jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405523 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2024, Mme B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au maire de Corbeil-Essonnes de " donner un droit de réponse de 2 000 signes à l'erreur volontaire sur leur tribune libre de juin 2024, dans le numéro de septembre 2024, en sus de leur tribune libre mensuelle, publié en quatrième de couverture " ;
2°) d'ordonner au maire de Corbeil-Essonnes de répondre à l'intégralité des six questions orales posées à la séance du 5 juin courant du conseil municipal dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement ;
3°) de fixer une astreinte de 100 euros par jour de retard au-delà de ce délai d'une semaine ;
4°) d'ordonner l'abrogation de l'article 8 du règlement intérieur ;
5°) de fixer à trois le nombre de questions orales que chaque conseiller municipal peut poser à chaque séance du conseil municipal ;
6°) de mettre à la charge du maire de Corbeil-Essonnes la somme de un euro en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
7°) de condamner le maire de Corbeil-Essonnes à publier le jugement sur le site internet de la commune (sur la page d'accueil, dès sa réception), en seconde de couverture du numéro de septembre 2024 du journal communal " Imagine Corbeil-Essonnes " et dans l'édition Essonne du Parisien aux frais de la commune.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A saisit le juge des référés en sa qualité de conseillère municipale de la commune de Corbeil-Essonnes.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
4. Pour justifier de l'urgence, la requérante invoque en premier lieu l'urgence d'obtenir un droit de réponse dans la revue municipale suite à une modification qui aurait été opérée du titre de la tribune du groupe auquel elle appartient. Toutefois, il résulte de ses écritures qu'elle considère qu'un erratum dans l'édition de juillet-août, comme proposé par la directrice de la communication, apporterait plus de confusion et qu'elle demande un droit de réponse seulement en septembre 2024. Elle n'établit ainsi pas l'existence d'une urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le délai de quarante-huit heures. En second lieu, Mme A soutient que les six questions orales préparées pour la séance du 5 juin 2024 et qui n'ont pas été traitées au cours de cette séance du conseil municipal appellent une réponse urgente. Toutefois, si elle précise que ces questions portent sur le fonctionnement de la commune, le Centre des Services Techniques Municipal, les conseils de quartier ou le budget principal primitif faisant l'objet de deux recours gracieux, elle ne justifie pas de la nécessité imminente d'une réponse par les seules critiques portées à l'encontre de la gestion municipale.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence qui implique qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Par suite, sa requête doit être rejetée selon la procédure définie à l'article L. 522-3 du code de justice administrative en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Versailles, le 4 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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