Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre des décisions de retrait de points et d'invalidation du permis de conduire. Le ministre de l'intérieur ayant retiré les décisions litigieuses en cours d'instance, le tribunal a fait droit à l'exception de non-lieu à statuer. En conséquence, il a déclaré qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les demandes d'annulation et d'injonction, et a rejeté la demande d'allocation de frais.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 novembre 2023, M. B... A..., représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision portant retrait de points à la suite de l’infraction du 4 mai 2022 ;
2°) d’annuler la décision « 48 SI » du 4 janvier 2023 par laquelle le ministre de l’intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision portant rejet implicite de son recours gracieux dirigé contre cette décision ;
3°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les points illégalement retirés ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion du retrait de points ;
- la réalité de l’infraction qui lui est reprochée n’est pas établie.
Par un mémoire enregistré le 4 janvier 2024, le ministre de l’intérieur oppose, à titre principal, une exception de non-lieu à statuer.
Il expose que la décision portant retrait de trois points du 4 mai 2022 ainsi que la décision « 48 SI » du 4 janvier 2023 ont fait l’objet d’un retrait en cours d’instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
En application des dispositions de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Hardy pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Le rapport de Mme Hardy a été entendu au cours de l’audience publique.
Aucune des parties n’était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
M. B... A... demande au tribunal, d’une part, d’annuler la décision portant retrait de points à la suite de l’infraction du 4 mai 2022, et, d’autre part, d’annuler la décision « 48 SI » du 4 janvier 2023 par laquelle le ministre de l’intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision portant rejet implicite de son recours hiérarchique dirigé contre cette décision.
Sur l’exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
Il résulte de l’instruction, et notamment du relevé d’information intégral édité le 4 janvier 2024 et versé à l’instance par le ministre de l’intérieur, que toute mention relative à l’infraction du 4 mai 2022 et à la décision « 48 SI » du 4 janvier 2023 a été effacée. Dans ces conditions, et ainsi qu’il le fait valoir en défense sans être contredit, le ministre de l’intérieur a implicitement mais nécessairement retiré les décisions litigieuses. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la requête ainsi que sur les conclusions à fin d’injonction afférentes.
Sur les frais liés au litige :
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme réclamée par M. A... au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et à fin d’injonction de M. A....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.
La magistrate désignée,
signé
M. Hardy
La greffière,
signé
S. Paulin
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.