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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303923

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303923

lundi 12 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303923
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi par M. B A d’une requête en excès de pouvoir visant à annuler la décision du maire de Breuil-Bois-Robert du 6 septembre 2021 refusant de modifier l’usage civil nocturne de la cloche de l’église. Le juge a rejeté la requête comme manifestement irrecevable, en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a estimé que, bien que la décision ne mentionnât pas les voies et délais de recours, M. A en avait eu connaissance le 6 septembre 2021, ce qui déclenchait un délai raisonnable d’un an pour agir. La requête, enregistrée le 15 mai 2023, était tardive, car présentée après l’expiration de ce délai, en méconnaissance de l’article R. 421-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 septembre 2021, par laquelle le maire de Breuil-Bois-Robert a refusé de modifier l'usage civil nocturne de la cloche de l'église du village.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative les présidents de tribunal administratif peuvent rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

4. Si la décision attaquée ne comporte pas mention des voies et délais de recours, le requérant expose lui-même qu'il l'a reçue par courrier le 6 septembre 2021. Cette connaissance de la décision a eu pour effet, en application des principes énoncés au point précédent, de déclencher un délai de recours contentieux raisonnable d'un an. Or, la présente requête, qui tend à l'annulation de cette décision a été enregistrée au greffe du tribunal le 15 mai 2023, soit après l'expiration du délai raisonnable d'un an.

5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête comme manifestement irrecevable sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 12 mai 2025.

La présidente,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303923

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