vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209059 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 1er décembre 2022 et le 11 mars 2024, M. B A doit être regardé, dans le dernier état de ses écritures, comme demandant au tribunal :
1°) de condamner le syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) à lui verser 1 000 euros pour chaque courrier envoyé et resté sans réponse, soit 44 000 euros, ainsi que 10 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
2°) de mettre à la charge du SIAAP une somme de 3 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a adressé au SIAAP 44 courriers par lettre recommandée avec accusé de réception, sans obtenir de réponse ;
- son préjudice moral doit être évalué à 54 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2024, le syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et donc irrecevable ;
- elle est infondée.
La clôture de l'instruction a été fixée au 2 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Geismar, première conseillère, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer selon la procédure prévue par cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". En outre, aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ".
3. En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, les délais de recours sont opposables à un agent saisissant son employeur public d'une demande laissée sans réponse même si l'autorité administrative n'en accuse pas réception dans les formes prévues par ce code. Ainsi, en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
5. M. A a adressé une réclamation préalable le 7 janvier 2022 par laquelle il sollicite du SIAAP une indemnité de 1 000 euros pour chaque courrier envoyé et resté sans réponse. Aux termes de cette réclamation, notifiée le 11 janvier 2022, le requérant sollicite également une indemnité de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral et précise qu'à défaut de réponse positive, il saisira le tribunal administratif compétent. Il est constant que le SIAAP a implicitement rejeté cette réclamation le 11 mars 2022 et qu'ainsi, le requérant disposait d'un délai courant jusqu'au 12 mai 2022 pour saisir la juridiction. A cet égard, la transmission par le requérant, d'une nouvelle demande indemnitaire identique, notifiée le 1er août 2022, sollicitant la réparation des mêmes préjudices pour les mêmes faits générateurs n'a pu faire naître, en l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait, qu'une décision implicite de rejet confirmative, insusceptible de rouvrir un délai de recours.
6. Ainsi, les conclusions de M. A tendant à la condamnation du SIAAP à l'indemniser de ses préjudices sont tardives. La requête, manifestement irrecevable, doit donc être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.
Fait à Versailles, le 4 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. Geismar
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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