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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405446

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405446

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405446
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juin 2024, M. A B, représenté par Me Hubert, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de l'Essonne, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de le convoquer en vue de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de sa carte de résident en ce que la procédure est bloquée via l'ANEF et de lui délivrer un récépissé de renouvellement de sa carte de résident dans l'attente de l'instruction de cette demande

3°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle de condamner l'Etat à verser à Me Hubert une somme de 1 200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant syrien né le 29 février 1976, est entré sur le territoire français en 2014 en tant que réfugié et s'est vu délivrer une carte de résident valable du 25 juin 2014 au 24 juin 2024. Il expose avoir reçu le 28 décembre 2022 un accord à sa demande de changement d'adresse sur son titre de séjour mais indique qu'aucune suite n'a été donnée quant à une modification effective de sa carte de résident. Il fait valoir que du fait de l'absence de délivrance de sa carte modifiée, la procédure de renouvellement sur l'ANEF est bloquée. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de le convoquer en vue de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de sa carte de résident et de lui délivrer un récépissé de renouvellement de sa carte de résident dans l'attente de l'instruction de cette demande dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

4. Pour justifier de l'urgence, le requérant fait valoir que sa demande s'inscrit dans le cadre d'une demande de renouvellement de titre de séjour et qu'ainsi l'urgence est présumée. Toutefois, si une telle présomption est caractérisée dans le cadre d'une demande de suspension fondé sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, il appartient à M. B de justifier d'une urgence particulière en application des principes exposés au point précédent. Or, si le requérant fait valoir qu'il a entrepris les démarches de renouvellement dans les délais impartis, et évoque une situation de précarité et un risque d'éloignement, il résulte de l'instruction que M. B n'a saisi le juge des référés que postérieurement à l'expiration de son titre de séjour intervenue le 24 juin 2024. Dans ces conditions, malgré les démarches entreprises auprès de l'administration, il doit être regardé comme à l'origine de la situation d'urgence dont il se prévaut pour demander une décision du juge des référés dans le délai spécifique de quarante-huit heures. Il suit de là que l'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas caractérisée et que les conclusions du requérant doivent être rejetées pour ce motif, l'une des conditions de cet article n'étant pas satisfaite. En outre, en l'absence d'urgence, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celle présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 2 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

Ph. Delage

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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