mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304444 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 avril 2023 par laquelle le directeur territorial délégué Yvelines Centre Est de Pôle emploi, devenu France travail, a rejeté sa réclamation à l'encontre de la décision du 26 janvier 2023 la radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de six mois à compter du 26 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'agence Pôle Emploi, devenu France travail, de Trappes de la réinscrite sur la liste des demandeurs d'emploi et de lui rétablir son droit à l'allocation de retour à l'emploi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée ne comporte pas la mention complète des voies et délais de recours en méconnaissance des dispositions de l'article R. 5412-7-1 du code du travail ;
- elle n'a pas déclaré ses ressources de bonne foi, dès lors qu'elle a été induite en erreur par une personne l'ayant informée qu'elle n'était pas tenue de déclarer les ressources provenant d'un emploi à temps non complet ;
- elle a des difficultés de compréhension et a besoin d'une assistance pour toutes les démarches ;
- la décision attaquée la place dans une situation financière précaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2023, Pôle emploi Île-de-France, devenu France travail Île-de-France, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre le trop-perçu d'allocation d'aide au retour à l'emploi ;
- les conclusions dirigées contre la décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi sont irrecevables, dès lors que la requérante n'a pas effectué la saisine préalable obligatoire de la médiation régionale de France travail Île-de-France dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision initiale prononçant cette radiation ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Aux termes de l'article L. 5412-2 du code du travail, alors en vigueur : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui a fait de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrite sur cette liste ". Aux termes de l'article R. 5412-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1 et L. 5412-2, à l'exclusion des bénéficiaires du contrat d'engagement jeune mentionné à l'article L. 5131-6 pendant la durée dudit contrat ". Aux termes de l'article R. 5412-5 de ce code : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : / () 3° Pendant une période dont la durée est comprise entre six et douze mois consécutifs lorsque sont constatées les fausses déclarations mentionnées à l'article L. 5412-2 ".
3. Mme A B demande l'annulation de la décision du 3 avril 2023 par laquelle le directeur territorial délégué Yvelines Centre Est de Pôle emploi, devenu France travail, a rejeté sa réclamation à l'encontre de la décision du 26 janvier 2023 la radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de six mois à compter du 26 janvier 2023. A l'appui de ses conclusions, Mme B, qui reconnaît ne pas avoir déclaré les ressources de son activité professionnelle entre le 1er octobre 2016 et le 31 mai 2019, fait valoir qu'elle a agi de bonne foi, ayant été induite en erreur par une personne l'ayant informée qu'elle n'était pas tenue de déclarer les ressources provenant d'un emploi à temps non complet. Toutefois, elle n'apporte aucun élément précis et circonstancié sur les conditions dans lesquelles elle aurait reçu cette information et ne produit aucune pièce probante à l'appui de ses allégations. Elle n'apporte pas davantage d'éléments à ses allégations selon lesquelles elle aurait des difficultés de compréhension et besoin d'une assistance pour toutes les démarches. Enfin, outre qu'elle n'apporte aucun élément sur la précarité de sa situation financière résultant de la décision attaquée, cette circonstance est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de cette décision. Il en va de même de la circonstance que la décision attaquée ne comporterait pas une mention complète des voies et délais de recours.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne comporte que des moyens inopérants ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. La requête de Mme B doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à France travail Île-de-France.
Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
S. Bélot
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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