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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2300022

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2300022

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2300022
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A, qui demandait l’annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de versement du « treizième mois » par la commune de Verrières-le-Buisson. La requête a été enregistrée moins de deux mois après la présentation de sa demande, alors qu’aucune décision implicite de rejet n’était encore née, en application des articles L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration et R. 421-1 du code de justice administrative. Le tribunal a donc prononcé le rejet sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de Verrières-le-Buisson sur sa demande du 2 décembre 2022 de versement du " treizième mois " ;

2°) de condamner la commune de Verrières-le-Buisson à lui verser trois mois de salaire en réparation du préjudice subi.

Elle soutient que, ayant sollicité son départ en retraite anticipé pour invalidité à compter 1er janvier 2023 à la suite d'une maladie professionnelle, elle a continué de faire partie des effectifs de la commune jusqu'à la fin de 2022 et devait bénéficier, en conséquence, du versement d'un " treizième mois " avec sa rémunération du mois de novembre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ". Aux termes de l'article L. 231-4 du même code : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : /() 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ".

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, alors adjointe technique titulaire de la commune de Verrières-Le-Buisson, a, par un courrier du 2 décembre 2022, demandé au maire le versement du " treizième mois " auquel elle estimait avoir droit au titre de 2022. La requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire sur cette demande a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 2 janvier 2023, soit moins de deux mois après la présentation de ladite demande. Par conséquent, à la date à laquelle Mme A a présenté sa requête, aucune décision implicite de rejet n'était encore intervenue. Il en résulte que la requête de Mme A est manifestement irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Verrières-le-Buisson.

Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. Bélot

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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