premier conseiller,
- Mme Silvani, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.
La rapporteure,
Signé
C. Silvani
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
S. Traoré
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026