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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2306413

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2306413

mardi 8 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2306413
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrésidente Boukhéloua

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles annule la décision implicite de rejet de la commission de médiation des Yvelines, qui avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de Mme A. La requérante justifiait remplir les conditions prévues aux articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation, étant hébergée depuis plus de dix-huit mois dans un appartement de coordination thérapeutique et devenue autonome. Le tribunal estime que la commission de médiation aurait dû, en principe, faire droit à sa demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2023, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la commission de médiation des Yvelines sur son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.

Elle soutient qu'elle est hébergée en appartement de coordination thérapeutique depuis novembre 2019, qu'étant devenue autonome, elle n'a plus besoin de cet hébergement ni de l'accompagnement qui en dépend et qu'elle aspire à élever ses enfants au sein d'un appartement du parc social.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteura publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Boukheloua a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a saisi, en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la commission de médiation des Yvelines d'un recours, reçu le 27 mars 2023, en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, sans succès. Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande.

2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est () hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale () ".

3. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : () / - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; (). La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus ".

4. Il résulte du II de l'article L. 441-2-3 et de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

5. Mme A justifie, par les pièces qu'elle produit, remplir les critères mentionnés aux articles précités, à savoir être hébergée en appartement de coordination thérapeutique depuis plus de dix-huit mois et être autonome pour accéder à un logement social alors, au surplus, que sa demande de logement social avait une ancienneté de plus de trois ans à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, elle est fondée à soutenir que la décision implicite de rejet contestée doit être annulée.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle la commission de médiation des Yvelines a rejeté le recours gracieux de Mme A est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2025.

La magistrate désignée,

signé

N. Boukheloua La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne à la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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