LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2308410

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2308410

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2308410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7éme chambre
Avocat requérantSCP BENSIMHON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles annule l'arrêté du préfet de l'Essonne du 24 avril 2023 interdisant à M. B... d'exercer des fonctions d'enseignement ou d'encadrement sportif pendant trois mois. Le tribunal juge que les faits reprochés, une relation amoureuse avec une jeune femme majeure rencontrée dans le cadre sportif, ne sont pas suffisamment établis pour caractériser un danger pour la santé ou la sécurité morale des pratiquants au sens de l'article L. 212-13 du code du sport. Il relève notamment que la plainte pour viol a été classée sans suite et que l'intéressé n'exerçait pas d'autorité directe sur la plaignante. La décision est entachée d'une erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 octobre 2023, le 17 janvier 2024 et le 5 mars 2024, M. C... B..., représenté par Me Bensimhon, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté n°2023-SDJES-91-006 du 24 avril 2023 par lequel le préfet de l’Essonne l’a interdit pendant trois mois d’exercer les fonctions mentionnées à l’article L. 212-1 du code du sport ;

2°) de condamner l’Etat aux dépens ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 15 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’erreur d’appréciation et d’erreur de qualification juridique des faits ; la plainte pour viol déposée contre lui a été classée sans suite ; sa relation avec la plaignante relevait de la sphère privée ; elle était pleinement consentie, à l’initiative de la plaignante et entre deux individus majeurs, nonobstant leur différence d’âge ; il n’avait pas d’autorité ni d’influence sur elle et n’était ni son président de club, ni son professeur ; les attestations produites démontrent qu’il est intègre ; l’interdiction ne pouvait être basée sur la crainte d’une rencontre avec la plaignante puisque celle-ci est décédée avant l’édiction de la décision en litige.




Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 novembre 2023, 13 février 2024 et 15 mars 2024, la préfète de l’Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de M. Le Vaillant, rapporteur public,
- et les observations de Me Bensimhon, représentant M. B..., et de M. D..., représentant la préfète de l’Essonne.


Considérant ce qui suit :

1. M. C... B... a été, de 2002 à 2022, président à titre bénévole du club d’aïkibudo de Grigny. Il a fait l’objet d’une suspension provisoire en urgence de tout activité sportive par arrêté du préfet de l’Essonne du 9 août 2022. Par arrêté du 24 avril 2023, le préfet de l’Essonne lui a fait interdiction d’exercer toute fonction d’enseignement, d’animation ou d’encadrement d’une activité physique ou sportive pour une durée de trois mois. Son recours gracieux ayant été rejeté par le préfet de l’Essonne, M. B... demande par sa requête l’annulation de ce dernier arrêté.

2. Aux termes de l’article L. 212-13 du code du sport : « L'autorité administrative peut, par arrêté motivé, prononcer à l'encontre de toute personne dont le maintien en activité constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants l'interdiction d'exercer, à titre temporaire ou définitif, tout ou partie des fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 ou L. 322-7 ou d'intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d'activités physiques et sportives mentionnés à l'article L. 322-1. » Il résulte de ces dispositions que, pour assurer la protection des pratiquants d’une activité physique ou sportive, l’autorité administrative peut interdire à une personne d'exercer une activité d’enseignement, d’animation ou d’encadrement d’une telle activité, une mission arbitrale, une activité de surveillance de baignade ou piscine ouverte au public, ou d'exploiter un établissement dans lequel sont pratiquées des activités physiques ou sportives, lorsque son maintien en activité « constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants ». Une telle interdiction, à finalité préventive, constitue une mesure de police.




3. Par ailleurs, l’autorité de la chose jugée en matière pénale ne s’attache qu’aux décisions des juridictions de jugement qui statuent sur le fond de l’action publique. Tel n'est pas le cas des décisions de classement sans suite prises par le ministère public qui ne s’opposent pas, d’ailleurs, à la reprise des poursuites. Il appartient dans ce cas à l'autorité administrative d'apprécier si les mêmes faits sont suffisamment établis.

4. Pour suspendre M. B... de toute fonction d’encadrement d’une activité sportive pendant trois mois, le préfet de l’Essonne s’est fondé sur la circonstance que celui-ci a noué une relation amoureuse et sexuelle avec Mme A..., qu’il a rencontrée lors de sa pratique de l’aïkibudo et alors qu’il était président du club de Grigny, qu’il était alors âgé de quarante-deux ans tandis que Mme A... n’en avait que dix-huit, et qu’il se déduisait de cette différence d’âge une influence et une emprise qu’il a exercée sur la jeune femme. Toutefois, s’il est vrai que M. B... a rencontré Mme A... à l’occasion de son activité sportive, il ressort des pièces du dossier que Mme A... n’était pas adhérente du club de Grigny dont M. B... était le président mais d’un autre club. Il ressort, en outre, de l’audition administrative de Mme A... que M. B... n’exerçait, selon ses dires, aucun rôle de mentor ni de professeur à son égard et si elle indique qu’il la conduisait à des stages car ils habitaient ensemble, il ne ressort pas des pièces du dossier qu’il ait eu un pouvoir décisionnaire sur sa carrière sportive. Par ailleurs, si Mme A... a évoqué une situation d’emprise ainsi que des faits de viol commis par M. B... à son encontre, il ressort des pièces du dossier que la plainte qu’elle a déposée pour ces faits a été classée sans suite par le procureur de la République d’Evry et la matérialité de ces faits, contestés par M. B..., ne ressort d’aucune des pièces du dossier, la situation d’emprise ne pouvant se présumer du seul fait de la différence d’âge entre eux. M. B... produit à cet égard plusieurs témoignages, des correspondances avec Mme A... et des albums photographiques qui tendent à démontrer l’existence d’une vie amoureuse partagée. Au demeurant, Mme A... a elle-même évoqué lors de son audition être à plusieurs reprises revenue vers M. B..., avoir emménagé à son domicile durant les trois années de leur vie commune et lui avoir régulièrement offert des cadeaux et manifesté des preuves d’amour. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B... ait cherché à séduire une quelconque autre pratiquante sportive qu’il aurait rencontré dans le cadre de ses fonctions. Dans ces conditions, en considérant que le maintien en fonction de M. B... représentait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants, le préfet de l’Essonne a fait des dispositions précitées du code du sport une inexacte application.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l’arrêté du 24 avril 2023 par lequel le préfet de l’Essonne a interdit à M. B... d’exercer les fonctions énoncées à l’article L. 212-1 du code du sport doit être annulé.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens. En revanche, la présente procédure n’ayant occasionné aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par M. B... ne peuvent qu’être rejetées.


D E C I D E :



Article 1er : L’arrêté du 24 avril 2023 n°2023-DSDEN-DJES-91-006 du préfet de l’Essonne est annulé.





Article 2: L’Etat versera à M. B... une somme de 1 800€ (mille huit cents euros) au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative.

Copie en sera transmise à la préfète de l’Essonne.

Délibéré après l'audience du
20 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Lutz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2025.

Le président,
Signé
R. Féral
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz



La greffière,


Signé


C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions