jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a classé sans suite sa demande de titre de séjour dès lors qu'il n'habitait pas à cette date au domicile indiqué dans sa demande, et l'a invité à se rapprocher de la préfecture de son domicile actuel ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 juillet 2024.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Perez a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 7 juin 1988, est entré en France en janvier 2012 selon ses déclarations. Le 23 octobre 2020, il a demandé au préfet de l'Essonne à bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour. Par un courrier du 13 septembre 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a classé sans suite sa demande.
2. Aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police. ".
3. Pour fonder sa décision de classement sans suite, le préfet de l'Essonne indique qu'il ressort du rapport d'enquête de domiciliation, établi le 31 mai 2022, que M. B ne réside pas à l'adresse indiquée lors du dépôt de sa demande, à savoir chez M. C, à Courcouronnes. Il ressort des pièces du dossier qu'aux termes de l'enquête de domiciliation précitée, il est établi seulement que le nom de M. B, ainsi que le nom de M. C, qui déclare l'héberger, ne figurent pas sur la boîte aux lettres. Toutefois, le requérant produit des courriers qu'il a reçus à cette adresse, à son nom, en provenance de la Banque postale daté du 15 septembre 2021, de la Trésorerie du Val d'Oise du 1er août 2022 et du 22 août 2022. Il produit en outre divers documents sur lesquels est mentionnée son adresse à Courcouronnes, à savoir une attestation de droits émanant de l'assurance maladie éditée le 16 janvier 2022, des bulletins de paie pour la période allant de septembre 2021 à novembre 2022 et un contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société " SK TCM " le 8 octobre 2018. Enfin, l'intéressé a adressé le 28 novembre 2022 un courrier au préfet de l'Essonne, dans lequel il certifie s'être rendu au commissariat, qu'un agent du commissariat aurait contacté le bureau des étrangers de la préfecture pour confirmer sa domiciliation, et auquel il joint une photographie de sa boîte aux lettres avec son nom et celui de son hébergeur. Par suite, M. B est fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il ne résidait pas à l'adresse indiquée dans sa demande. Il y a lieu, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'annuler la décision attaquée.
4. L'exécution du présent jugement implique que la demande de M. B soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder à ce réexamen dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 septembre 2022 du préfet de l'Essonne est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par M. B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
R. Féral, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024,
Le rapporteur,
signé
J-L. Perez
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2209430
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