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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405576

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405576

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405576
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête de M. A B, ressortissant marocain, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour "salarié" et l'obligation de quitter le territoire français. Le requérant soutenait avoir transmis l'autorisation de travail demandée, mais le juge constate que le moyen invoqué, portant sur un élément de fait, n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête est rejetée car elle ne comporte qu'un moyen manifestement insusceptible de venir au soutien de la demande. La décision rappelle que, selon l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et le code du travail, le titre "salarié" est conditionné à la présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 17 juin 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de réexaminer sa demande.

Il soutient que, contrairement à ce qui est mentionné dans l'arrêté attaqué, il a transmis, le 30 mai 2024, aux services de la préfecture de l'Essonne l'autorisation de travail demandée dans le cadre de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " salarié ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;

- le code du travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles./ Après trois ans de séjour continu en France, les ressortissants marocains visés à l'alinéa précédent pourront obtenir un titre de séjour de dix ans. Il est statué sur leur demande en tenant compte des conditions d'exercice de leurs activités professionnelles et de leurs moyens d'existence () ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord ".

3. L'accord franco-marocain renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre. Il en va notamment ainsi, pour le titre de séjour portant la mention " salarié " mentionné à l'article 3 cité ci-dessus délivré sur présentation d'un contrat de travail " visé par les autorités compétentes ", des dispositions des articles R. 5221-17 et suivants du code du travail, qui précisent les modalités selon lesquelles et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce, au vu notamment du contrat de travail, pour accorder ou refuser une autorisation de travail.

4. Aux termes de l'article R. 5221-17 du code du travail : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code, dans sa rédaction applicable à la date de la décision contestée : " I. Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse () / II. La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. () / La demande peut également être présentée par une personne habilitée à cet effet par un mandat écrit de l'employeur ou de l'entreprise. / Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail ".

5. En application des stipulations et dispositions précitées, le bénéfice de l'article 3 de l'accord franco-marocain est conditionné par la présentation d'un contrat de travail visé par la plateforme interrégionale des services de la main d'œuvre étrangère.

6. Pour demander l'annulation des décisions du 17 juin 2024 par lesquelles la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, M. A B, ressortissant marocain né le 24 août 1989, soutient que, contrairement à ce qui est mentionné dans l'arrêté attaqué, il a transmis, le 30 mai 2024, aux services de la préfecture de l'Essonne l'autorisation de travail demandée dans le cadre de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " salarié ". Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que M. B a conclu un nouveau contrat de travail à compter du 1er février 2022. En application des dispositions combinées des articles R. 5221-1 et R. 5221-17 du code du travail, la conclusion de ce nouveau contrat de travail était subordonnée à une demande d'autorisation de travail. En dépit de plusieurs demandes des services de la préfecture de l'Essonne, M. B n'a pas produit cette autorisation préalablement à l'intervention de la décision de refus de titre de séjour contestée, alors même que son nouveau contrat de travail a débuté plus de deux ans avant cette décision. A l'appui de sa requête, M. B se borne à produire un formulaire de demande d'autorisation de travail qui aurait été transmis à la préfecture de l'Essonne le 30 mai 2024. Un tel document, non daté, incomplètement rempli et non signé par le requérant, n'est pas de nature à mettre en doute l'irrégularité de sa situation au regard de la législation du travail depuis le 1er février 2022. Il en résulte que le moyen soulevé par M. B n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. Bélot

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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