lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405922 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2024, Mme C et M. E demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-2 du code de justice administrative :
1°) à titre principal, de suspendre l'exécution de l'arrêté municipal n° 2024-466 du 11 juillet 2024 portant restrictions temporaires de la circulation et du stationnement dans la 3ème sente des Epinettes à Triel-sur-Seine ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Triel-sur-Seine de prévoir une exception règlementaire, le temps de la durée des travaux, pour les résidents de la 3ème sente des Epinettes, afin qu'ils puissent accéder à la voie publique ainsi qu'à leur domicile, dans un délai de 2 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Triel-sur-Seine de prévoir une exception règlementaire, le temps de la durée des travaux, pour les résidents de la 3ème sente des Epinettes, afin qu'ils puissent stationner dans cette sente, dans un délai de 2 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) à titre accessoire, de condamner la commune de Triel-sur-Seine aux entiers dépens et à verser aux requérants la somme de 1 200 euros en application de l'article L.761-1 du Code de Justice Administrative, au titre des frais exposés dans la présente instance et non compris dans les dépens ;
à titre conditionnel, de juger en équité, au titre de l'article L.761-1 du Code de Justice Administrative, en ne condamnant pas les requérants au paiement des frais compris et non-compris dans les dépens dans le cas où ils succomberaient à l'instance.
Ils soutiennent que :
- les risques d'atteinte à plusieurs libertés fondamentales sont imminents dès lors que l'arrêté en litige entrera en vigueur le mardi 16 juillet à 8h00 ;
- l'arrêté porte une atteinte grave et immédiate à leur liberté d'aller et venir et à leur droit de propriété ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnaît l'interdiction de déléguer les pouvoirs de police administrative à des personnes privées ;
- il viole le droit d'accès des riverains en voiture à la voie publique et à leur domicile ;
- il instaure une interdiction générale et absolue alors qu'il existe des restrictions moins contraignantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée ", sans instruction ni audience publique.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
3. Pour justifier d'une situation d'urgence, les requérants font valoir d'une part que les risques d'atteinte à plusieurs libertés fondamentales sont imminents dès lors que l'arrêté en litige entrera en vigueur le mardi 16 juillet à 8h00 et, d'autre part, l'arrêté porte une atteinte grave et immédiate à leur liberté d'aller et venir et à leur droit de propriété. Cependant, alors que l'arrêté est motivé par la réalisation de travaux consistant au creusement d'une tranchée et à la pose d'une canalisation d'eau potable, la circonstance que l'arrêté soit exécutoire dans un délai de vingt-heures ainsi que les autres circonstances invoquées par les requérants ne sont pas de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence justifiant qu'il soit mis fin à l'atteinte alléguée à leur droit de propriété et à leur liberté d'aller et venir auquel il n'est pas porté, en l'espèce, une atteinte grave et immédiate. Par ailleurs, comme ils le soulignent eux-mêmes, l'accès n'est pas interdit aux piétons. Enfin les travaux ont une durée limitée à 4 jours. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à M. B E et à la commune de Triel-sur-Seine.
Fait à Versailles, le 15 juillet 2024,
Le magistrat désigné,
signé
P. D
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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