mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BOIARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 avril 2023 et le 17 février 2024, M. C A, représenté par Me Boiardi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne ou à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il n'est pas établi qu'un rapport médical sur son état de santé a bien été établi par le médecin instructeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), que ce rapport a été transmis au collège des médecins de l'OFII préalablement à leur avis et que le médecin instructeur n'a pas siégé dans le collège des médecins de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale car fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale car fondée sur obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet de l'Essonne a produit des pièces qui ont été enregistrées le 13 mai 2024.
Le préfet de l'Essonne a produit un mémoire, enregistré le 17 juin 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Par une décision du 7 novembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Versailles, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par ordonnance du 19 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, le 19 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Féral, président-rapporteur,
- les observations de Me Boiardi, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A ressortissant pakistanais né le 16 juin 1971, est entré en France le 14 décembre 2015 selon ses déclarations. L'intéressé s'est vu remettre un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable du 10 mai 2019 au 9 juin 2020, puis une carte de séjour pluriannuelle valable du 11 juin 2020 au 10 juin 2022. Le 4 juillet 2022, M. A a sollicité, auprès des services de la préfecture de l'Essonne, le renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté du 24 mars 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. Par un arrêté n° 2023-PREF-DCPPAT-BCA-049 du 28 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de l'Essonne spécial n° 029 du 1er mars 2023, M. D B, directeur de l'immigration et de l'intégration à la préfecture de l'Essonne, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les arrêtés, actes, décisions dans les matières ressortissant à ses attributions, au nombre desquels figurent les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 dudit code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision attaquée fait référence aux dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles elle a été prise et vise les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle fait mention de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et l'intégration (OFII) du 10 janvier 2023 selon lequel l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, peut toutefois bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Elle précise, en outre, qu'après examen de la situation de l'intéressé, aucun élément de son dossier ni aucune circonstance particulière ne permet de s'écarter de cet avis. L'arrêté précise également que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents et son frère ainsi que ses trois enfants mineurs et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de quarante-quatre ans. Dans ces conditions, la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, qui n'a pas à reprendre l'ensemble des éléments propres à la situation du requérant, énonce les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui permettent notamment à l'intéressé de connaître et de comprendre la base légale et les motifs du refus qui lui a été opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins () émet un avis () précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été pris au vu de l'avis du collège des médecins de l'OFII, émis le 10 janvier 2023, produit à l'instance, et que cet avis a été pris par un collège de trois médecins, au vu du rapport préalablement transmis, le 28 novembre 2022, par un médecin instructeur qui n'a pas siégé au sein de ce collège. Il convient par suite d'écarter le moyen tiré du vice de procédure.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
9. En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour en litige a été prise au visa de l'avis du 10 janvier 2023 par lequel le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, celui-ci peut y bénéficier d'un traitement approprié. Pour contester cette appréciation que le préfet de l'Essonne s'est appropriée, M. A produit des certificats médicaux desquels il ressort qu'il souffre tout d'abord d'un diabète de type 2, pour lequel il bénéficie d'une prise en charge médicale spécialisée au sein du service d'endocrinologie et de diabétologie du Centre hospitalier sud francilien, mais également d'une affection cardiaque, aggravée par une hypertension et une hypercholestérolémie et enfin d'affections secondaires à son diabète. Si les documents médicaux produits démontrent que son état de santé nécessite un traitement médicamenteux quotidien comprenant de nombreuses substances et un suivi médical, ils n'indiquent toutefois pas que ce traitement médicamenteux et le suivi qu'il doit effectuer ne seraient pas disponibles dans son pays d'origine. A cet égard, si l'intéressé fait valoir que plusieurs molécules utilisées dans le traitement médicamenteux qu'il suit concernant son diabète et affectations cardiovasculaires dont il est atteint ne figurent pas sur la liste des médicaments essentiels définie par les autorités pakistanaises en date du 31 décembre 2021, il n'établit toutefois pas que ces molécules ne pourraient être remplacées par un médicament générique ou d'autres molécules équivalentes qui figurent sur cette liste. Par ailleurs, en se bornant à faire état de la situation générale de l'offre de soins au Pakistan, il n'apporte pas la preuve de ce qu'il ne pourrait bénéficier de manière effective d'un traitement approprié dans son pays d'origine en l'absence d'éléments précis, objectifs et actualisés de nature à contredire l'appréciation du collège de médecins de l'OFII aucun élément concret, actuel et circonstancié. Enfin, s'il soutient qu'il ne pourrait accéder effectivement à un traitement approprié dans son pays d'origine, le requérant, qui au demeurant ne fournit pas de précisions sur ses moyens financiers dans son pays d'origine où il n'est pas dépourvu d'attaches familiales, n'établit pas que le système de santé pakistanais ne prévoit pas de prise en charge des malades sans ressources. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne a méconnu les stipulations précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou qu'il aurait entaché la décision en litige d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions en estimant qu'il pouvait bénéficier d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine.
10. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises à l'article L. 423-23 de ce code. Le préfet de l'Essonne n'était dès lors pas tenu d'examiner d'office s'il était susceptible de remplir les conditions en vue de la délivrance d'un titre sur ce fondement, ce qu'il n'a d'ailleurs pas fait. Dans ces conditions, il ne peut utilement soutenir que la décision de refus de séjour méconnaîtrait ces dispositions. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
12. M. A soutient que, outre la nécessité pour lui de rester en France pour suivre son traitement médical, il justifie d'une insertion professionnelle depuis mars 2020. Si l'intéressé produit certes des contrats de travail à durée indéterminée conclus en mars 2020 et en juin 2020 avec deux entreprises et un contrat à durée déterminée conclu pour la période d'octobre 2020 à janvier 2021 avec une troisième, il ne joint toutefois pas les bulletins de salaire afférents à ces contrats et ne justifie donc pas de sa durée de travail au cours de cette période. Ainsi, l'intéressé qui démontre seulement par les documents qu'il produit avoir exercé une activité professionnelle de peintre auprès de la société " RES " depuis le mois de mai 2022, ne justifie pas d'une insertion sociale ancienne et stable à la date de la décision attaquée. En outre, il ne justifie d'aucune insertion sociale autre que l'insertion professionnelle dont il se prévaut. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui se déclare sans charge de famille en France, n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents, son frère ainsi que ses trois enfants mineurs âgés de dix-sept, seize et treize ans à la date de la décision attaquée et où lui-même a toujours vécu avant son arrivée en France à l'âge de quarante-quatre ans. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, il n'est pas établi que l'intéressé ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à ses pathologies dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision de refus de séjour litigieuse est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est illégale.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
14. En premier lieu, la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte dès lors qu'il ressort de ce qui est énoncé précédemment que la décision portant refus de titre de séjour est elle-même motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a obligé le requérant à quitter le territoire français doit être écarté.
15. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé doit être écarté.
16. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 13, que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire national.
17. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 9, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 12, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire.
20. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. M. A soutient qu'il craint de retourner au Pakistan du fait de l'impossibilité de pouvoir bénéficier de manière effective d'un traitement approprié à sa pathologie. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le requérant n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier de manière effective d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 24 mars 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Bartnicki, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
Le Président-rapporteur,
Signé
R. Féral
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
A. BartnickiLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026