vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2404050 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2000546 du 11 mai 2021, le tribunal administratif de Versailles a annulé la décision du 9 octobre 2019 de la commission de médiation du département de l'Essonne rejetant le recours amiable de M. B A tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, ensemble la décision du 18 décembre 2019 rejetant son recours gracieux, et a enjoint au préfet de l'Essonne de saisir la commission de médiation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement afin qu'elle déclare prioritaire et urgente, sous réserve de changements dans les circonstances de droit et de fait, sa demande de logement.
Par une demande, enregistrée le 2 octobre 2023, M. A demande au tribunal d'enjoindre au préfet de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'exécuter le jugement n°2000546 du 11 mai 2021.
Il soutient que le préfet n'a toujours pas exécuté ce jugement.
Par une ordonnance du 15 mai 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé sur le fondement des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
L'instruction a été close le 11 juillet 2024 par une ordonnance du 25 juin 2024.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de Versailles n° 2000546 du 11 mai 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique, sur sa demande, a été dispensée par la présidente de la formation de jugement de prononcer ses conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique ont été entendus :
- le rapport de Mme Rollet-Perraud, présidente-rapporteure ;
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Selon l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle () / Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ".
2. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
3. La préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit d'observations en défense, ne justifie pas, à la date du présent jugement, de l'exécution du jugement du 11 mai 2021 qui lui a été notifié le jour même, à savoir, avoir saisi la commission de médiation afin qu'elle déclare prioritaire et urgente, sous réserve de changements dans les circonstances de droit et de fait, la demande de logement présentée par M. A. Par suite, il y a lieu de prononcer contre l'État, à défaut pour lui de justifier de l'exécution de ce jugement dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle le jugement aura reçu exécution.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de saisir la commission de médiation du département de l'Essonne dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, afin qu'elle déclare prioritaire et urgente, sous réserve de changements dans les circonstances de droit et de fait, la demande de logement présentée par M. A.
Article 2 : Une astreinte de 50 euros par jour de retard est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai indiqué à l'article 1er.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Essonne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rollet-Perraud, présidente,
Mme Milon, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
C. Rollet-Perraud
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A. Milon
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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