jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405781 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er décembre 2023 de l'université de Paris-Saclay prononçant son ajournement au terme des épreuves de l'examen d'entrée au centre régional de formation professionnelle des avocats (CRFPA) ;
2°) d'enjoindre à l'université de Paris-Saclay, au besoin sous astreinte, de délibérer à nouveau sur sa situation, " de manière régulière et sur la seule base des résultats d'admissibilité " dans l'attente du jugement statuant sur sa requête au fond.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, l'inscription en école d'avocat intervenant une fois dans l'année, il ne dispose que d'une opportunité annuelle pour accéder à cette formation, de sorte qu'il doit obtenir une décision favorable à bref délai afin de ne pas compromettre son inscription pour l'année en cours et ne pas entraver son projet professionnel ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est également remplie dès lors que le jury du grand oral était irrégulièrement composé, que la délibération procède d'une rupture d'égalité de traitement entre les candidats et que l'épreuve du grand oral s'est déroulée de façon irrégulière, aucune disposition n'ayant été prise pour permettre au public d'y assister.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Milon, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 1er décembre 2023 de l'université de Paris-Saclay prononçant son ajournement au terme des épreuves de l'examen d'entrée au centre régional de formation professionnelle des avocats (CRFPA) et d'enjoindre à l'université de Paris-Saclay, au besoin sous astreinte, de délibérer à nouveau sur sa situation, " de manière régulière et sur la seule base des résultats d'admissibilité " dans l'attente du jugement statuant sur sa requête au fond.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a présenté, le 31 janvier 2024, une requête en annulation contre la décision du 1er décembre 2023 de l'université de Paris-Saclay prononçant son ajournement au terme des épreuves de l'examen d'entrée au CRFPA. Pour justifier de l'urgence à obtenir la suspension de l'exécution de cette décision, M. B fait valoir que l'inscription en école d'avocat intervenant une fois dans l'année, il ne dispose que d'une opportunité annuelle pour accéder à cette formation, et que l'obtention d'une décision favorable à bref délai constitue le seul moyen de ne pas compromettre son inscription pour l'année en cours et ne pas entraver son projet professionnel. Toutefois, le requérant ne fournit aucune précision concernant les dates d'inscription fixées par les écoles de formation des avocats qu'il souhaiterait intégrer. Il ne fournit pas davantage de précision sur sa situation actuelle, et, par suite, n'établit pas que l'impossibilité dans laquelle il se trouverait de présenter une demande d'inscription au sein d'une école de formation des avocats serait susceptible de préjudicier, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme faisant état de circonstances particulières de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Par suite, sa requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Versailles, le 11 juillet 2024.
La juge des référés,
A. Milon
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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