lundi 28 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BECAM MONCALIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 8 mai 2023, le 28 mai 2024 et le 9 janvier 2025, Mme D G, M. B F, Mme C A et M. Jean-Pierre Granjean, représentés par Me Moncalis, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Sermaise a refusé de publier leur tribune dans le magazine municipal ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Sermaise de publier le jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sermaise une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- l'espace de 1 500 signes réservé aux conseillers municipaux d'opposition dans le magazine municipal, conformément à l'article 27 du règlement intérieur du conseil municipal, est insuffisant et méconnaît l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales ;
- la décision de refus de publication n'est pas justifiée et porte atteinte à la liberté d'expression des conseillers municipaux d'opposition.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 21 septembre 2023 et le 2 décembre 2024, la commune de Sermaise, représentée par Me Panassac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose trois fins de non-recevoir tirées de l'absence de recours formé contre une décision, de l'absence d'indication des noms et domiciles des parties et de l'absence d'exposé des faits et moyens soulevés, et fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- les observations de Me Panassac, représentant la commune de Sermaise.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D G, M. B F, Mme C A et M. Jean-Pierre Granjean, conseillers municipaux d'opposition de la commune de Sermaise, demandent au tribunal d'annuler la décision du 16 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Sermaise a refusé de publier leur tribune dans le magazine municipal.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable à la date de la décision contestée : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une commune de 1 000 habitants et plus est tenue de réserver dans son bulletin d'information municipale, lorsqu'elle diffuse un tel bulletin, un espace d'expression réservé à l'opposition municipale. Ni le conseil municipal ni le maire de la commune ne sauraient, en principe, contrôler le contenu des articles publiés, sous la responsabilité de leurs auteurs, dans cet espace. Il en va toutefois autrement lorsqu'il ressort à l'évidence de son contenu qu'un tel article présente un caractère manifestement outrageant, diffamatoire ou injurieux au regard des dispositions de la loi du 29 juillet 1881.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le texte adressé par les requérants pour publication mentionnait que la maire s'était arrogée avec sa secrétaire de mairie les quasi pleins pouvoirs sur la gestion et la vie de la commune. Le maire, en tant que directeur de la publication, a refusé de publier ce texte au motif qu'elle contenait des " propos diffamatoires à l'encontre d'un agent territorial qui a droit à être protégé contre la vindicte ". En effet, le texte refusé par le maire, qui constitue une mise en cause de la manière de servir de la secrétaire de mairie, facilement identifiable dans une petite commune, porte directement atteinte à sa réputation en tant qu'agent public et revêt, dans ces circonstances particulières, un caractère manifestement outrageant et diffamatoire. Par suite, le maire de la commune de Sermaise a pu, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, refuser de publier en l'état le texte proposé initialement par les requérants.
5. D'autre part, si les requérants excipent de l'illégalité de l'article 27 du règlement intérieur limitant à 1 500 signes l'espace d'expression accordé aux conseillers municipaux n'appartenant pas à la majorité municipale, ce moyen doit être écarté comme inopérant dès lors que c'est le contenu même de la tribune, et non son format, qui a motivé le refus de publication contesté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de Mme G, M. F, Mme A et M. E doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et en ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune de Sermaise au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G, M. F, Mme A et M. E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sermaise au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D G, M. B F, Mme C A et M. H E et à la commune de Sermaise.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Sauvageot, présidente,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2025.
La rapporteure,
signé
F. Lutz La présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 230371
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026