vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405761 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Moncalis, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 21 février 2024 de la directrice de l'établissement public de santé Bathélemy Durand prononçant à son encontre une sanction du 4ième groupe consistant en la révocation ;
2°) de le réintégrer sans délai dans ses fonctions et de reconstituer sa carrière ;
3°) de condamner l'établissement public de santé Bathélemy Durand à lui verser la somme de 3000 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'établissement public de santé Bathélemy Durand aux dépens et aux frais de justice.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige le prive de son emploi et de sa rémunération ; qu'aucune mesure conservatoire n'a été prise afin de faire cesser les troubles qui lui sont reprochés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; elle est insuffisamment motivée ; certains faits qui lui sont reprochés sont prescrits ; les faits fautifs ne sont pas établis ; la sanction prononcée est disproportionnée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire " ;
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
3. En l'espèce, M. B fait valoir d'une part que la décision en litige le prive de son emploi et de sa rémunération et d'autre part qu'aucune mesure conservatoire n'a été prise afin de faire cesser les troubles qui lui sont reprochés. Toutefois le requérant qui a présenté sa requête en référé plusieurs mois après avoir introduit sa requête au fond n'apporte pas d'élément suffisant quant à sa situation personnelle. Surtout les faits qui lui sont reprochés et qui ont justifié la sanction de révocation sont d'une particulière gravité, tant par leur nature que par leur ampleur. La préservation de l'intérêt public qui y est attaché, eu égard au trouble occasionné par les faits s'oppose dès lors au constat de l'urgence alléguée. La condition d'urgence n'étant pas remplie, le requérant ne peut être regardé comme justifiant que les effets de ces dernières sont tels qu'ils caractériseraient une situation d'urgence impliquant que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, que les conclusions de la requête présentée par M. B doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 12 juillet 2024,
Le juge des référés,
signé
P. Ouardes
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405761
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