lundi 7 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2308179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Dadi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 janvier 2023 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la société Europe Services Déchets (ESED), chacun, une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence dès lors que l'inspecteur du travail des Hauts-de-Seine n'était pas territorialement compétent ;
- il n'est pas établi que les éléments portés à la connaissance de l'inspecteur par l'employeur lui aient été communiqués en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- l'ensemble des mandats détenus n'est pas mentionné de sorte qu'il n'est pas établi que l'administration les ait pris en compte dans leur intégralité ;
- la procédure interne à l'entreprise est irrégulière, faute de consultation du comité social et économique ;
- les faits ayant fondé le licenciement sont prescrits ;
- le licenciement est intervenu en méconnaissance du principe non bis in idem dès lors que le pouvoir disciplinaire de l'employeur avait été déjà exercé pour les mêmes faits ;
- les faits ne sont pas constitutifs d'une faute dès lors qu'il était en état de légitime défense ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 18 décembre 2023, la société Europe Service Déchets (ESD), représentée par Me Cap, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive et, subsidiairement, que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertaux,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par la société Europe Services Déchets (EDS), entreprise chargée de la collecte des déchets, par contrat à durée indéterminée à compter du 1er juillet 2013, en qualité de conducteur de matériel de collecte. Il était titulaire d'un mandat de délégué syndical et de représentant syndical au sein du comité social et économique. Il avait également acquis la qualité de conseiller du salarié. Le 10 juillet 2020, la société EDS a sollicité auprès de l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier M. B pour motif disciplinaire. Par une décision du 7 septembre 2020, l'inspectrice du travail a autorisé le licenciement du requérant. Puis, par une décision du 1er décembre 2020, l'inspectrice du travail a retiré la précédente décision et a, à nouveau, autorisé la société EDS à procéder au licenciement de M. B. Par un jugement n°2011507 et 2013450 du 13 octobre 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cette décision et l'intéressé a été réintégré au sein de cette entreprise. Le 10 novembre 2022, la société ESD a, à nouveau, saisi les services de l'inspection du travail et, par la décision du 9 janvier 2023, l'inspecteur du travail a de nouveau autorisé le licenciement de ce salarié. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 9 janvier 2023 a été présentée le 27 février suivant à l'adresse que le requérant avait fait connaître à l'administration, par le préposé du service postal qui a laissé, conformément à la réglementation en vigueur, un avis de mise en instance du pli. Si le pli recommandé a été retourné au service expéditeur le 16 mars 2023 revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ", cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que le délai de recours prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative ait commencé à courir à la date du dépôt de l'avis de mise en instance. La notification mentionnait les délais et les voies de recours ouverts à l'encontre de ladite décision. Or, la présente requête de M. B n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 3 octobre 2023. Ainsi, elle a été présentée tardivement et n'est, par suite, pas recevable.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la requête de M. B doit être rejetée comme irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 800 euros à verser à la société EDS au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la société EDS, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société Europe Service Déchets et à la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités
Délibéré après l'audience du 23 juin 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, président,
Mme Lutz, première conseillère,
M. Bertaux, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2025.
Le rapporteur,
signé
H. Bertaux
La présidente,
signé
J. Sauvageot La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026