vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2404435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 mai 2024 et le 12 juin 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
2°) d'ordonner le réexamen de sa demande ;
Elle soutient que :
- la décision refusant le renouvellement de son titre étudiant est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le caractère réel et sérieux de ses études ne peut être remis en doute dès lors qu' elle a suivi des cours de français pour l'année 2022/2023, lesquels ont débouché sur l'obtention d'un certificat pratique de langue française B2 et qu'au titre de l'année 2023/2024 elle a suivi des cours de comptabilité et, enfin qu' elle a formé une demande d'inscription au CNAM en double cursus DSCG1 - Master 1 CCA.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maitre, premier conseiller,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante chilienne née en 1973, est entrée en France le 14 novembre 2022 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour renouvelé jusqu'au 13 avril 2024. Elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 mai 2024, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. " Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'au titre de l'année scolaire 2022-2023, Mme B a été uniquement inscrite à des cours de langue française dispensés par l'Alliance française de Paris, à raison d'une moyenne de 9h par semaine jusqu'au mois de mai 2023 puis à raison de 6h en moyenne par semaine, en cours du soir, de mai à novembre 2023. Il ne ressort d'aucune pièce que cette formation était diplômante alors que la requérante n'a passé son certificat pratique de langue française niveau B2 que postérieurement à la décision attaquée le 7 juin 2024 et auprès d'un autre établissement. D'autre part, au titre de l'année scolaire 2023-2024, la requérante ne peut se prévaloir que de l'inscription à un cours pour adultes dispensé par la ville de Paris sur le thème de la comptabilité, à raison de 60 heures de formation sur l'année complète, cette formation n'étant pas davantage diplômante. Enfin, si Mme B fait valoir qu'elle a déposé le 11 juin 2024 une demande de formation auprès du CNAM en double cursus DSCG 1 - Master 1 CCA au titre de l'année universitaire à venir et que cette demande a été acceptée le 30 juin 2024, sous réserve de la validation de ses formations chiliennes, cet élément postérieur à la décision attaquée est en tout état de cause sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, au regard de la faiblesse du volume horaire des formations suivies en 2022-2023 et 2023-2024 et à leur caractère non diplômant, en estimant, à la date de sa décision, que les études poursuivies par Mme B ne présentaient pas un caractère réel et sérieux, le préfet des Yvelines n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Maitre
La présidente,
signé
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
signé
I. de Dutto
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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