mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306892 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Gibelin |
| Avocat requérant | VINCENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 août 2023 et 15 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Vincent, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référence " 48 SI " du 24 juillet 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire, ainsi que les décisions ministérielles de retrait de points consécutives aux infractions des 1er juillet, 27 juillet et 17 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de restituer les points retirés et de rétablir la validité de son permis de conduire, dans le délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- les décisions de retraits de points sont irrégulières, dès lors que l'obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route a été méconnue ;
- la décision " 48 SI " devra être annulée par voie de conséquence de ces irrégularités entachant les décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gibelin pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gibelin, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 13 février 1981, a commis une série d'infractions au code de la route, qui ont donné lieu au retrait de la totalité des points affectés à son permis de conduire. Par une décision, référencée " 48 SI ", du 24 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié la perte des points du capital de son permis de conduire, le récapitulatif des décisions antérieures portant retrait de points et a prononcé l'invalidité de son permis de conduire pour défaut de point. Par sa requête, il demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de points.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. (). La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. " et aux termes de l'article L. 223-3 de ce code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. () ".
3. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
En ce qui concerne les infractions des 1er et 27 juillet 2022 :
4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. En outre, la mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Par ailleurs, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
5. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, produit en défense par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que les infractions des 1er et 27 juillet 2022 ont été relevées par procès-verbal électronique et ont entraîné des retraits de trois points chacune sur le permis de conduire de l'intéressé ainsi que l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre produit la copie des procès-verbaux afférents à ces infractions qui ne comportent ni les informations exigées par la loi, ni la signature du requérant, ni même la mention " refus de signer ". Si le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient qu'un avis de contravention comportant l'ensemble des informations exigées a été adressé à M. A pour chacune de ces infractions, il n'établit pas que de tels avis auraient effectivement été reçus par l'intéressé. Par suite, M. A est fondé à soutenir que les décisions ayant retiré des points de son permis de conduire à la suite de ces infractions sont intervenues à la suite d'une procédure irrégulière l'ayant privé d'une garantie, et à en demander l'annulation.
En ce qui concerne l'infraction du 17 novembre 2022 :
6. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée comportant les mentions mettant le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il serait procédé au retrait de points et portant à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Il ressort du relevé intégral d'information que l'infraction du 17 novembre 2022 a été constatée au moyen d'un radar automatique. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient que M. A a été destinataire d'un avis de contravention puis, en l'absence de paiement, d'un titre exécutoire majorant l'amende forfaitaire, comportant l'ensemble des informations requises, par un pli avisé et non réclamé. Il produit la copie de l'avis de réception postal de ce pli à l'adresse de M. A, portant une étiquette adhésive sur laquelle a été cochée la mention " pli avisé et non réclamé ". Toutefois, cet avis de réception ne comporte aucune date de présentation du pli, ne permettant pas de s'assurer que celui-ci a été effectivement présenté à son domicile puis tenu à sa disposition pendant le délai prévu par la règlementation. Dès lors, les mentions figurant sur cette pièce ne permettent pas d'établir que le pli a été régulièrement notifié à M. A. Il n'est par ailleurs ni établi ni soutenu que M. A se serait acquitté du paiement de son amende. Dans ces conditions, l'administration n'apporte pas la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information qui lui incombe. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision de retrait de points correspondant à cette infraction est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière l'ayant privé d'une garantie, et à en demander l'annulation.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré 7 points sur son permis de conduire à la suite des infractions relevées, respectivement, les 1er juillet, 27 juillet et 17 novembre 2022, ainsi que celle, par voie de conséquence, de la décision 48 SI du 24 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
10. L'annulation contentieuse d'une décision ou de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé le bénéfice des points retirés à l'occasion des infractions des 1er juillet, 27 juillet et 17 novembre 2022, et d'en tirer toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré 7 points sur son permis de conduire à M. A à la suite des infractions relevées les 1er juillet, 27 juillet et 17 novembre 2022, et la décision " 48 SI " du 24 juillet 2023 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconnaître à
M. A le bénéfice des points retirés à l'occasion des infractions des 1er juillet, 27 juillet et 17 novembre 2022, et d'en tirer toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. GibelinLa greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026