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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303716

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303716

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303716
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Belot

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette l'opposition formée par M. B contre une contrainte de Pôle emploi (France Travail) visant à recouvrer un trop-perçu d’allocation de solidarité spécifique de 21 677,02 euros pour la période de septembre 2017 à août 2021. Le requérant soutenait avoir été mal informé par un conseiller sur l’obligation de déclarer son activité salariée d’éducateur sportif. Le tribunal applique les articles L. 5425-1 et R. 5425-2 du code du travail, qui limitent à trois mois le cumul de cette allocation avec une activité professionnelle, et constate que l’intéressé a exercé une activité continue. Faute de preuve d’une déclaration initiale ou d’une information erronée de l’administration, la contrainte est validée et l’opposition rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2023, M. A B forme opposition à la contrainte émise par Pôle emploi le 30 mai 2022 en vue du recouvrement de la somme de 21 677,02 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique, outre la somme de 236,25 euros correspondant aux frais d'établissement de l'acte de poursuite et aux frais de recouvrement.

Il soutient qu'il avait initialement indiqué sur ses déclarations son activité d'entraînement de jeunes et qu'une conseillère de Pôle emploi l'a informé de ce qu'il n'avait pas à déclarer cette activité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, France travail conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bélot,

- les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par une contrainte émise le 30 mai 2022 à l'encontre de M. A B, Pôle emploi, devenu France travail, poursuit le recouvrement de la somme de 21 677,02 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique pour la période du 1er septembre 2017 au 31 août 2021. Par la présente requête, M. B forme opposition à cette contrainte ainsi qu'au recouvrement de la somme de 236,25 euros correspondant aux frais d'établissement de l'acte de poursuite et aux frais de recouvrement.

2. Aux termes de l'article L. 5425-1 du code du travail : " Les allocations du présent titre, à l'exception de celles prévues à la section 2 du chapitre IV, pour les salariés du bâtiment et des travaux publics privés d'emploi par suite d'intempéries, peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite ainsi qu'avec les prestations de sécurité sociale ou d'aide sociale dans les conditions et limites fixées : / () 2° Pour les allocations de solidarité, par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 5425-1 du même code, applicable à compter du 1er septembre 2017 : " L'exercice d'une activité professionnelle ou le fait de suivre une formation rémunérée ne fait pas obstacle à la reprise du versement de l'allocation de solidarité spécifique. / Toutefois, ce versement ne peut être réalisé qu'à l'expiration des droits éventuels aux allocations d'assurance chômage et à la condition qu'il n'intervienne pas plus de quatre ans après la date d'admission à l'allocation considérée ou la date de son dernier renouvellement ". Aux termes de l'article R. 5425-2 de ce code, applicable à compter du 1er septembre 2017 : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette période ". Aux termes de l'article R. 5425-8 duit code, applicable à compter du 1er septembre 2017 : " Les revenus procurés par les activités professionnelles mentionnées aux articles R. 5425-2, R. 5425-6 et R. 5425-7 sont pris en compte pour l'application des conditions de ressources prévues pour le bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique ".

3. Il résulte de l'attestation d'employeur destinée à Pôle emploi, devenu France travail, produite en défense, que M. B a été employé en qualité d'éducateur par le Club Sportif Brétigny Football du 1er septembre 2015 au 20 août 2022. Par suite, en application des dispositions citées au point 2, en vigueur à compter du 1er septembre 2017, il ne pouvait plus, à compter de cette date, bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique, le cumul de cette allocation avec le revenu tiré de l'activité professionnelle étant limité à une période de trois mois. La circonstance que son employeur relevait du secteur associatif est sans incidence sur l'application de ces dispositions. Par ailleurs, M. B ne produit aucun élément de nature à établir qu'il avait initialement indiqué sur ses déclarations les revenus tirés de son activité salariée et qu'il aurait été informé par une conseillère de Pôle emploi, devenu France travail, de ce qu'il n'avait pas à déclarer cette activité. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la créance qui lui est réclamée serait infondée.

4. Il résulte de ce qui précède que l'opposition à contrainte formée par M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à France travail Île-de-France.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. BélotLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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