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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405743

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405743

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405743
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant sénégalais, qui demandait d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de se prononcer sur sa demande de titre de séjour ou de lui délivrer une autorisation de travail. Le juge a estimé que ces mesures excédaient sa compétence en référé, car elles ne présentaient pas un caractère conservatoire ou provisoire. En outre, la demande de délivrance d'un récépissé autorisant à travailler a été rejetée, faute pour le requérant de justifier du caractère complet de son dossier et parce que le fondement juridique invoqué (article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) n'ouvre pas droit à une telle autorisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Netry, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de se prononcer dans les plus brefs délais sur sa demande de titre de séjour et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation de travail dans l'attente de l'examen de sa situation :

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il doit bénéficier d'une autorisation de travail afin de pouvoir effectuer un stage nécessaire à la validation de son diplôme universitaire pour l'année 2023-2024 ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il ne peut obtenir son diplôme universitaire sans autorisation de travail et elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête de M. A a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Féral, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 4 novembre 2001, est entré sur le territoire français le 10 octobre 2016 muni d'un visa. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 17 janvier 2022. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de se prononcer sur sa demande de titre de séjour dans les plus brefs délais ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation de travail dans l'attente de l'examen de sa situation.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'une part, si M. A demande qu'il soit enjoint au préfet de l'Essonne de se prononcer sur sa demande de titre de séjour, le prononcé d'une telle mesure, qui ne présente pas un caractère conservatoire ou provisoire, excède la compétence du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il s'ensuit que ces conclusions doivent être rejetées.

5. D'autre part, si M. A demande qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui délivrer une autorisation de travail, le prononcé d'une telle mesure, qui ne présente pas un caractère conservatoire ou provisoire, excède la compétence du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. En tout état de cause, il n'établit ni même n'allègue, qu'un employeur aurait présenté une telle demande d'autorisation de travail auprès des services compétents de la préfecture. L'intéressé doit, en réalité, être regardé comme demandant qu'il soit fait injonction à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Toutefois, en vertu des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour est subordonnée au caractère complet du dossier déposé. En l'état de l'instruction, à défaut de justifier de la complétude du dossier transmis aux services préfectoraux, les conclusions présentées par M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour ne peuvent qu'être rejetées. Au demeurant, il résulte de l'instruction, en particulier de la demande que M. A a présenté le 17 janvier 2022 sur le site demarches-simplifiees.fr, que le requérant a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or, ce fondement, en application des dispositions citées au point précédent de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, n'est pas au nombre de ceux pour lesquels le récépissé autorise son titulaire à travailler.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celle présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

R. Féral

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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