vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2402958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 et 24 avril 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte, et de lui délivrer un récépissé ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme que le juge des référés jugera utile en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors, d'une part, que l'impossibilité matérielle d'obtenir un rendez-vous afin de déposer un dossier de renouvellement de son titre de séjour porte atteinte à ses droits en la maintenant en situation de séjour irrégulier, en l'empêchant de prétendre à un emploi et de poursuivre son parcours universitaire, et en l'exposant à une situation de grande précarité, et, d'autre part, qu'elle est susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle est nécessaire pour pallier les importants dysfonctionnements induits par la dématérialisation de la procédure de prise de rendez-vous à la préfecture ;
- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer de la requête.
Il fait valoir que l'intéressée a obtenu un rendez-vous le 27 mai 2024 à 9h25 en préfecture.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante mauricienne, née le 18 juillet 2003, déclare être arrivée en France en 2014, à l'âge de treize ans, et avoir été titulaire d'un précédent titre de séjour. Elle expose avoir sollicité, auprès du préfet des Yvelines, par courriels et par l'intermédiaire du site internet de la préfecture, un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Aucun rendez-vous ne lui a été proposé. Elle demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour " vie privée et familiale "et de lui délivrer un récépissé de demande de titre.
2. Dans son mémoire enregistré le 11 avril 2024 et communiqué le 12 avril 2024, le préfet des Yvelines soutient, sans être contredit, que Mme A a été convoquée le 27 mai 2024 à 9 heures 25 afin déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Si les services préfectoraux ont commis une erreur relative au prénom de l'intéressée dans la convocation au rendez-vous du 27 mai 2024, la requérante ne soutient pas, à la date de la présente ordonnance, que le rendez-vous programmé en préfecture n'aurait pas eu lieu, ni que le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui aurait pas été délivré.
3. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme A.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une quelconque somme au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 12 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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