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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2309815

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2309815

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2309815
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrésidente Rollet-Perraud

Texte intégral

Vu la procédure suivante

Par une requête enregistrée le 22 novembre 2023 transmise au tribunal par une ordonnance du président du tribunal administratif de Nantes du 29 novembre 2023, et des mémoires enregistrés le 26 mars 2024 et le 1er juillet 2024 Mme D C, épouse A B, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé l'échange de son permis de conduire libanais contre un permis de conduire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un permis de conduire français.

Elle soutient que le décès de son mari le 4 octobre 2022 l'a empêchée de procéder dans les délais prescrits aux démarches nécessaires et que l'obtention du certificat d'authentification libanais a été empêchée en raison des multiples grèves des fonctionnaires des services administratifs ; que ces circonstances constituent un cas de force majeure ; qu'un permis de conduire lui est nécessaire pour assurer son autonomie.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de la route,

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désignée Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, épouse A B, ressortissante libanaise, a sollicité le 22 juin 2023 l'échange de son permis de conduire libanais contre un permis de conduire français. Par une décision du 11 juillet 2023, le préfet de la Loire Atlantique a refusé de faire droit à sa demande au motif que celle-ci était tardive. Mme C, épouse A B, a formé un recours gracieux et un recours hiérarchique contre cette décision qui ont été rejetés. Par la présente requête, Mme C, épouse A B demande l'annulation de la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 11 juillet 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3 Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne ni à l'Espace économique européen prévoit que : " I. Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. / II. -()/ B. - Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour. / () ".

3.Il résulte de ces dernières dispositions qu'un ressortissant étranger possédant un visa de long séjour dispose, pour demander l'échange de son permis de conduire, d'un délai d'un an à compter de la date d'apposition sur son passeport de la vignette par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ou de la date de validation du visa au moyen du téléservice prévu par l'arrêté du 13 février 2019 relatif à la validation du visa de long séjour valant titre de séjour.

4. En l'espèce, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger le permis de conduire libanais de Mme C, épouse A B, contre un permis de conduire français au motif que sa demande était tardive. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé AGDREF produit en défense par le préfet de la Loire-Atlantique, que le premier visa de long séjour a été accordé à Mme C, épouse A B, le 7 décembre 2021. Mme C, épouse A B, doit donc être regardée comme ayant acquis sa résidence normale à compter de cette date, et disposait d'un délai d'un an, soit jusqu'au 7 décembre 2022 pour déposer une demande d'échange. Dans ces conditions, la demande d'échange déposée le 22 juin 2023 est tardive. Dès lors, le préfet de la Loire-Atlantique a fait une exacte application des dispositions énoncées au point 2 en rejetant, en raison de sa tardiveté, la demande d'échange de permis présentée par Mme C, épouse A B, le 22 juin 2023.

6.En second lieu, si Mme C, épouse A B, fait valoir que le décès de son mari l'aurait empêchée d'accomplir les diligences nécessaires à l'échange de son permis de conduire libanais en temps utile, que l'obtention du certificat d'authentification libanais a été empêchée en raison des multiples grèves des fonctionnaires des services administratifs et qu'un permis de conduire lui est nécessaire pour assurer son autonomie, de telles circonstances restent toutefois sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet a rejeté sa demande comme tardive.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7.Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C, épouse A B, doivent être rejetées.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C épouse A B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C épouse A B est rejetée. .

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, épouse A B, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. ROLLET-PERRAUD

La greffière,

Signé

S. TRAORELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pouvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2309815

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