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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2404832

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2404832

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2404832
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Caron

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de M. A... qui contestait le refus de la commission de médiation de l’Essonne de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement. La commission avait motivé son rejet par l’absence de transmission, par le requérant, d’une attestation de la caisse d’allocations familiales, pourtant obligatoire en application de l’article R. 441-14 du code de la construction et de l’habitation. Le tribunal retient que M. A... n’établit pas avoir fourni ce document, ni ne le produit en justice, et qu’il n’est donc pas fondé à demander l’annulation de la décision. La solution est fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-14 du code de la construction et de l’habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, M. B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 20 mars 2024 par laquelle la commission de médiation de l’Essonne a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;
2°) d’enjoindre à la commission de médiation de l’Essonne de réexaminer sa demande.

Il soutient que :

- il n’a reçu aucune demande de documents ;
- il a déposé une demande de logement social en octobre 2010 et la renouvelle chaque année, mais deux logements seulement lui ont été proposés.


La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- l’arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caron, première conseillère, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Caron a été entendu au cours de l’audience publique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

M. B... A... a saisi, le 1er décembre 2023, la commission de médiation de l’Essonne d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par une décision du 20 mars 2024, la commission de médiation a rejeté cette demande. M. A... demande l’annulation de cette décision.

Aux termes du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation : « La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social, n’a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l’article L. 441-1-4. / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d’expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l’habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d’un logement décent, s’il a au moins un enfant mineur, s’il présente un handicap au sens de l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles ou s’il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (…) Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d’orientation des demandes qu’elle ne juge pas prioritaires. (…) ».

Aux termes de l’article R. 441-14 du même code : « La commission est saisie par le demandeur dans les conditions prévues au II ou au III de l'article L. 441-2-3. La demande, réalisée au moyen d'un formulaire répondant aux caractéristiques arrêtées par le ministre chargé du logement et signée par le demandeur, précise l'objet et le motif du recours, ainsi que les conditions actuelles de logement ou d'hébergement du demandeur. (…) Le demandeur fournit, en outre, toutes pièces justificatives de sa situation. Les pièces justificatives à fournir obligatoirement sont fixées par l'arrêté précité. La réception du dossier, dont la date fait courir les délais définis aux articles R. 441-15 et R. 441-18, donne lieu à la délivrance par le secrétariat de la commission d'un accusé de réception mentionnant la date du jour de la réception de la demande. Lorsque le formulaire n'est pas rempli complètement ou en l'absence de pièces justificatives obligatoires, le demandeur en est informé par un courrier, qui fixe le délai de production des éléments manquants, délai pendant lequel les délais mentionnés aux articles R. 441-15 et R. 441-18 sont suspendus (…). ».

Aux termes de l’annexe à l’arrêté du 19 avril 2022 portant modification de l’annexe de l’arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l’instruction de la demande de logement locatif social : « (..) III. – Pièces complémentaires que le service instructeur peut demander : (…) prestations sociales et familiales ; (…) ».

Pour rejeter le recours amiable de M. A..., la commission de médiation du département de l’Essonne a relevé que l’intéressé n’avait pas retourné, en dépit de l’envoi d’un courrier de demande de pièces complémentaires le 10 janvier 2024, une attestation de la caisse d’allocations familiales. Si M. A... soutient qu’il n’a jamais reçu le courrier de demande de pièces du 10 janvier 2024, il n’établit pas, ni même n’allègue, qu’il aurait joint le document demandé, pourtant obligatoire, à l’appui de sa demande, et ne le produit pas davantage dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision de la commission de médiation de l’Essonne du 20 mars 2024.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée.

D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de l’Essonne.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2025.


La magistrate désignée,

signé

V. Caron La greffière,

signé

B. Bartyzel


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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