jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, Madame A C demande au tribunal d'annuler la décision de la commission d'appel du collège des Hautes Rayes de Conflans Sainte Honorine ayant refusé l'orientation en seconde générale de son fils E B D et l'ayant orienté en classe de seconde professionnelle.
Elle soutient que, malgré les difficultés qu'il a rencontrées au dernier semestre, liées à des difficultés familiales, son fils possède des compétences et est en capacité de réussir en classe de seconde générale, et qu'il a ainsi travaillé pour rattraper son retard pendant l'été avec l'aide d'une association d'étudiants.
La requête a été communiquée au recteur de Versailles qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction.
Par ordonnance du 6 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Un mémoire présenté par le recteur de Versailles a été enregistré le 19 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lutz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 12 juin 2024, la commission d'appel a refusé de remettre en cause la décision du principal du collège des Hautes Rayes de Conflans-Sainte-Honorine orientant M. E B D en seconde professionnelle pour l'année scolaire 2024-2025. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article D. 331-23 du code de l'éducation : " L'orientation est le résultat du processus continu d'élaboration et de réalisation du projet personnel de formation et d'insertion sociale et professionnelle que l'élève de collège, puis de lycée, mène en fonction de ses aspirations et de ses capacités. La participation de l'élève garantit le caractère personnel de son projet. () / Ce processus prend appui sur le suivi du parcours scolaire de l'élève, qui inclut notamment l'évaluation de la progression de ses acquis, sur son information et celle de ses représentants légaux et sur le dialogue entre ces derniers et les membres de l'équipe éducative. Il se situe dans une perspective de développement des potentialités de l'élève et d'égalité d'accès des filles et des garçons aux formations. ". Aux termes de son article D. 331-30 : " Au cours de l'année terminale du cycle 4 des collèges, le conseil de classe procède à un bilan afin de déterminer si l'élève a atteint les objectifs du cycle considéré. Le résultat de ce bilan est communiqué à l'élève et à ses parents par le professeur principal ". L'article D. 331-31 de ce code poursuit en énonçant que " En fonction du bilan, de l'information fournie et des résultats du dialogue avec les membres de l'équipe éducative, les parents de l'élève () formulent des demandes d'orientation, dans le cadre des voies d'orientation définies par l'arrêté mentionné à l'article D. 331-36. ". L'article D. 331-34 de ce code dispose que : " Lorsque les propositions ne sont pas conformes aux demandes, le chef d'établissement, ou son représentant, reçoit l'élève et ses parents ou l'élève majeur, afin de les informer des propositions du conseil de classe et de recueillir leurs observations. Le chef d'établissement présente, à cette occasion, les recommandations émises par le conseil de classe dans les conditions définies à l'article D. 331-32. / Le chef d'établissement prend ensuite les décisions d'orientation dont il informe l'équipe pédagogique, et les notifie aux parents de l'élève ou à l'élève majeur. () / Les décisions non conformes aux demandes font l'objet de motivations signées par le chef d'établissement. / Les motivations comportent des éléments objectifs ayant fondé les décisions, en termes de connaissances, de capacités et d'intérêts. Elles sont adressées aux parents de l'élève ou à l'élève majeur qui font savoir au chef d'établissement s'ils acceptent les décisions ou s'ils en font appel () ". Enfin, l'article D. 331-35 de ce code dispose que " En cas d'appel, le chef d'établissement transmet à la commission d'appel les décisions motivées ainsi que tous éléments susceptibles d'éclairer cette instance. () . / Les décisions prises par la commission d'appel valent décisions d'orientation définitives "
3. Pour refuser la demande d'orientation de l'enfant E B D en classe de seconde générale et l'affecter en classe de seconde professionnelle, la commission d'appel a relevé que ses résultats scolaires sont trop faibles et que sa posture d'élève est en inadéquation avec les attendus d'une classe de seconde générale. Mme C, qui ne conteste pas les difficultés scolaires qu'a rencontrées son fils lors de l'année écoulée mais les explique par une situation familiale difficile qui a pesé sur sa scolarité, ne remet pas en cause la matérialité des faits relevés par la commission pour porter une appréciation sur les mérites et les aptitudes de l'élève au terme de son année de 3ème. Si elle soutient que son fils a pris des cours durant l'été pour rattraper son retard et qu'il a le niveau et les capacités pour réussir en seconde générale, une telle circonstance, à la supposer établie, est en tout état de cause postérieure à la décision attaquée et donc sans incidence sur la légalité de celle-ci. Dans ces conditions, Mme C n'établit pas que la commission d'appel aurait entaché sa décision d'erreur de fait ou se serait fondée sur d'autres considérations que sur les mérites et aptitudes de son fils.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au rectorat de Versailles.
Délibéré après l'audience du26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le président,
Signé
O. Mauny
Le rapporteur,
Signé
F. Lutz
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405347
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