vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405332 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Macarez, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du Préfet de l'Essonne lui refusant le renouvellement d'un récépissé de demande de renouvellement d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au Préfet de l'Essonne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement d'une carte de résident l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc, a déclaré être entré en France en 2009. Il a été admis au séjour au titre de l'asile le 23 avril 2010. Il s'est vu délivrer une carte de résident le 24 août 2010 valable jusqu'en 2020. Il en a sollicité le renouvellement le 24 août 2020. Le 17 septembre 2021, l'OFPRA a mis fin à son statut de réfugié. Par une décision du 12 juillet 2022, la CNDA a annulé cette décision. Le 28 juillet 2023, M. A a demandé au préfet de l'Essonne communication des motifs de la décision implicite de refus opposée à sa demande de renouvellement. Par un courrier du 14 novembre 2023, le préfet de l'Essonne a informé M. A de son intention de substituer à sa carte de résident une carte de séjour temporaire et l'a invité à présenter ses observations. Le 30 avril 2024, M. A s'est vu remettre une décision datée du 19 février 2023 portant refus de renouvellement de sa carte de résident et délivrance d'une carte de séjour temporaire d'un an. M. A doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision en tant qu'elle porte refus de renouvellement de sa carte de résident.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision qui lui aurait été remise le 30 avril 2024 portant refus de renouvellement de sa carte de résident, M. A se prévaut d'une situation de refus de renouvellement et évoque la précarité de sa situation. Il est toutefois constant qu'il s'est vu remettre une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 18 février 2025 qui l'autorise à travailler et ne justifie pas en quoi la délivrance d'un tel titre de séjour aurait des conséquences graves et immédiates sur sa situation personnelle ou familiale. Il ne justifie donc pas, en se prévalant de la nécessité de demander le renouvellement de cette carte, d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de rejeter, sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par M. A, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Versailles, le 5 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
O. Mauny
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026