vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402929 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M.B Ba, représenté par Me Gonidec, doit être regardé comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut " salarié ", dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui remettre, durant le temps de l'instruction de sa demande, un récépissé lui permettant de travailler ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée dans le cadre d'un renouvellement de titre de séjour, y compris quand un changement de statut est sollicité ; il se retrouve ainsi dans une situation précaire et risque de perdre son travail ;
- la mesure est utile dès lors qu'elle apparaît comme l'unique voie de droit lui étant ouverte pour défendre ses intérêts ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, né en 1984, doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer son dossier de demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. M. A qui était titulaire d'un titre de séjour " étudiant ", indique avoir sollicité en 2020 la délivrance d'un titre de séjour " salarié ". Il résulte de l'instruction que le requérant a été reçu en préfecture le 20 mars 2023 où lui a été remis un récépissé valable jusqu'au 19 avril 2023 non renouvelé par la suite. Il résulte également de l'instruction que M. A a sollicité en vain auprès des services de la préfecture par un courriel en date du 3 avril 2024 un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour. Si M. A demande dans la présente instance qu'un rendez-vous lui soit fixé afin de déposer une demande de titre de séjour, il résulte de l'instruction que le précédent titre de séjour dont il était titulaire est expiré depuis le 4 mars 2020. Ainsi, il ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence rappelée au point 4 de la présente ordonnance et qui ne vaut que pour les demandes de renouvellement. Il appartient dès lors à l'intéressé de justifier de circonstances particulières propres à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Si M. A soutient qu'il risquerait de perdre son emploi, il ne justifie pas, par la production de son contrat à durée indéterminée et de bulletins de salaire, que son emploi serait menacé à brève échéance du fait de l'irrégularité de son séjour. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas se trouver dans une situation d'urgence particulière justifiant qu'un rendez-vous lui soit fixé prioritairement par rapport à d'autres ressortissants se trouvant dans la même situation ou permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 12 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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