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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2401441

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2401441

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2401441
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. B C, qui demandait une injonction à la préfète de l'Essonne pour l'attribution d'un logement. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle tendait à obtenir une injonction adressée à l'administration, ce qui n'est pas recevable en dehors des cas prévus par la loi. De plus, le requérant n'a pas régularisé son recours après y avoir été invité, notamment en ne fournissant pas d'argumentation contre une décision de la commission de médiation. La décision se fonde sur les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 772-6 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2024, M. A B C demande au tribunal d'ordonner à la préfète de l'Essonne de lui attribuer un logement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative habilitent les présidents de tribunal administratif à rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

3. La juridiction administrative ne peut connaître à titre principal que de conclusions tendant soit à l'annulation d'une décision, soit à une demande de condamnation à verser une somme d'argent. Ainsi, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à une autorité administrative.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

5. Alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. B C aurait été reconnu prioritaire par une décision de la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Essonne sur le fondement du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que les conclusions de l'intéressé tendant au prononcé d'une injonction à titre principal à l'égard de l'administration sont manifestement irrecevables. Au demeurant, par un courrier du 20 février 2024, réceptionné le 22 février suivant, le greffe du tribunal a invité le requérant à régulariser son recours en complétant la motivation de sa requête à l'aide notamment du formulaire joint à cet envoi. En dépit de cette demande,

M. B C n'a pas, à l'expiration du délai d'un mois qui lui était imparti, produit devant le tribunal d'argumentation propre à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation du 11 octobre 2023, ni à établir que cette décision serait entachée d'illégalité. Par suite, le requérant n'a pas régularisé son recours dans le délai imparti, ni à la date de la présente ordonnance. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter sa requête en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B C.

Fait à Versailles, le 4 février 2025.

Le président de la 4ième chambre,

Signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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