lundi 16 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2209796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 décembre 2022 et le 30 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Arvis, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2022 par laquelle le maire de Morainvilliers s'est opposé à la déclaration préalable portant sur l'aménagement d'une aire de stationnement, la suppression d'une clôture en bois pour la remplacer en une haie de lauriers et la plantation d'une haie de sapins ;
2°) d'enjoindre au maire de Morainvilliers de prendre une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Morainvilliers une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- le document CERFA joint à la décision en litige ne correspond pas à celui de sa demande mais à celui de Mme A, que la seconde déclaration préalable n'a pas été déposée par lui mais par Mme A, que sa déclaration n'est pas datée du 13 octobre mais du 12 octobre 2022 et que l'arrêté se prononce en se fondant sur les pièces produites par Mme A ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grand Paris Seine et Oise pour la demande relative aux plantations et clôtures végétales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle s'oppose à ces travaux ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 1.2 de la zone NV du règlement du PLUi régissant l'aménagement d'une aire de stationnement en surface ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation si la commune a entendu se fonder sur les dispositions de l'arrêté préfectoral du 2 novembre 1992 approuvant le plan de prévention des risques.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 avril 2024 et le 31 octobre 2024, la commune de Morainvilliers, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'arrêté contesté ne s'est pas opposé à la déclaration préalable en ce qu'elle comporte la plantation d'arbres en lisière de parcelle ;
- il ne se fonde pas sur les dispositions du plan de prévention des risques pour rejeter la demande ;
- il pourra être procédé à une substitution de motifs concernant l'emplacement de l'aire de stationnement en zone NV ;
- l'arrêté peut, par une substitution de motifs, en ce qu'il concerne l'aire de stationnement, être fondé sur les dispositions des articles L. 444-1 et R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marmier,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, représentant le requérant, et de Me Gonnet, représentant la commune de Morainvilliers.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 12 octobre 2022 une déclaration préalable pour réaliser sur la parcelle B 2444 sise route des quarante sous à Morainvilliers l'aménagement d'une aire de stationnement, supprimer une clôture en bois et la remplacer par une haie de lauriers et planter une haie de sapins et de deux pommiers. Il doit être regardé comme demandant l'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2022 par lequel le maire de Morainvilliers s'est opposé à cette demande pour l'ensemble des travaux sollicités.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. "
3. La décision contestée indique la zone du PLUI approuvé par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise où se situe le projet, et indique qu'elle ne respecte pas les dispositions du point 9 du chapitre 1.2 du règlement de la zone AV du plan, dès lors qu'elle répond au besoin privé d'une habitation et ne prend pas en compte l'objectif de la zone AV tendant à la préservation et à la valorisation des espaces dédiés à l'agriculture. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B soutient que le document CERFA joint à la décision en litige ne correspond pas à celui de sa demande mais à celui de Mme A, que la seconde déclaration préalable n'a pas été déposée par lui mais par Mme A, que sa déclaration n'est pas datée du 13 octobre mais du 12 octobre 2022 et que l'arrêté se prononce en se fondant sur les pièces produites par Mme A.
5. Si l'arrêté contesté mentionne dans ses visas les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicables en zone AV et énonce que l'aire de stationnement " ne prend pas en compte l'objectif de la zone AV qui est de préserver et de valoriser les espaces dédiés à l'agriculture " alors que l'emplacement de stationnement sollicité se situe en zone NV, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de celui-ci dès lors qu'il énonce également : " la création de l'aire de stationnement ne respecte pas le cas n°9 du chapitre 1.2 susmentionné puisqu'elle répond à un besoin privé d'une habitation située en zone NV du PLUi ". Ainsi, l'arrêté situe bien le projet d'aire de stationnement en zone NV et apprécie sa légalité au regard des dispositions du règlement de cette zone, qui sont, au demeurant, identiques à celles de la zone AV sans qu'ait d'incidence l'erreur matérielle consistant, après édiction des décisions attaquées, à remettre à chaque pétitionnaire le formulaire CERFA de l'autre déclaration préalable. Dans ces conditions, le moyen soulevé doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1.2 du règlement de la zone NV du PLUi : " Dès lors qu'ils sont compatibles avec l'exercice d'une activité agricole ou pastorale du terrain sur lequel ils sont implantés, et qu'ils ne portent atteinte ni à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, ni à la circulation des engins agricoles, sont admis les constructions, usages des sols et natures d'activités suivants :1.2.1 Dans toute la zone NV () 7. Pour les constructions à destination d'habitation existantes à la date d'approbation du PLUi : () Dans la zone d'implantation sont admises : - l'extension des constructions principales. () - la construction d'annexes nouvelles, à condition que leur emprise au sol cumulée sur le terrain soit au plus égale à 20 m² ; - la réalisation de piscines non couvertes et les piscines couvertes dont la couverture, fixe ou mobile, présente une hauteur au plus égale à 1,8 mètre, ainsi que l'aménagement de courts de tennis non couverts. () 9. l'aménagement d'aires de stationnement en surface, dès lors : que le traitement de ces aires conserve une perméabilité des sols et que sa conception et sa localisation permettent son insertion dans le paysage, et qu'il est nécessaire - soit à l'accueil du public lié à des activités de loisirs ou sportives, - soit à des activités situées dans une zone urbaine à proximité, - soit aux besoins liés à de nouveaux modes de mobilité, - soit à des constructions ou usages des sols autorisés par le présent règlement. "
7. Il résulte de ces dispositions que l'aménagement d'une aire de stationnement en surface est autorisé en zone NV du PLUi lorsqu'elle est nécessaire à des constructions ou usages des sols autorisés dans cette zone qui sont limitativement énumérés par le 7. de l'article 1.2 du règlement de cette zone.
8. Il ressort des pièces du dossier que l'aire de stationnement de 378 m² dont M. B demande la réalisation n'est nécessaire ni à l'extension d'une construction principale, ni à la construction d'annexes nouvelles ni à la réalisation d'une piscine couverte ou non couverte, seuls constructions ou usages des sols autorisés en zone NV du règlement du PLUi. Dans ces conditions, le maire de Morainvilliers a pu à bon droit se fonder sur les dispositions de l'article 1.2 du règlement de la zone NV du PLUi pour s'opposer à la déclaration préalable présentée par M. B.
9. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué ne s'oppose au projet qu'en tant qu'il comprend une aire de stationnement. Par suite, la circonstance que l'arrêté contesté n'oppose pas de motif de refus sur les aspects du projet relatifs aux plantations et clôtures végétales ainsi qu'aux plantations d'arbres est sans incidence sur la légalité de celui-ci. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du PLUi doivent être écartés.
10. En cinquième et dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle est fondée sur les dispositions du plan de prévention des risques doit être écarté comme inopérant dès lors que la méconnaissance de ces dispositions ne constitue pas un motif d'opposition à la déclaration préalable en litige.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Morainvilliers la somme que M. B demande sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'appliquer ces mêmes dispositions au bénéfice de la commune de Morainvilliers.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Morainvilliers tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Morainvilliers.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rollet-Perraud, présidente,
M. Marmier, premier conseiller,
Mme Silvani, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2025.
Le rapporteur,
Signé
A. Marmier
La présidente,
Signé
C. Rollet-PerraudLa greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026