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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2400587

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2400587

mercredi 4 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2400587
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme B contestant le retrait de sa subvention "MaPrimeRénov'" par l'ANAH. La requête a été jugée irrecevable pour deux motifs cumulatifs : d'une part, Mme B n'a pas régularisé sa requête après y avoir été invitée, en ne fournissant pas les précisions et pièces nécessaires pour en apprécier le bien-fondé, en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. D'autre part, elle n'a pas exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du directeur général de l'ANAH, imposé par le décret du 14 janvier 2020, ce qui constitue une irrecevabilité manifeste au sens du 4° du même article.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 13 janvier 2024 et le 17 février 2024, Mme A B doit être regardée comme contestant la décision du 16 mai 2023 de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) portant retrait de sa subvention " MaPrimeRénov'".

Par une lettre du 23 janvier 2024, le tribunal a invité Mme B à régulariser, dans le délai d'un mois, en utilisant le formulaire prévu par l'article R. 772-6 du code de justice administrative et en fournissant les éléments nécessaires pour permettre au juge de se prononcer sur sa requête.

La requête a été communiquée à l'agence nationale de l'habitat qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ; ().

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, applicable aux contentieux sociaux dont relève la présente requête : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R.222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Mme B saisit le tribunal d'un litige qui l'oppose à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) relatif au versement de la prime de transition énergétique " MaPrimeRénov ". Au soutien de sa requête elle se borne à soutenir que l'entreprise chargée des travaux de rénovation était certifiée lors de leur réalisation, alors que l'ANAH lui a opposé que cette même entreprise ne possédait pas la certification " Reconnu garant de l'environnement ". Ce faisant, elle n'assortit pas sa requête des précisions et pièces permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par un courrier du 23 janvier 2024, dont elle a accusé réception le 25 janvier suivant, la requérante a été invitée par le greffe du tribunal à compléter sa requête à l'aide d'un formulaire pré-rempli dans un délai d'un mois. Ce courrier l'invitait notamment à préciser les motifs de sa demande et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge des arguments destinés à établir l'illégalité de la décision contestée, et de transmettre à celui-ci tout document utile au soutien de sa demande. Si Mme B a rempli une partie de ce formulaire, elle n'y a toutefois développé aucun moyen et a retourné le document vierge de tout élément permettant au juge d'apprécier le bien-fondé de ses conclusions. Par suite, la requête de Mme B, qui n'a pas été régularisée dans le délai imparti, est irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. En second lieu, aux termes du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administratif. "

5. Il ressort des pièces du dossier que le recours administratif préalable obligatoire, imposé par le décret du 14 janvier 2020 susmentionné dès lors que les usagers souhaitent introduire un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique, n'a pas été produit par Mme B. Dès lors, sa requête, qui de surcroît n'est pas signée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Versailles, le 4 septembre 2024,

Le président,

signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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