jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 avril et le 27 juin 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 28 mars 2024 ayant rejeté sa demande titre de séjour et l'ayant obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Il soutient qu'il a des biens en France dont il ne peut pas disposer rapidement et bénéficie d'un accord pour suivre un stage qui est essentiel pour sa formation et son insertion professionnelle ; son absence de progression dans ses études précédentes était dû à la difficulté d'un programme de master qu'il devait suivre en parallèle de son travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 juin 2024.
Un mémoire présenté par M. B a été enregistré le 6 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lutz, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 8 avril 1993, est entré en France le 27 août 2015 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Il a ensuite obtenu plusieurs titres de séjour en qualité d'étudiant valables successivement du 26 août 2016 au 25 octobre 2023. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision de la préfète de l'Essonne du 28 mars 2024 ayant refusé de renouveler une nouvelle fois son titre et l'ayant obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".
3. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été inscrit en master 1 " physique fondamentale " à l'université Paris-Sud depuis l'année universitaire 2015 et a été admis en 2018. Il a ensuite été inscrit dans le master 2 " imagerie médicale " de cette même université depuis l'année universitaire 2018-2019 et il est constant qu'il ne l'a pas validé. Il a ensuite été inscrit à l'université de Cergy en master 2 " physique théorique " pendant les deux années suivantes, sans le valider, puis n'a pas été inscrit durant l'année universitaire 2021-2022. Il a ensuite été inscrit au master 2 de " physique fondamentale " de l'université de Tours pour l'année universitaire 2022-2023, dont il n'a validé que le deuxième semestre et a été également ajourné. Pour l'année universitaire 2023-2024, il n'a présenté qu'une attestation afférente à une formation de développement d'application informatique dispensée par une entreprise privée, sans rapport avec le reste de son cursus. Dans ces conditions, la préfète n'a pas fait une inexacte application des textes précités en considérant qu'il ne remplissait plus la condition de progression dans ses études. Au demeurant, M. B ne peut utilement se prévaloir d'une convention de stage conclue sous l'égide de ce même organisme privé dans la mesure où il ressort du programme pédagogique que cette formation doit se dérouler exclusivement en distanciel et ne comprend pas la réalisation d'un stage.
5. En second lieu, si M. B soutient qu'il a des biens en France dont il ne peut rapidement disposer et qu'il aurait besoin de plus de temps pour pouvoir préparer son départ, de telles circonstances ne sont pas par elles-mêmes de nature à entacher d'erreur manifeste d'appréciation la décision d'éloignement prise par le préfet.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403603
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