jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juin et 23 décembre 2024, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le moyen invoqué par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gibelin, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante sénégalaise née le 24 février 1994 et entrée en France le 13 octobre 2017, ayant bénéficié d'un visa de long séjour puis de titres de séjour mention " étudiant ", a sollicité le 23 février 2023 un changement de statut afin d'obtenir un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 avril 2024, la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. L'intéressée demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
3. Si Mme A est entrée en France en 2017, et justifie ainsi d'une durée de résidence significative à la date de la décision attaquée, celle-ci s'est intégralement faite sous le statut d'étudiant et ne lui a permis d'obtenir qu'un diplôme d'attachée commerciale en 2023. Il en va de même de son activité professionnelle, uniquement à temps partiel. Par ailleurs, elle ne justifie que d'une vie commune récente, de moins d'un an à la date de la décision attaquée, avec son compagnon, ressortissant mauritanien en situation régulière avec lequel elle a eu un enfant né le 29 juillet 2022 à Longjumeau. Enfin, Mme A, qui ne justifie d'aucune autre attache en France, n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où résident sa mère et sa fratrie et où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Essonne, en refusant de l'admettre au séjour, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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