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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2301322

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2301322

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2301322
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Belot

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a examiné la requête de M. A contestant le retrait de 17 points de son permis de conduire suite à neuf infractions routières. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer pour quatre infractions, les points correspondants ayant été restitués par l'administration. Pour les autres infractions, le juge a rejeté le moyen tiré du défaut de notification des retraits de points, rappelant que cette notification n'affecte pas la légalité des décisions mais seulement leur opposabilité. Enfin, le tribunal a écarté le moyen contestant la réalité des infractions, sans préciser de solution définitive sur ce point dans l'extrait fourni.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 février et 25 mai 2023, M. B A, représenté par Me Spira, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de dix-sept points de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 3 avril 2018, 30 juin 2018, 8 juillet 2019, 25 novembre 2019, 16 juin 2020, 11 avril 2021, 4 mai 2021, 16 novembre 2021 et 11 mars 2022 ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux formé le 10 novembre 2022 à l'encontre de ces décisions de retrait de points ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points retirés à la suite de ces infractions dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;

- il n'a pas reçu l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité de ces infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 3 avril 2018, 30 juin 2018, 16 juin 2020 et 4 mai 2021 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux en tant qu'elle porte sur ces décisions de retrait de points et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les points retirés à la suite des infractions relevées les 3 avril 2018, 30 juin 2018, 16 juin 2020 et 4 mai 2021 ont été restitués ;

- les moyens soulevés par le requérant à l'encontre des autres décisions de retrait de points ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bélot a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a commis les 3 avril 2018, 30 juin 2018, 8 juillet 2019, 25 novembre 2019, 16 juin 2020, 11 avril 2021, 4 mai 2021, 16 novembre 2021 et 11 mars 2022 neuf infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de dix-sept points sur son permis de conduire. M. A a formé le 10 novembre 2022 un recours gracieux à l'encontre de ces décisions de retrait de points, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort du relevé d'informations intégral produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer que l'infraction relevée le 3 avril 2018 ne donne plus lieu à retrait de point et que les points retirés à la suite des infractions relevées les 30 juin 2018, 16 juin 2020 et 4 mai 2021 ont été restitués à M. A respectivement les 9 avril 2019, 11 juillet 2021 et 20 mars 2022. Par suite, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ces infractions, lesquelles sont toujours mentionnées sur le relevé d'information intégral, ont eu un effet sur le décompte général des points affectés au permis de conduire de M. A, notamment au regard des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route qui prévoient la possibilité pour le conducteur de récupérer la totalité de ses points dans les cas où il n'aurait pas commis d'infractions dans certains délais, les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions sont sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu de statuer sur ces conclusions ni, par voie de conséquence, sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux du 10 novembre 2022, en tant qu'elle concerne ces décisions de retrait de points, et sur les conclusions à fin d'injonction de restitution de ces points.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité des décisions de retrait de points :

S'agissant de la notification des décisions de retrait de points :

3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de notification de chaque décision de retrait de points ne peut qu'être écarté.

S'agissant de la réalité des infractions :

4. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention de l'exécution d'une composition pénale, la notification d'une condamnation pénale devenue définitive, du paiement de l'amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Quand de telles mentions figurent au relevé d'information intégral relatif à la situation de son permis de conduire, extrait du système national du permis de conduire, l'intéressé ne peut, dès lors, utilement les contredire en se bornant à affirmer qu'il n'a pas payé une amende forfaitaire enregistrée comme payée ou à soutenir que l'administration n'apporte pas la preuve que la réalité de l'infraction a été établie dans les conditions requises par les dispositions précitées. Le titulaire d'un permis de conduire n'établit pas, ainsi qu'il lui incombe de le faire, l'inexactitude d'une telle mention en se bornant à justifier qu'il a présenté un recours contre une condamnation à une date postérieure à celle à laquelle, selon le relevé intégral d'information relatif à son permis, elle a acquis un caractère définitif. Dans l'hypothèse où la juridiction pénale, statuant sur le recours ainsi introduit, le jugerait recevable et annulerait la condamnation postérieurement au rejet par le juge administratif du recours dirigé contre la décision de retrait de points ou celle constatant la perte de validité du permis, il appartiendrait à l'administration de retirer cette décision.

5. D'une part, il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. A que les infractions relevées les 8 juillet 2019 et 11 mars 2022 ont donné lieu, en l'absence du paiement de l'amende forfaitaire afférente dans le délai de quarante-cinq jours, à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée. M. A n'établit pas avoir présenté une requête en exonération ou formé une réclamation. Dès lors, conformément à ce qui précède, la réalité des infractions reprochées à l'intéressé est établie.

6. D'autre part, il résulte du même relevé d'information intégral et d'éléments produits par M. A lui-même que l'infraction relevée le 16 novembre 2021 a fait l'objet d'une ordonnance pénale du 7 février 2023 du tribunal de police de Versailles. Le requérant soutient que la réalité de l'infraction n'est pas établie, la condamnation dont il a fait l'objet n'étant pas devenue définitive, dès lors qu'il a formé opposition à cette ordonnance pénale. Toutefois, l'intéressé ne justifie pas qu'à la date du présent jugement, la condamnation prononcée le 7 février 2023 a été annulée, remettant ainsi en cause le caractère définitif de l'ordonnance pénale. Par suite, la réalité de l'infraction commise le 16 novembre 2021 doit être regardée comme établie au sens des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route.

S'agissant du défaut d'information :

7. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

Quant à l'infraction du 8 juillet 2019 :

8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration contient des indications mettant le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il serait procédé au retrait de points et portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.

9. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral que l'infraction commise le 8 juillet 2019 a fait l'objet d'un procès-verbal électronique et a donné lieu à une amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer a versé à l'instance le bordereau de situation établi le 27 février 2023 par le trésorier des Yvelines, dont il ressort que M. A a payé l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction. M. A, sur lequel repose la charge de la preuve, n'établit ni que cette amende a fait l'objet d'un recouvrement forcé, ni avoir reçu un avis d'amende forfaitaire majorée inexact ou incomplet. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'informations lors de la commission de cette infraction doit être écarté.

Quant aux infractions des 25 novembre 2019 et 11 avril 2021 :

10. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que les infractions commises les 25 novembre 2019 et 11 avril 2021 ont été constatées par un radar automatique et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Si ces mentions établissent la réalité de ces infractions en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route, elles ne permettent pas d'établir que M. A aurait reçu les avis de contravention comportant les informations exigées par l'article L. 223-3 du code de la route. En conséquence, à défaut pour le ministre, à qui incombe la charge de la preuve, de produire notamment une attestation de situation du trésorier principal du contrôle automatisé permettant d'établir que le contrevenant se serait acquitté des amendes forfaitaires majorées et aurait en conséquence nécessairement eu connaissance de ces titres exécutoires, M. A est fondé à soutenir que ces décisions de retrait de points sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière.

Quant à 1'infraction du 16 novembre 2021 :

11. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-14 du même code, issu d'un arrêté du 2 juin 2009, ultérieurement reprises à l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

12. Lorsqu'une infraction entraînant retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme à ces dispositions, dont la mise en œuvre a été généralisée à l'occasion d'une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

13. Il résulte de l'instruction que M. A a apposé sa signature sur le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de l'infraction constatée le 16 novembre 2021. Il est ainsi établi que M. A a reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le retrait de points correspondant à cette infraction.

Quant à l'infraction du 11 mars 2022 :

14. Ainsi qu'il a été dit au point 12, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Enfin, la mention " N/A " possède également la même valeur probante durant toute la période d'application des règles sanitaires, dès lors qu'elle permet d'attester que le contrevenant a pu prendre connaissance de ces informations, sans qu'il ait eu à apposer sa signature sur le document.

15. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit une copie du procès-verbal électronique afférent à l'infraction du 11 mars 2022, qui est revêtu de la mention " N/A " pour indiquer la non-apposition de la signature en raison des règles sanitaires pour lutter contre le Covid-19 et qui comporte l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Les mentions de ce procès-verbal, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, attestent ainsi que l'administration s'est acquittée envers l'intéressé, lors de l'établissement de ce procès-verbal, de son obligation de lui délivrer les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points à la suite de l'infraction du 11 mars 2022 serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de trois points consécutives aux infractions commises les 25 novembre 2019 et 11 avril 2021.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours gracieux :

17. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur le recours gracieux formé le 10 novembre 2022 par M. A à l'encontre des décisions de retrait de points doit être annulée en tant qu'elle concerne les décisions consécutives aux infractions relevées les 25 novembre 2019 et 11 avril 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Si l'annulation contentieuse d'une décision ou de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre, et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé, dans la limite de douze points, le bénéfice des trois points irrégulièrement retirés à la suite des infractions relevées les 25 novembre 2019 et 11 avril 2021 et de réexaminer la situation de M. A dans le sens des observations qui précèdent, en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais de l'instance :

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, en tant qu'elles portent sur les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 3 avril 2018, 30 juin 2018, 16 juin 2020 et 4 mai 2021 et sur la décision implicite de rejet du recours gracieux du 10 novembre 2022, en tant qu'elle concerne ces décisions de retrait de points, ni sur les conclusions à fin d'injonction de restitution de ces points.

Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait de trois points sur le capital du permis de conduire de M. A à la suite des infractions commises les 25 novembre 2019 et 11 avril 2021 et la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur le recours gracieux formé le 10 novembre 2022 par M. A, en tant qu'elle concerne ces deux décisions, sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. A le bénéfice des trois points illégalement retirés et de réexaminer, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sa situation pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son permis de conduire.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. BélotLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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