mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405256 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, la société à responsabilité limitée (SARL) l'Orient, représentée par Me Garnier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le maire de la commune d'Arpajon a prononcé la fermeture de l'établissement qu'elle exploite sous l'enseigne " Mon panier Sympa " entre 19h et 06h00 pour la période du 29 avril 2024 au 30 octobre inclus ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Arpajon une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 juin 2024 sous le n° 2405255 par laquelle la SARL l'Orient demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Féral, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) l'Orient exploite un commerce d'alimentation générale sous l'enseigne " Mon panier Sympa " situé 50 bis, Grande Rue à Arpajon (Essonne). Par la présente requête, la société demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le maire de la commune d'Arpajon a prononcé la fermeture de l'établissement qu'elle exploite sous l'enseigne " Mon panier Sympa " entre 19h et 06h00 du 29 avril 2024 au 30 octobre inclus.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à statuer sur sa demande, la société requérante soutient que l'arrêté en litige affecte gravement sa situation financière, mettant en péril les emplois de ses salariés, et que son maintien risque de conduire à sa cessation définitive d'activité. A l'appui de ses allégations, elle produit une attestation de son comptable selon laquelle les charges fixes et semi-fixes de l'établissement s'élèvent mensuellement à 7 578 euros HT ainsi qu'un document comptable faisant état de ce que son chiffre d'affaires pour le mois de mai 2024 a chuté de 10 000 euros par rapport à celui du mois d'avril 2024 et de 14 000 euros par rapport au même mois de l'année précédente. Elle produit également un document de son centre de gestion bancaire selon lequel le montant de son chiffre d'affaires réalisé par carte bancaire a diminué de 80% environ par rapport à la moyenne hebdomadaire. Toutefois, la société requérante ne produit aucun document comptable et bancaire attestant de sa situation financière et notamment de sa trésorerie ou de son chiffre d'affaires réalisé au cours de l'année 2023 et des quatre premiers mois de l'année 2024 et permettant d'apprécier l'impact de la baisse du chiffre d'affaires qu'elle allègue sur sa situation financière et économique. Elle ne produit pas d'avantage d'éléments comptables démontrant que, malgré la baisse de son chiffre d'affaires constaté au mois de mai 2024, le montant du chiffre d'affaires réalisé au cours de ce mois, soit 36 727,23 euros, ne lui permettrait pas de faire face à ses charges mensuelles. Par ailleurs, la baisse de son chiffre d'affaires réalisé par carte bancaire au cours de deux semaines du mois de juin 2024, ne permet pas davantage, en l'absence d'autres éléments comptables sur le chiffre d'affaires total réalisé au cours desdites semaines, de justifier qu'elle ne pourrait faire face à ses charges mensuelles. Enfin, au demeurant, alors que la mesure de fermeture a été édictée pour une période de six mois, la société requérante a attendu deux mois pour saisir le juge des référés. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions susmentionnées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à susciter, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de la SARL l'Orient doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la modalité définie par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SARL l'Orient.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL l'Orient.
Fait à Versailles, le 2 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
R. Féral
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.
N°2405256
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