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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2301603

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2301603

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2301603
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus de la DGFIP de lui permettre d’utiliser exclusivement son nom d’usage sur l’ENSAP. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n’a pas produit la décision attaquée, malgré une demande de régularisation. Le document fourni, un courriel du Défenseur des droits, ne constitue pas la décision administrative contestée. La solution est fondée sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 février et 21 avril 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 décembre 2022 par laquelle la direction générale des finances publiques (DGFIP) a rejeté sa demande tendant à l'usage exclusif de son nom d'usage sur le site de l'Espace numérique sécurisé des agents publics de l'Etat (ENSAP) ;

2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la mise à jour de son compte sur le site de l'ENSAP sans délai, conformément à la loi du 4 août 2014 relative à l'égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jauffret, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Le premier alinéa de l'article R. 412-1 du même code dispose que : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 612-1 dudit code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Aux termes de l'article 38 de la loi organique susvisée du 29 mars 2011 : " Le Défenseur des droits, ses adjoints, les autres membres des collèges, les délégués et l'ensemble des agents placés sous son autorité sont astreints au secret professionnel pour les faits, actes ou renseignements dont ils ont connaissance en raison de leurs fonctions, sous réserve des éléments nécessaires à l'établissement des avis, recommandations, injonctions et rapports prévus par la présente loi organique ".

4. En l'espèce, Mme B soumet au tribunal un litige l'opposant à la direction générale des finances publiques et portant sur le rejet de sa demande tendant à l'usage exclusif de son nom d'usage sur le site de l'ENSAP. A l'appui de sa requête, l'intéressée n'a toutefois pas produit la décision attaquée, mais ses diverses démarches auprès de l'administration. En réponse à la demande de régularisation qui lui a été adressée par courrier du 6 avril 2023 et dont elle a accusé réception le 13 avril suivant, Mme B a produit un courrier électronique du défenseur des droits. Ce dernier l'informe, d'une part, qu'un courrier transmis à ses services par la DGFIP dans le cadre d'un litige n'est pas une décision contestable, et d'autre part, que les échanges entre ses services et une administration sont couverts par la confidentialité. Eu égard à son contenu, ce document ne saurait constituer la décision administrative attaquée et sa production n'a pas eu pour effet de régulariser la requête. Par suite, et alors que Mme B n'établit pas ni même n'allègue être dans l'impossibilité de produire la décision attaquée, sa requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Versailles, le 17 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

E. Jauffret

La République mande et ordonne au ministre délégué aux comptes publics en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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