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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405906

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405906

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405906
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationUrgences

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines a mis en demeure les propriétaires et occupants des véhicules et résidences mobiles stationnant illégalement sur les parcelles cadastrées 428 et 429 en bordure de la départementale D65 sur la commune de Breuil-Bois-Robert de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de cet arrêté.

Il soutient que :

- le propriétaire privé des parcelles est d'accord avec l'occupation de son terrain ;

- les occupants ne savent pas où aller et souhaiteraient rester encore deux semaines sur le terrain.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête ne comporte aucun moyen d'annulation ;

- le requérant n'est pas fondé dans ses prétentions, dès lors qu'il a déjà occupé un terrain de la commune l'année dernière, s'est rendu responsable de nuisances à cette occasion, en a déjà été expulsé suite au rejet d'une précédente requête et que l'arrêté litigieux répond à des enjeux de sécurité, de salubrité et de tranquillité publiques.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Virginie Caron, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 779-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 15 juillet 2024 en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Caron, magistrate désignée ;

- les observations de Mme B, représentant le préfet des Yvelines, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 juillet 2024, pris sur le fondement de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, le préfet des Yvelines a mis en demeure tous les occupants sans droit ni titre, installés sur les parcelles privées 428 et 429 en bordure de la départementale D65 sur la commune de Breuil-Bois-Robert, de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures. M. C, qui fait partie de ces occupants, doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " I.- Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie : / 1° L'établissement public de coopération intercommunale a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 () / II.- En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain. / Cette mise en demeure reste applicable lorsque la résidence mobile se retrouve à nouveau, dans un délai de sept jours à compter de sa notification aux occupants, en situation de stationnement illicite sur le territoire de la commune ou de tout ou partie du territoire de l'intercommunalité concernée en violation du même arrêté du maire ou, s'il est compétent, du président de l'établissement public de coopération intercommunale prévu au I et de nature à porter la même atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques. / Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effets dans le délai fixé et n'a pas fait l'objet d'un recours dans les conditions fixées au II bis, le préfet peut procéder à l'évacuation forcée des résidences mobiles, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. / Lorsque le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain fait obstacle à l'exécution de la mise en demeure, le préfet peut lui demander de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l'atteinte à la salubrité, à la sécurité ou la tranquillité publiques dans un délai qu'il fixe. / Le fait de ne pas se conformer à l'arrêté pris en application de l'alinéa précédent est puni de 3 750 euros d'amende. / II bis. - Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le 8 juillet 2024, un groupe de gens de voyage comprenant 8 caravanes et 11 véhicules s'est installé dans un champ situé sur les parcelles précitées pour y résider temporairement. Il n'est pas contesté que les occupants ont raccordé les caravanes à une borne incendie et, par des branchements " de fortune ", à un compteur électrique du domaine public, entrainant, d'une part, un danger d'électrocution pour les passants comme pour les occupants eux-mêmes et, d'autre part, un risque de dégradation de la capacité opérationnelle des services d'incendie et de secours en cas de déclenchement d'un incendie. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les lieux, qui ne bénéficient d'aucune convention de ramassage des ordures ménagères, ne présentent aucun dispositif de stockage des déchets. Ils ne disposent pas non plus de dispositif permettant aux occupants de vidanger les sanitaires chimiques de leurs caravanes. En outre, il n'est pas contesté que l'installation arbitraire est proche d'habitations et que le groupe de M. C a déjà causé, l'an dernier, des nuisances lors d'une précédente installation sur le territoire de la commune justifiant l'intervention des forces de gendarmerie. Enfin, M. C ne peut sérieusement se prévaloir de l'accord du propriétaire du terrain, qui a déposé plainte le 8 juillet dernier auprès de la brigade de gendarmerie de Septeuil suite à l'installation du groupe. Il résulte de tout ce qui précède que l'occupation des parcelles 428 et 429 en bordure de la départementale D65 sur la commune de Breuil-Bois-Robert est de nature à porter atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

V. Caron

La greffière,

signé

S. Paulin

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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