mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2308735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Présidente Boukhéloua |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 octobre 2023 et 3 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 7 août 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de l'invalidation de son permis pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a retiré des points sur le solde de son permis de conduire à la suite des infractions commises les 21 juin 2021, 27 juin 2021, 19 mars 2022, 4 octobre 2022 et 30 janvier 2023 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points correspondant à ces infractions et de rétablir son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas reçu les informations préalables prévues par les dispositions des article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le point retiré au titre de l'infraction du 19 mars 2022 avait été restitué avant l'introduction de la requête ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 10 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 mai 2024 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Boukheloua a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis le 21 juin 2021, le 27 juin 2021, le 19 mars 2022, le 4 octobre 2022 et le 30 janvier 2023, cinq infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " du 7 août 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nuls. M. A conteste la décision référencée " 48 SI " ainsi que les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises le 21 juin 2021, le 27 juin 2021, le 19 mars 2022, le 4 octobre 2022 et le 30 janvier 2023.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A, produit en défense, que le point retiré à la suite de l'infraction constatée le 19 mars 2022, a été restitué en application de l'article L. 223-6 du code de la route, le 13 octobre 2022, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait eu connaissance de cette restitution avant la production, dans le cadre de la présente instance, du mémoire en défense. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait de point sur le permis de conduire de M. A à la suite de l'infraction du 19 mars 2022, ont perdu leur objet et il n'y a, en tout état de cause, pas lieu d'y statuer, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation en tant qu'elles portent sur les retraits de points afférents aux infractions commises les 21 juin 2021, 27 juin 2021, 4 octobre 2022 et 30 janvier 2023 :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9./ Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. / Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 ".
4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Cette information revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
5. En outre, le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.
S'agissant de l'infraction du 4 octobre 2022 :
6. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal électronique relatif à l'infraction relevée le 4 octobre 2022, produit par le ministre de l'intérieur, que M. A a signé, que celui-ci mentionne que l'infraction est susceptible d'entraîner un retrait de points et comporte les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue par les dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 21 juin 2021 :
8. La seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
9. En l'espèce, l'infraction de circulation sur une bande d'arrêt d'urgence du 21 juin 2021 a été constatée par l'intermédiaire d'un procès-verbal électronique mentionnant un retrait de points et a donné lieu à l'émission d'un avis de contravention, comportant l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, l'absence d'information relative à un retour " NPAI " ne saurait suffire à établir, faute d'accusé de réception de ce courrier ou de preuve du paiement de la contravention afférente, que M. A a été destinataire des informations préalables requises par les textes. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
S'agissant des infractions du 27 juin 2021 et du 30 janvier 2023 :
10. L'infraction de non-respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant du 27 juin 2021 et l'infraction d'excès de vitesse d'au moins 30 km/h et inférieur à 40 km/h du 30 janvier 2023 ont été constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Toutefois, le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que M. A a procédé au paiement volontaire de l'amende correspondant à cette infraction. Il n'établit pas davantage que M. A a reçu, à l'occasion de cette infraction, l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme ayant reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à l'intervention de la décision de retrait de points consécutive à cette infraction.
11. Il résulte de qui précède qu'il y a lieu d'annuler seulement les décisions de retraits de points consécutives aux infractions commises par M. A le 21 juin 2021, le 27 juin 2021 et le 30 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation en tant qu'elles portent sur la décision " 48 SI " du 7 août 2023
12. Il résulte de ce qui précède que la décision " 48 SI " du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A fait état des décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. Or aux termes des dispositions du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. En l'espèce, du fait de l'annulation de cette décision, le solde de points du permis de M. A était positif à la date de la décision " 48 SI ". Ainsi cette décision, en tant qu'elle invalide le permis litigieux, doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Si l'annulation contentieuse d'une décision d'invalidation du permis de conduire, à la suite de l'annulation d'une ou plusieurs décisions de retrait de points prises antérieurement, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à M. A le bénéfice des points irrégulièrement retirés et de réexaminer la situation du requérant, en en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du retrait de point consécutif à l'infraction du 4 octobre 2022.
Article 2 : Les décisions de retrait de points consécutives aux infractions du 21 juin 2021, du 27 juin 2021 et du 30 janvier 2023 et la décision référencée " 48SI " du 7 août 2023 invalidant le permis de conduire de M. A sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés à la suite des infractions du 21 juin 2021, du 27 juin 2021 et du 30 janvier 2023 et, de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
La magistrate désignée,
signé
N. Boukheloua La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026