Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A... qui demandait une injonction au préfet de l’Essonne de lui accorder un rendez-vous pour déposer une demande de régularisation. Le juge a considéré que ces conclusions étaient manifestement irrecevables, car elles tendaient à obtenir une injonction à titre principal sans être liées à l’annulation d’une décision administrative préalable. La décision s’appuie sur les articles L. 911-1 et R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, M. B... A... demande au tribunal d’enjoindre au préfet de l’Essonne de lui accorder un rendez-vous afin qu’il puisse déposer une demande de régularisation.
Il fait valoir que ses tentatives pour obtenir un rendez-vous via le site internet de la préfecture sont restées vaines.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jauffret, premier conseiller, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ». Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne dispose pas de pouvoirs d’injonction à titre principal, mais seulement du pouvoir de prescrire à l’administration de prendre les mesures d’exécution nécessairement impliquées par une de ses décisions.
3. En l’espèce, en demandant au tribunal d’enjoindre au préfet de l’Essonne de lui délivrer un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour, sans demander l’annulation d’aucune décision, M. A... présente au tribunal des conclusions tendant à ce que le tribunal prononce des injonctions à titre principal à l’égard du préfet de l’Essonne. Par suite, ces conclusions sont entachées d’une irrecevabilité manifeste et sa requête doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 11 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
E. Jauffret
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.