jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2403824 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, M. A B, représenté par Me Legrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est signé par un auteur incompétent ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Perez a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 9 avril 1987, est entré en France selon ses déclarations le 2 octobre 2019 sous couvert d'un visa court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles en poste en Algérie, valable du 28 septembre 2019 au 8 octobre 2019, et s'est maintenu depuis en situation irrégulière sur le territoire. Il a sollicité le 6 décembre 2023 son admission au séjour en qualité de conjoint de français via la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Par un arrêté du 29 janvier 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de justice administrative dans sa version applicable au litige : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, que M. A B a pris connaissance de l'arrêté du 21 janvier 2024 le 14 février 2024 par la consultation de son espace personnel du téléservice ANEF. Cet arrêté comporte la mention des voies et délais de recours prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les conclusions de M. A B dirigées contre l'arrêté du 29 janvier 2024, enregistrées le 6 mai 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours, sont dès lors tardives et par suite irrecevables, et la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 janvier 2024 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A B, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
J-L Perez
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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