jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2308402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Belot |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 octobre 2023 et 26 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de vingt-et-un points de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 27 avril 2014, 24 février 2015, 6 mars 2016, 15 avril 2017, 10 novembre 2018, 2 décembre 2018, 9 avril 2019, 6 mai 2019, 17 mai 2019, 15 mars 2020 et 21 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points retirés à la suite de ces infractions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions successives de retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
- il n'a pas reçu l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 24 février 2015, 10 novembre 2018, 17 mai 2019 et 15 mars 2020, au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision " 48 SI " du 16 mai 2023 en tant qu'elle invalide le permis de conduire du requérant pour solde de points nul et contre la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 2 décembre 2018 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les points retirés à la suite des infractions relevées les 24 février 2015, 10 novembre 2018, 17 mai 2019 et 15 mars 2020 ont été restitués avant l'introduction de la requête ;
- les mentions relatives à la décision du " 48 SI " du 16 mai 2023 et à la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 2 décembre 2018 ont été supprimées du dossier du requérant et, le solde de points du permis de conduire n'étant pas nul, l'administration est réputée avoir retiré la décision " 48 SI " ;
- les moyens soulevés par le requérant contre les autres décisions de retrait de points ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bélot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis les 27 avril 2014, 24 février 2015, 6 mars 2016, 15 avril 2017, 10 novembre 2018, 2 décembre 2018, 9 avril 2019, 6 mai 2019, 17 mai 2019, 15 mars 2020 et 21 mars 2022, onze infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de vingt-et-un points sur son permis de conduire. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Il résulte du dernier état du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. B que les points retirés à la suite des infractions relevées les 24 février 2015, 10 novembre 2018, 17 mai 2019 et 15 mars 2020 ont été restitués à M. B respectivement les 12 novembre 2015, 26 août 2019, 12 février 2020 et 9 mai 2021. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions, enregistrées après la restitution de ces points, sont dépourvues d'objet. Elles sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de restitution de ces points.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte du dernier état du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. B qu'il n'est plus fait mention de l'infraction relevée le 2 décembre 2018, qui ne donne plus lieu à retrait de points. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de trois points consécutive à cette infraction sont sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu de statuer sur ces conclusions ni, par voie de conséquence, sur les conclusions à fin d'injonction de restitution de ces points.
Sur les conclusions à fin d'annulation des autres décisions de retrait de points :
En ce qui concerne la notification des décisions :
4. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Ainsi, le moyen tiré de l'absence de notification de chaque décision de retrait de points ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
5. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention de l'exécution d'une composition pénale, la notification d'une condamnation pénale devenue définitive, du paiement de l'amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Quand de telles mentions figurent au relevé d'information intégral relatif à la situation de son permis de conduire, extrait du système national du permis de conduire, l'intéressé ne peut, dès lors, utilement les contredire en se bornant à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a par suite entraîné l'annulation du titre, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la recevabilité d'une requête en exonération, laquelle est appréciée par l'officier du ministère public sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours.
6. Il résulte du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. B que les infractions relevées les 15 avril 2017, 9 avril 2019, 6 mai 2019 et 21 mars 2022 ont donné lieu, en l'absence du paiement de l'amende forfaitaire afférente dans le délai de quarante-cinq jours, à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée. Si M. B se prévaut de la transmission à l'officier du ministère public, par des courriers du 10 juillet 2023, de réclamations à l'encontre des infractions des 9 avril 2019, 6 mai 2019 et 21 mars 2022 tendant à contester l'imputabilité de ces infractions, ces seules pièces sont insuffisantes à établir que ses réclamations auraient été regardées comme recevables et entraîneraient, par suite, l'annulation des titres exécutoires. Dès lors, conformément à ce qui précède, la réalité des infractions reprochées à l'intéressé est établie.
En ce qui concerne le défaut d'information :
7. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
S'agissant de l'infraction du 27 avril 2014 :
8. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-14 du même code, issu d'un arrêté du 2 juin 2009, ultérieurement reprises à l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
9. Lorsqu'une infraction entraînant retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme à ces dispositions, dont la mise en œuvre a été généralisée à l'occasion d'une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
10. Il résulte de l'instruction que M. B a apposé sa signature sur le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de l'infraction constatée le 27 avril 2014. Toutefois, cette circonstance, eu égard à la date à laquelle cette infraction a été relevée, n'est pas de nature à établir que M. B a reçu l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le retrait de points correspondant à cette infraction. Il n'est pas établi, ni même allégué, que M. B a procédé au paiement de l'amende forfaitaire majorée. Enfin, la seule production d'un bordereau faisant état d'un courrier adressé sans retour " NPAI " ne saurait suffire à établir, faute d'accusé de réception de ce courrier, que l'intéressé a reçu l'avis de contravention ou l'avis de majoration de l'amende forfaitaire. Par suite, il n'est pas établi que M. B a été destinataire des informations préalables requises.
S'agissant de l'infraction du 6 mars 2016 :
11. En l'espèce, d'une part, il résulte des mentions figurant au relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée consécutive à l'infraction relevée le 6 mars 2016 a été émis. Le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que M. B a procédé au paiement volontaire de l'amende correspondant à cette infraction. Il n'établit pas davantage que M. B a reçu, à l'occasion de cette infraction, l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dès lors que le requérant n'a pas apposé sa signature sur le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de cette infraction et que ce procès-verbal ne comporte pas davantage la mention selon laquelle l'intéressé a refusé de signer. Enfin, si le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que M. B a reçu cette information à l'occasion de précédentes infractions commises les 27 avril 2014 et 24 février 2015, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit précédemment, que M. B n'a pas reçu l'information à l'occasion de l'infraction relevée le 27 avril 2014 et que l'infraction relevée le 24 février 2015, consistant en un excès de vitesse inférieur à 20 km/h, n'est pas de même nature que celle relevée le 6 mars 2016, consistant en un défaut de respect de la distance entre véhicules. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme ayant reçu l'intégralité de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier celle relative au nombre de points retirés en cas d'établissement de la réalité de l'infraction constatée, préalablement à l'intervention de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 6 mars 2016.
S'agissant de l'infraction du 15 avril 2017 :
12. Il résulte de l'instruction que M. B a apposé sa signature sur le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de l'infraction constatée le 15 avril 2017. Il est ainsi établi que M. B a reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route avant le retrait de points correspondant à cette infraction.
S'agissant de l'infraction du 9 avril 2019 :
13. Il résulte des mentions figurant au relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B que le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée consécutive à l'infraction relevée le 9 avril 2019 a été émis. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit l'avis de réception du courrier par lequel l'avis de majoration de l'amende forfaitaire relative à cette infraction a été adressé à M. B. Il ressort des mentions figurant sur cet avis, à savoir " Présenté/Avisé le 9/7/19 " et " Pli avisé et non réclamé " que M. B a été avisé de ce courrier le 9 juillet 2019 et s'est abstenu de le récupérer. Par suite, M. B doit être regardé comme s'étant vu régulièrement notifié le 9 juillet 2019 cet avis, qui comportait l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le moyen tiré du défaut d'information préalable doit, dès lors, être écarté.
S'agissant de l'infraction du 6 mai 2019 :
14. La seule circonstance que le contrevenant n'a pas reçu les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la constatation d'une infraction n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
15. En l'espèce, il résulte des mentions figurant au relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de l'intéressé que l'infraction commise par M. B le 6 mai 2019, consistant en un excès de vitesse d'au moins 20 km/h et inférieur à 30 km/h, est de même nature que celle commise le 15 avril 2017. Ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant a signé le procès-verbal établi par voie électronique à la suite de l'infraction du 15 avril 2017 et a, par conséquent, reçu à cette occasion l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Eu égard au caractère récent de cette infraction, le moyen tiré du défaut d'information préalable au retrait de points consécutif à l'infraction du 6 mai 2019 doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 21 mars 2022 :
16. Il résulte de l'instruction, notamment de l'examen du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B et de l'attestation de paiement établie le 6 décembre 2023 par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé, que M. B a payé l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction commise le 21 mars 2022. M. B n'établit pas que ce paiement résulterait d'un recouvrement forcé. Dans ces conditions, il doit être regardé comme ayant nécessairement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à cette infraction. Par ailleurs, il ne démontre pas, ni même ne soutient, qu'il aurait été destinataire d'un document inexact ou incomplet. Par suite, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée de son obligation d'information.
17. Il résulte tout de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de six points consécutives aux infractions commises les 27 avril 2014 et 6 mars 2016.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Si l'annulation contentieuse d'une décision ou de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre, et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé, dans la limite de douze points, le bénéfice des six points irrégulièrement retirés à la suite des infractions relevées les 27 avril 2014 et 6 mars 2016 et de réexaminer la situation de M. B dans le sens des observations qui précèdent, en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction relevée le 2 décembre 2018, ni sur les conclusions à fin d'injonction de restitution de ces points.
Article 2 : Les décisions de retrait de six points consécutives aux infractions commises les 27 avril 2014 et 6 mars 2016 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. B le bénéfice des six points illégalement retirés et de réexaminer, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sa situation pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son permis de conduire.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
S. BélotLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026